
Le plan de sauvetage européen de quelques 800 milliards d’euros a été salué par les marchés dès le premier jour, avec des plus values dépassant les espérances les plus optimistes pour les valeurs boursières de premier plan. Pour faire court, celles qui s’engraissent sur la bête avec le plus d’avidité. Dès le premier jour ? Ah non, pardon, seulement le premier jour… Les cotations sont reparties à la baisse le temps de rafler une poignée de milliards, histoire de s’assurer un nouveau compte dans un paradis fiscal. Oui, oui ils existent encore, malgré les gros yeux de notre petit PDR. Même sur la pointe des pieds.
La Grèce volée par des dirigeants incapables et des banquiers illusionnistes menaçait d’entraîner tout le monde dans un jeu de dominos. Alors face au spectre de la gamelle générale, au lieu de remettre en question notre course effrénée, pas vers l’argent, mais cette chevauchée aveugle vers le profit sourd, nos élites élues et auto proclamées ont décidé de mettre sous morphine, un mécanisme dont l’orgie financière l’emporte sur toute autre prérogative. La critique de nos sociétés se tourne souvent sur les années 80, dénoncées comme les années du fric, de frime, de fortunes ordurières… Pourtant les années 90 et 2000 n’ont absolument rien à envier. La référence à cette décennie fait figure de caution subliminale, avec le message sous-jacent du fameux « plus jamais ça ». Nos aristocrates du pognon se gaussent, se moquent, vitupèrent cette période comme pour mieux se rassurer, en tout cas nous endormir, nous passer la pommade et nous faire croire en un monde révolu.
La légende dit que la caricature est la pire ennemie de la politique. Ce qui se joue sous nos désirs de vie meilleure outrepasse allégrement, écrase le prétendu caricatural. A peine les sommes colossales, dont se sont félicitées toutes les croupes dressées vers les marchés, les différents gouvernements de la zone euro ont annoncé la bonne nouvelle : rigueur pour tout le monde ! Bon à part l’UMP avec en tête de gondole Frédéric Lefebvre, qui jongle avec le vocabulaire à disposition pour ne pas prononcer le gros mot.
Caricature donc disais-je, puisque à peine la roteuse débouchée et éructée en une chorale appliquée, à peine les magouilleurs, les truqueurs de la finance crasse rassurés (les pauvres, ils sont fragiles) sur leur métier et leurs existences débiles par nos Etats guichetiers, l’addition gigantesque doit trouver sa source. Sans hésiter, les mesures sociales au profit des plus fragiles sont coupées en tranches, stoppées, rangées dans les placards. L’éducation, le volet social, la culture, la formation vont être les premières victimes des économies budgétaires drastiques. Le manège est en route, ne se cache pas. Il s’étale même.
On a sauvé les truands, on stigmatise les va-nu-pieds, ces anomalies. La solidarité oui, mais sélective la solidarité. Tout le monde le clame, suivant les camps le ton change, mais la vérité de la situation reste, c’est écrit noir sur blanc, du Figaro à Libération, de La Croix à Charlie Hebdo, de TF1 à I-Télé, et… et… personne ne bouge. Tout le monde se regarde les pieds en espérant sur son bout de trottoir, que son voisin crèvera plus vite, en souhaitant que le surendettement, le licenciement, la déchéance sociale s’écrasent la tronche sur le visage d’en face. Chacun pour soi. Advienne qui pourra. Plus d’une génération aurait haussé le ton pour moins que ça, attention je ne parle même pas de révolution, juste, ne serait-ce juste un peu ouvrir sa gueule et pas seulement bien rangé derrière la CGT le 1er mai. Plus d'une génération aurait arrêté de fixer les manifestants grecs comme des excités sous le soleil de l’Acropole.
Mais non personne ne bouge et ne bougera, persuadé que sa quête personnelle vaut toutes les données collectives. Collectif le vilain mot. Il fout la gerbe, ça sent le communisme et le renfermé du mausolée de Lénine ça, pouah ! Dégueulasse ! L’individualisme raz la gueule conchie toute rébellion, toute réflexion, toute volonté de justice, attention pas d’égalité, pouah ! Là c’est certain ça donne la gerbe ! Saloperie ! Aux générations futures nous paraîtrons fades, égoïstes, peureux, enfermés la face dans notre beau tas de merde, à se plaindre, mais jamais agir, trop peur, trop coincé par son désir de coin de paradis même sur une immondice d’ordures. Que la planète crève ! Que l’existentialisme économique perdure et nous enfile ! Que ceux qui ne s’accrochent pas, s’asphyxient la bouche ouverte comme un poisson hors de l’eau, qu’ils perdent leurs espérances et leurs souffles mais en silence, dans l’indifférence, oui dans l’indifférence, c’est jouissif ça l’indifférence.
Allez cachons-nous ! Arpentons nos chemins étroits tant que notre gros cul passe devant les ghettos infects. Au fait, qui va gagner Koh-Lanta ? Comment il dit la grande tige déjà ? Ah oui, la sentence est irrévocable. Et qui va gagner La Nouvelle Star ? Et Mickaël Vendetta il va se la taper Paris Hilton ? Camilla Jordana avec ou sans lunettes ? Et la liste des bleus ? Et Miss France dans tout ça ?
La Grèce volée par des dirigeants incapables et des banquiers illusionnistes menaçait d’entraîner tout le monde dans un jeu de dominos. Alors face au spectre de la gamelle générale, au lieu de remettre en question notre course effrénée, pas vers l’argent, mais cette chevauchée aveugle vers le profit sourd, nos élites élues et auto proclamées ont décidé de mettre sous morphine, un mécanisme dont l’orgie financière l’emporte sur toute autre prérogative. La critique de nos sociétés se tourne souvent sur les années 80, dénoncées comme les années du fric, de frime, de fortunes ordurières… Pourtant les années 90 et 2000 n’ont absolument rien à envier. La référence à cette décennie fait figure de caution subliminale, avec le message sous-jacent du fameux « plus jamais ça ». Nos aristocrates du pognon se gaussent, se moquent, vitupèrent cette période comme pour mieux se rassurer, en tout cas nous endormir, nous passer la pommade et nous faire croire en un monde révolu.
La légende dit que la caricature est la pire ennemie de la politique. Ce qui se joue sous nos désirs de vie meilleure outrepasse allégrement, écrase le prétendu caricatural. A peine les sommes colossales, dont se sont félicitées toutes les croupes dressées vers les marchés, les différents gouvernements de la zone euro ont annoncé la bonne nouvelle : rigueur pour tout le monde ! Bon à part l’UMP avec en tête de gondole Frédéric Lefebvre, qui jongle avec le vocabulaire à disposition pour ne pas prononcer le gros mot.
Caricature donc disais-je, puisque à peine la roteuse débouchée et éructée en une chorale appliquée, à peine les magouilleurs, les truqueurs de la finance crasse rassurés (les pauvres, ils sont fragiles) sur leur métier et leurs existences débiles par nos Etats guichetiers, l’addition gigantesque doit trouver sa source. Sans hésiter, les mesures sociales au profit des plus fragiles sont coupées en tranches, stoppées, rangées dans les placards. L’éducation, le volet social, la culture, la formation vont être les premières victimes des économies budgétaires drastiques. Le manège est en route, ne se cache pas. Il s’étale même.
On a sauvé les truands, on stigmatise les va-nu-pieds, ces anomalies. La solidarité oui, mais sélective la solidarité. Tout le monde le clame, suivant les camps le ton change, mais la vérité de la situation reste, c’est écrit noir sur blanc, du Figaro à Libération, de La Croix à Charlie Hebdo, de TF1 à I-Télé, et… et… personne ne bouge. Tout le monde se regarde les pieds en espérant sur son bout de trottoir, que son voisin crèvera plus vite, en souhaitant que le surendettement, le licenciement, la déchéance sociale s’écrasent la tronche sur le visage d’en face. Chacun pour soi. Advienne qui pourra. Plus d’une génération aurait haussé le ton pour moins que ça, attention je ne parle même pas de révolution, juste, ne serait-ce juste un peu ouvrir sa gueule et pas seulement bien rangé derrière la CGT le 1er mai. Plus d'une génération aurait arrêté de fixer les manifestants grecs comme des excités sous le soleil de l’Acropole.
Mais non personne ne bouge et ne bougera, persuadé que sa quête personnelle vaut toutes les données collectives. Collectif le vilain mot. Il fout la gerbe, ça sent le communisme et le renfermé du mausolée de Lénine ça, pouah ! Dégueulasse ! L’individualisme raz la gueule conchie toute rébellion, toute réflexion, toute volonté de justice, attention pas d’égalité, pouah ! Là c’est certain ça donne la gerbe ! Saloperie ! Aux générations futures nous paraîtrons fades, égoïstes, peureux, enfermés la face dans notre beau tas de merde, à se plaindre, mais jamais agir, trop peur, trop coincé par son désir de coin de paradis même sur une immondice d’ordures. Que la planète crève ! Que l’existentialisme économique perdure et nous enfile ! Que ceux qui ne s’accrochent pas, s’asphyxient la bouche ouverte comme un poisson hors de l’eau, qu’ils perdent leurs espérances et leurs souffles mais en silence, dans l’indifférence, oui dans l’indifférence, c’est jouissif ça l’indifférence.
Allez cachons-nous ! Arpentons nos chemins étroits tant que notre gros cul passe devant les ghettos infects. Au fait, qui va gagner Koh-Lanta ? Comment il dit la grande tige déjà ? Ah oui, la sentence est irrévocable. Et qui va gagner La Nouvelle Star ? Et Mickaël Vendetta il va se la taper Paris Hilton ? Camilla Jordana avec ou sans lunettes ? Et la liste des bleus ? Et Miss France dans tout ça ?
