
Dans une première réaction les sadomasochistes ont d’abord cru à la remise en cause d’un geste sacré pour leur confédération de cuir et de latex. Une manifestation monstre des utilisateurs d’ustensiles en vachette véritable se préparait sur fond de claquements de fouets.
Point du tout.
Les joyeux drilles rangeaient leurs jouets à clous.
L’idée d’une telle loi relève de l’enfance.
La fessée ici évoquée n’avait pour objet que celle issue de la punition parentale. L’élue s’est donc entichée de mener un combat acharné contre la réprimande sur le cul…
Noble et fier combat dans une période où cette question il est vrai mérite une préoccupation de premier ordre…
La fessée ferait-elle partie d’un des chapitres de l’identité nationale fierté du sale gosse Besson ? La fessée est-elle une solution à la crise provoquée par les rejetons traders ? Empêcherait-elle la détresse au travail déclenchée par des mioches en mal de pouvoir ?
La célèbre pédiatre siégeant sous le sigle UMP (Union du Mouvement Pédiatre) s’inquiète des répercutions de la calotte sur le royal fessier de l’enfant roi. Elle ergote, vitupère sur les ondes radiophoniques et télévisuelles, elle amplifie avec un malin plaisir, elle invente les douloureux impacts de la fessée comme moyen d’éducation. Elle appuie son argumentation en utilisant des termes bien choisis, des mots inspirant la peur, la meilleure alliée d’une politique apôtre de la paranoïa, afin d’augmenter, de spéculer sur la violence physique de cette acte. Elle y va gaiement et sournoisement : elle balance « correction, raclée, frapper, brutaliser, battre, cogner… ». Elle s’est retenue d’employer « blesser, massacrer, abattre, barbarie, génocide… »
C’est par ces analyses idiotes que l’enfant roi immerge, pulvérise l’autorité parentale et nous déblatère dans les esgourdes quand on prend le train.
Interdire la fessée, punition courante et loin de pouvoir être accusée de génocide intellectuel ou d’avoir fracassé toute une génération, c’est de la part de cette pédiatre en mal d’occupation ou en quête d’un coup de pub, la négation de la société et ses inégalités criantes. Les familles sont loin d’être sur un pied d’égalité face à l’instruction et l’éducation. Toutes les familles n’ont pas les mêmes moyens financiers, pédagogiques, culturels, pour proposer à leur enfant un éternel dialogue et les enfants ne sont pas les mêmes, ne sont pas des êtres idylliques prêts à la conversation avec papa et maman. Et oui parmi les enfants, il en existe des cons, des bornés, des intraitables, des sur qui les mots ricochent, malgré une attention de tous les instants.
Antier justifie son idée de loi par le fait de son expérience professionnelle, c'est-à-dire qu’au contact de ses patients, elle aurait observé que la fessée était nocive au développement psychique de l’enfant. Je cite « plus on lève la main sur un enfant, plus il devient sournois, menteur et agressif ». Grâce à ce fin raisonnement on n’en sait un peu plus sur l’enfance des militants de l’UMP… Bon « sérieusement » admettons que son expérience puisse amener à une telle conception, mais alors celle-ci repose, c’est le moins que l’on puisse dire, sur une idée de la famille parfaite. La majorité des familles, contrairement à ce qu’elle pense, n’a pas un pédiatre attitré, loin de là.
L’élue vit dans une overdose pédiatrique, elle voit dans tous les couples un Ken et une Barbie, attachés à la lecture de Françoise Dolto et fans d’Henri Dès… Elle nous la joue catastrophisme, tragédie de l’enfance battue, mutilée, traumatisée. La fessée est devenue un attentat terroriste, les parents qui s’y adonnent sont des paras, il faut les désigner du doigt, les huer, les coller dans les pattes de la justice, les brandir devant le juge d’instruction … ah non pardon, ce dernier est appelé à disparaitre, trop doué pour mettre sur le devant de la scène des affaires d’Etat…
Non seulement, elle est sous drogue dure, elle snife de la coke au petit pot, non seulement elle exagère jusqu’au mélodrame parodique l’acte de la fessée, mais en plus elle se fout ouvertement et allègrement de nous. En effet, elle braille à la sauvagerie, à l’impétuosité de la tapette au cul.
Elle s’insurge.
Elle s’habille d’un costume de rédemptrice, porte drapeau de l’enfance outragée, mais elle ne montre pas autant de poigne quand son camp politique prône les centres éducatifs fermés, la prison possible des 13 ans, le couvre-feu pour certains mineurs… Elle a mesuré l’impact d’un couvre-feu pour des mineurs ? Elle a mesuré les conséquences pour les mineurs de l’enfermement, la prison, la stigmatisation ? Elle est où la pédiatre ? Elle joue avec ses théories fumeuses entre deux salons pour familles modèles ? Elle râle, gesticule contre la fessée, pratique décrétée ultime exécution de l’agression. Elle donne des leçons d’enfance façon Nadine de Rotschild.
Grand bien lui fasse.
Mais pendant ces discours vides, ces indignations bouche-trous, des adolescents se lancent des caillasses dans les banlieues pour un malheureux résultat de football entre l’Algérie et l’Egypte.
Pendant ces révoltes creuses estampillées Blédina, ces dénonciations inhabitées, des émeutes éclatent à cause d’une quête qui n’a pas eu lieu. En effet, des magouilleurs, des manipulateurs, des requins avaient promis une aumône au centre de Paris pour égayer l’existence blafarde de gueux assez demeurés pour se déplacer vers cette opération marketing, dont le ridicule n’a d’égal que la cruauté.
Le mot de la fin : il y a vraiment des fessées qui se perdent…






