Ma plume divague et ne sait pas trop quel sujet égratigner, ou du moins mettre en évidence...
Une mode est en train (vous comprendrez en lisant la suite qu'il s'agit là d'un jeu de mot subtil) de naître, ces derniers jours.
Les chemins de fer français seraient la proie d'actions que les journalistes se sont empressés de qualifier d'actes terroristes ! Le sujet est lancé par les fauves. Tout de suite ils trépignent d'alimenter la peur dans la foule, ça fait vendre du papier et du reportage. Ils diffusent une des pires peur dans sa forme et dans son fond : la violence terroriste.
L'élection suprême américaine s'est terminée. Il faut trouver des sujets pour occuper le populo et le détourner de la crise financière, dans laquelle nous ont mis les flingués du chiffre. Évidemment, il devient inquiétant de prendre son billet en se demandant, si un cinglé notoire aura eu la gentillesse de déposer une plaque de béton, une armoire normande, une cuvette WC entre les deux rails ! Ou aura t-il décidé de s'entraîner au ball-trap sur les installations électriques premiers cris de la SNCF ? !
Il n'y a pas si longtemps, un spécialiste s'était inventé un groupe de justiciers masqués, pourfendeur des radars automatiques. Sa cause était noble : pouvoir rouler comme un nase sans se faire attraper par les méchants képis, et s'affranchir de la sécurité routière et ses bonnes manières ! Ce n'est pas grave pour les pauvres cons de prudents, piétons ou conducteurs, qui finiront en fauteuil roulant ! Il voulait rouler sur les routes de France, comme les drogués du Paris-Dakar. D'ailleurs, cette "charmante" épreuve, fatiguée des crèves la faim africains, traînera lors de sa prochaine édition, ses gros pneus et son logo Total nauséabond, sur les paysages argentins. S'ils pouvaient au moins nous rendre service en roulant sur les bottes de Pagny...
Bref, revenons à nos moutons, avec de tels groupuscules, comme celui des "anti-radars", on peut penser que les doux dingues qui sèment leurs vieux meubles sur les voies ferrées, sont peut-être des révoltés contre les sandwichs sous vide SNCF...
Ou peut-être, et là ils obtiendraient un minimum de soutien moral, l'Elysée recevra bientôt un document officiel de revendications, en double exemplaire, qui menace de continuer, tant que les disques de Carla Bruni seront en vente et sur les ondes.
Des pistes ont même mené certains, à porter leurs soupçons sur les cheminots eux-mêmes ! Une rumeur dont l'origine reste inconnue, mais qui donne du grain à moudre et de l'espoir aux ennemis irréductibles du service public.
Au moment où j'écris ces quelques lignes, la télévision nous apprend que les policiers dans le cadre de cette enquête, ont interpellé une dizaine de personnes. Ces dernières seraient proches des mouvements anarchistes. L'anarchie pense vraiment que de faire dérailler un train va faire trembler les institutions ? ! Continuez dans vos bacs à sable...
Une autre affaire occupe d'un coup l'espace public, les commémorations et un rapport les concernant.
Il y aurait trop de cérémonies du souvenir.
Que la question se pose, pourquoi pas. Les temps s'y prêtent, puisque l'Europe fête la fin de la Première Guerre mondiale.
La Première Guerre mondiale, la "der des ders" comme disaient les utopistes début XXème siècles. Non seulement, la "der des ders" dura quatre longues années et aura une petite soeur, engendrée en partie par un mégalomaniaque teuton, à petite moustache en poils de brosse à chiottes. Mais, la "der des ders" gratifiera l'humanité de son lot de gueules cassées, de victimes, de gaz moutarde, de tranchés puantes, d'orteils nus... Je devine votre moue interrogative ! Les orteils nus sont les malheureux, qui faute de ne plus supporter leur statut de chair à canon, se suicidaient, au moyen de leur fusil. Ces fusils étaient trop longs pour pouvoir à la fois appuyer sur la gâchette et se viser la tête. Alors les soldats se déchaussaient et se servaient de leurs orteils pour activer la détente... Bref, les lots d'horreurs que la guerre apportent sur un plateau d'ignominies, s'augmentent de petites gâteries comme celles-ci...
Bon, fin de la parenthèse, fin du quota culturel de mon modeste écrit. Donc, les commémorations seraient trop nombreuses au goût de certains. Les français s'y perdraient, n'y feraient plus attention, et ne s'investiraient plus autant qu'il le faudrait, du fait de la multiplication des couronnes à fleurs et mines grises.
On nous prend pour des cons, ce qui n'est pas nouveau, mais aussi ouvertement, c'est assez rare pour le souligner. Il y aurait 11 ou 12 dates à retenir, sur un total tenez vous bien, de 365 jours... Pour des idiots, je vous dis, on nous prend pour une flopée d'idiots congénitaux...
La vague de communication dont bénéficie cette histoire, cache mal le gros fil blanc, tissé par les plus hautes autorités pour, encore une fois, amuser la galerie avec de la poudre aux yeux. Quoi de plus facile de chatouiller la fibre patriotique, pour occuper la masse susceptible. Un écran de fumée devant la déconfiture de la politique spectacle, de notre cher et petit maître d'oeuvre, qui angoisse à l'idée de ne pas retrouver son fauteuil. Son éventuelle défaite consisterait à coup sûr, une nouvelle journée commémorative...
En attendant, une course à la commémoration va s'engager ! Une Star'Ac de l'événementiel tristounet, va se jouer sous nos yeux. Messieurs dames, à vos téléphones ! Tapez 1 pour le 8 mai, tapez 2 pour le 11 novembre, tapez 3 pour le 14 juillet ... ! Chaque semaine un éliminé ! La course est lancée dans ce monde qui vit de concurrence et d'eau fraîche. La commémoration à la plus belle affiche, au plus beau CV peut l'emporter : époque, nombre de victimes, victimes soldats, victimes innocentes, moyens mis en oeuvre pour le massacre, figure du méchant diabolique...
Le bal est ouvert.

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