mardi 17 novembre 2009

Une fessée pour Ewidge Antier...


La députée Edwige Antier s’emmerdait sur son siège, les mots croisés et le Sudoku de Télé Z n’arrivaient plus à faire passer les débats sur l’identité nationale. Dérangée dans son sommeil prise soudain d’une envie toute pédiatrique, elle s’est mise en tête d’inscrire dans la loi l’interdiction de la fessée.

Dans une première réaction les sadomasochistes ont d’abord cru à la remise en cause d’un geste sacré pour leur confédération de cuir et de latex. Une manifestation monstre des utilisateurs d’ustensiles en vachette véritable se préparait sur fond de claquements de fouets.

Point du tout.

Les joyeux drilles rangeaient leurs jouets à clous.

L’idée d’une telle loi relève de l’enfance.

La fessée ici évoquée n’avait pour objet que celle issue de la punition parentale. L’élue s’est donc entichée de mener un combat acharné contre la réprimande sur le cul…

Noble et fier combat dans une période où cette question il est vrai mérite une préoccupation de premier ordre…

La fessée ferait-elle partie d’un des chapitres de l’identité nationale fierté du sale gosse Besson ? La fessée est-elle une solution à la crise provoquée par les rejetons traders ? Empêcherait-elle la détresse au travail déclenchée par des mioches en mal de pouvoir ?

La célèbre pédiatre siégeant sous le sigle UMP (Union du Mouvement Pédiatre) s’inquiète des répercutions de la calotte sur le royal fessier de l’enfant roi. Elle ergote, vitupère sur les ondes radiophoniques et télévisuelles, elle amplifie avec un malin plaisir, elle invente les douloureux impacts de la fessée comme moyen d’éducation. Elle appuie son argumentation en utilisant des termes bien choisis, des mots inspirant la peur, la meilleure alliée d’une politique apôtre de la paranoïa, afin d’augmenter, de spéculer sur la violence physique de cette acte. Elle y va gaiement et sournoisement : elle balance « correction, raclée, frapper, brutaliser, battre, cogner… ». Elle s’est retenue d’employer « blesser, massacrer, abattre, barbarie, génocide… »

C’est par ces analyses idiotes que l’enfant roi immerge, pulvérise l’autorité parentale et nous déblatère dans les esgourdes quand on prend le train.

Interdire la fessée, punition courante et loin de pouvoir être accusée de génocide intellectuel ou d’avoir fracassé toute une génération, c’est de la part de cette pédiatre en mal d’occupation ou en quête d’un coup de pub, la négation de la société et ses inégalités criantes. Les familles sont loin d’être sur un pied d’égalité face à l’instruction et l’éducation. Toutes les familles n’ont pas les mêmes moyens financiers, pédagogiques, culturels, pour proposer à leur enfant un éternel dialogue et les enfants ne sont pas les mêmes, ne sont pas des êtres idylliques prêts à la conversation avec papa et maman. Et oui parmi les enfants, il en existe des cons, des bornés, des intraitables, des sur qui les mots ricochent, malgré une attention de tous les instants.

Antier justifie son idée de loi par le fait de son expérience professionnelle, c'est-à-dire qu’au contact de ses patients, elle aurait observé que la fessée était nocive au développement psychique de l’enfant. Je cite « plus on lève la main sur un enfant, plus il devient sournois, menteur et agressif ». Grâce à ce fin raisonnement on n’en sait un peu plus sur l’enfance des militants de l’UMP… Bon « sérieusement » admettons que son expérience puisse amener à une telle conception, mais alors celle-ci repose, c’est le moins que l’on puisse dire, sur une idée de la famille parfaite. La majorité des familles, contrairement à ce qu’elle pense, n’a pas un pédiatre attitré, loin de là.

L’élue vit dans une overdose pédiatrique, elle voit dans tous les couples un Ken et une Barbie, attachés à la lecture de Françoise Dolto et fans d’Henri Dès… Elle nous la joue catastrophisme, tragédie de l’enfance battue, mutilée, traumatisée. La fessée est devenue un attentat terroriste, les parents qui s’y adonnent sont des paras, il faut les désigner du doigt, les huer, les coller dans les pattes de la justice, les brandir devant le juge d’instruction … ah non pardon, ce dernier est appelé à disparaitre, trop doué pour mettre sur le devant de la scène des affaires d’Etat…

Non seulement, elle est sous drogue dure, elle snife de la coke au petit pot, non seulement elle exagère jusqu’au mélodrame parodique l’acte de la fessée, mais en plus elle se fout ouvertement et allègrement de nous. En effet, elle braille à la sauvagerie, à l’impétuosité de la tapette au cul.

Elle s’insurge.

Elle s’habille d’un costume de rédemptrice, porte drapeau de l’enfance outragée, mais elle ne montre pas autant de poigne quand son camp politique prône les centres éducatifs fermés, la prison possible des 13 ans, le couvre-feu pour certains mineurs… Elle a mesuré l’impact d’un couvre-feu pour des mineurs ? Elle a mesuré les conséquences pour les mineurs de l’enfermement, la prison, la stigmatisation ? Elle est où la pédiatre ? Elle joue avec ses théories fumeuses entre deux salons pour familles modèles ? Elle râle, gesticule contre la fessée, pratique décrétée ultime exécution de l’agression. Elle donne des leçons d’enfance façon Nadine de Rotschild.

Grand bien lui fasse.

Mais pendant ces discours vides, ces indignations bouche-trous, des adolescents se lancent des caillasses dans les banlieues pour un malheureux résultat de football entre l’Algérie et l’Egypte.

Pendant ces révoltes creuses estampillées Blédina, ces dénonciations inhabitées, des émeutes éclatent à cause d’une quête qui n’a pas eu lieu. En effet, des magouilleurs, des manipulateurs, des requins avaient promis une aumône au centre de Paris pour égayer l’existence blafarde de gueux assez demeurés pour se déplacer vers cette opération marketing, dont le ridicule n’a d’égal que la cruauté.

Le mot de la fin : il y a vraiment des fessées qui se perdent…

jeudi 12 novembre 2009

Prix Goncourt du con pour "le devoir de réserve"...


Eric Raoult s’est illustré sur le chemin tortueux et glissant de la connerie ou plus exactement sur la route de la lèche éhontée envers son chef de camp.

Ce charmant parlementaire s’est fustigé d’un coup de gueule contre la lauréate du dernier prix Goncourt : Marie N’Diaye. Cette dernière a eu l’irrévérence de critiquer le régime sarkozyste et quelques hautes emblèmes sournoises du gouvernement de votre petit PDR : Hortefeux et Besson. A savoir les deux entités les plus ambigües, les plus antipathiques de nos têtes de gondoles politiques. Donc finalement la romancière s’inscrit dans une mouvance large et connue : l’allergie aux inamicaux. Au contraire d’une menace pour sa fronde, la lauréate mérite et suscite une amitié d’office.

Eric Raoult a demandé expressément, coincé dans sa chemise de vendeur de tapis, la condamnation par le ministère de la culture de Marie N’Diaye pour sa diatribe. Il veut que soit instauré « un droit de réserve » pour les vainqueurs du Goncourt.

Rien que ça.

En résumé « t’as le Goncourt et tu fermes ta gueule ! ». Cette réaction « extrême » en dit long sur l’idée de certains sur la liberté d’expression.

Les hommes et les femmes de lettres auréolés d’une récompense prodigieuse seraient ensuite soumis à un mutisme de bon ton.

Par cette grossièreté, cette vulgarité, cette éructation de bout de comptoir, Eric Raoult ajoute une illustration désolante, misérable, méprisable de sa vision politique. L’agité Raoult s’est déjà fait remarquer dans le passé par des positions dont « le progressisme » ne choquerait pas la chef camionneuse du Front National : il a en octobre 2009 approuvé l’expulsion de Tunisie d’une journaliste du Monde visiblement « trop critique » (tiens donc encore cette fameuse critique) vis-à-vis du pouvoir sans partage de Ben Ali, il s’est mobilisé pour le retour partiel de la peine de mort, il s’oppose fermement à l’homoparentalité…

Un homme étouffé donc de pensées humanistes, un militant de l’évolution sous toutes ses formes…

Eric Raoult se caractérise par cette quête fruste de la réflexion raccourcie vers les dogmes les plus imbéciles. Rien de surprenant au final. D’ailleurs dès l’origine cet énergumène, ce lèche-bottes insupportable donne la nausée. Pour preuve ? Dites vite fait et plusieurs fois d’affilée « Eric Raoult »… ça donne comme une envie de gerber, ça gratte la gorge…

Dans un même temps, Hortefeux, notre ami anti-auvergnat, organise une petite sauterie, « sa » petite sauterie, tout à la gloire de son illustre teint rosé, telle une pomme à peine mûre. Il convie les journalistes à sa fiesta subventionnée par TASER.

Les journalistes accourent, les petits fours ont l’air délicieux, les reporters de TF1 arrivent en tenue de gala, assurés d’une place privilégiée. Les chiffres servis en digestifs seront communiqués et relayés avec envie, avec une joie non feinte, par un Jean-Pierre Pernault chaussé de ses sandales en bouse de vaches du Languedoc.

Lors de cette bringue, Hortefeux célèbre la délinquance dans un étalage de statistiques et de contrôle au faciès. Il se congratule de condamnations, d’emprisonnements, de châtiments. Il se gausse en une commémoration inepte, alors que la société devrait déplorer la délinquance et lutter prioritairement contre ses causes et non plus faire de ses conséquences « le » baromètre de la popularité et l’efficacité politique. Mais les enjeux délicieux et délicats de la politique de communication, de la politique du spectacle en ont fait un motif absurde de surprise-partie.

Parmi le constat des infractions, une inédite fait son apparition au rang des actes habitués et stigmatise cette triste période que nous traversons. Oui je sais, il y a aussi la sortie de la nouvelle soupe en CD d’Amel Bent… vraiment les temps sont durs…

Je disais donc une chose inédite au titre des pratiques frauduleuses occupe le podium : le vol de nourriture est en augmentation continue. Ces actes malheureux sont exécutés par des personnes lambda dont le pouvoir d’achat a fondu aussi rapidement que sont montés vertigineusement les bénéfices actuels des banques prostitués et sans scrupules…

Dans ce cloaque de l’ordre, ce merdier de la répression célébrée comme l’ultime esthétique de l’humanisme, Hortefeux aura peut-être pondu avec ses conseillers à matraques, une loi prévoyant de sanctionner « les déclarations abruties, les demandes idiotes à fort relents anti-démocratiques. » Dans ce cas, Eric Raoult (ne vomissez pas !) doit préparer sa défense sans attendre. Le mur de Berlin est tombé il y a 20 ans, le mur du con lui est toujours aussi solide.

vendredi 6 novembre 2009

Chirac et quelques autres nouvelles...


Le hasard fait bien les choses. Au moment où les affaires concernant Chirac reviennent sur le devant de la scène, ce dernier lance en librairie « ses mémoires ». Des mémoires courtes puisqu’elles tournent autour de 500 pages… Ce qui en dit déjà long sur l’influence politique de Chirac sur le courant de l’Histoire avec un grand H. Pas de révélation tonitruantes, pas de surprises, de confessions sorties des dédales de la vie au sommet du pouvoir, tout juste des secrets de polichinelle : le grand Jacques ne pardonne pas le grand mou Balladur et son quadruple menton ; il déteste Giscard et ne confesse pas avoir couché avec Lady Di ni avec David Douillet ; il avait soupçonné l’ambition de notre petit PDR et ses yeux de faux cul… Bref, aucun scoop n’émerge de cette longue litanie. Par contre, de longs chapitres à la gloire de sa jeunesse, de ses goûts, de ses habitudes, de ce qui le rend humain, son attirance pour la bière, les bonnes blagues de fin de repas, son âge avancé, le tout sur un fond philosophique option « vieillesse source de pensées profondes »… j’en passe et des meilleurs…

Il veut nous attendrir, nous charmer. Vous allez voir qu’il va nous reparler au gré de son marathon médiatique de cette fameuse fracture sociale…

Il surfe sur son image de grand-père à l’air éternellement benêt, il nous cherche au fond des yeux, nous titille la fibre sentimentalo-compassionnelle… Pour qu’à la dernière phrase de sa maigre œuvre bibliographique, une larme vienne nous couler sur la joue, et nous faire admettre que la justice doit laisser ce vieil homme tranquille. Il nous parle de sa maison de retraite, son pot de chambre, ses amitiés perdues, ses peines de cœur et de cul… Les faux électeurs ? Non, ça n’a jamais existé, abracadabrantesque histoire, sortie de ces rivaux politiques jaloux de la chiraquie. Les emplois fictifs de la mairie de Paris ? Fabulation ! Boniment ! Les comptes secrets au Japon ? Vous n’y pensez pas, pas Chirac… Les frais de bouffe démentiels à la cantoche de Paris ? Le financement occulte du RPR ? Et … et … Un revers de main balaye soupçons et interrogations.

Les mémoires de Chirac ont l’allure d’une plaidoirie devant ses jurés, d’un énième témoignage en sa faveur, un ultime appel aux français, une sorte « d’appel du 18 juin » non pour la résistance en Europe, mais pour la liberté d’un requin aux yeux fatigués, pour l’affranchissement d’un impérissable tacticien.

C’est cousu de fil blanc.

Par le plus simple décryptage de cette grossière couture, on devine le jeu de notre Chirac.

Il met sur un piédestal son pire ennemi Mitterrand, lui offre une stature de chef de l’Etat, pour tirer un peu sur la couverture et rendre aimable et sensible l’opposition socialiste. Il critique Balladur et Giscard pour faire marrer le comptoir du bistrot. Il caresse notre petit PDR, pourtant félon de la première heure à son encontre, pour se protéger d’un éventuel acharnement de son ancienne majorité. En prime un message subliminal, pour si possible, par un coup de pouce, étouffer rapidement les casseroles et les ardoises. En contre partie, il laissera son ancien bras droit de Villepin se faire massacrer par la droite carnassière…

Le coût de la présidence française à la tête de l’Europe a provoqué des remous. Elle a explosé les records. Je ne vais pas revenir sur la somme rondelette de l’ensemble. Mais je ne peux pas m’empêcher de vous faire parvenir la note coquette de la douche royale. Notre petit PDR a une haute estime de sa toilette personnelle. Il a fait installer pour je ne sais plus quel rassemblement européen, une douche à près de 250 000 euros… Le petit PDR aurait-il des bourrelets si honteux et si disgracieux que la crasse s’y entasserait avec un malin plaisir et nécessiterait un lavage or et argent ? Les photos retouchées des magazines français exposant la silhouette musclée de notre potentat sont si modifiées ? ! Cette douche ruineuse avait-elle des jets dédiés à masser notre illustre ? Avait-elle un réhausseur intégré ? Proposait-elle du petit DOP au lait de femelle crocodile ? Présentait-elle une double place, afin que notre dispendieux chef puisse chantonner la Marseillaise avec le contrôleur d’identité Besson en une chorale toute nationaliste ? Cette douche devait-elle faire passer l’addition quelque peu salée des 5000 euros de repas par tête ?

Karachi ? La vérité se situe dans les archives classées secret défense. Les terroristes islamistes ne seraient plus les coupables désignés d’office. Il s’agirait d’une sombre et dégueulasse affaire de commission, pour ne pas dire corruption, entre l’Etat français marchand d’armes talentueux et les hauts dignitaires militaires du Pakistan, qui faute d’argent n’ont pu se payer 15 jours aux Antilles… Vu les soupçons qui se portent sur le financement de la campagne présidentielle de Balladur via ces fameuses commissions, dont le porte parole n’était autre que Brutus Sarkozy, on va faire confiance à notre état major pour asphyxier le plus longtemps possible les révélations qui pourraient en découler… En attendant, les familles sont dans le doute et la colère. Et pendant ce temps là, notre petit PDR continue de fredonner au garde à vous, notre hymne national sous l’eau ruisselante de sa toilette quatre étoiles…

La centrale de Flamanville, verrue sur les falaises de la Hague, fait encore parler d’elle et la construction en son enceinte du nouveau réacteur EPR. En effet, les rapports européens et français se succèdent et se ressemblent. Ils mettent en doute la sureté de ce nouveau beau projet estampillé EDF au slogan niais de « changer l’énergie ensemble ». Apparemment EDF serait un peu seul à vouloir changer et contre l’avis de tous… Ce qui est drôle, inquiétant, amer, c’est d’avoir commencé à construire un réacteur avant même d’en déterminer les éventuels dangers… et les alertes sont issues d’instances loin d’être réputées pour être des écologistes révolutionnaires ou des opposants farouches à la gloire de l’atome…

Cette semaine fut encore riche en bonne nouvelles, alors comme dirait le philosophe Didier Super « vaut mieux en rire que de s’en foutre »…

jeudi 29 octobre 2009

Besson ça rime avec quoi déjà...

Dernièrement, le prince Jean a monopolisé par son incandescente provocation les tribunes. Mais un personnage a pris le relais dans un joyeux élan. Il prend et occupe outrageusement le devant de la scène. Il s’expose dans les médias avec le sourire cynique de l’entourloupe toujours réussie. Il se gausse d’être le plus beau traitre de ce début de siècle. Il s’applique avec un malin plaisir. Il hausse le menton de cette fierté perverse du coup de couteau dans le dos. Fort de cette exposition médiatique, il n’hésite plus à déblatérer avec une assurance assassine les plus belles infamies. Il a donc sans sourciller déclaré sans honte que la guerre n’était pas un motif d’asile politique en France.

Plus c’est gros plus ça passe. Il faut tailler dans le vif, les échéances électorales pointent leur nez. Les messages doivent être clairs, limpides.

Les régionales arrivent à grands pas, l’UMP doit draguer et courtiser les voix nauséabondes du Front National et sa blonde camionneuse.

Eric Besson devient le premier promoteur du tourisme de guerre. Finis les safaris dans les paysages du Kenya.

C’est dépassé.

Ringard.

Aux oubliettes.

Eric Besson veut de l’émotion, de la survie, de la sueur, de la peur, du véritable suspens pas comme dans le Koh-Lanta de la grande nouille de Denis Brogniart. Le judas prophétique Eric Besson renvoie les afghans dans leur contrée. Après leur « confortable » voyage avec plateau repas, les afghans sont coincés entre les forces internationales et les Talibans, acculés entre les mitrailleuses des uns et les attentats des autres, écrasés entre la démocratie à tronche de flingue et la barbe maculée de sang des illuminés religieux. Ça a quand même plus de gueule qu’une dizaine de ploucs occidentaux échoués sur une plage à bouffer des gros vers !

Interdiction de chialer sur les malheureux largués dans ce bordel sordide, dans ce cocktail glauque au faciès de mort, l’Afghanistan ne vaut des pleurs que lorsque nos troupes reviennent les pieds devant avec la légion d’honneur…

Eric Besson est fier. Il est invité partout, il se congratule, il se félicité, il s’aime… il est inspiré. Il nous le prouve, le vent en poupe. L’identité nationale s’est mise à gratter le félon.

Alors le renégat Besson lance un grand débat sur l’identité nationale. Un des projets consiste à apprendre et faire chanter la Marseillaise, « notre hymne main sur le cœur », aux enfants de notre « mère patrie ». Fini le catéchisme cul bénit, vive les chorales enfantines à la gloire de notre drapeau, devenu l’emblème de la compagnie charter d’Eric Besson, commandant de bord de la Beauf nation.

L’identité nationale revue et corrigée par un perfide se veut et doit redevenir le chantre et le modèle de nos générations futures. Voici le postulat vers le retour au bonheur de la nation déséquilibrée par « le sang impur » censé abreuver nos sillons ! Besson se veut le chef de file d’un débat autour des valeurs de l’identité française. Enième provocation, énième majeur dressé vers nos âmes abîmées par cet énergumène dont les agissements lui interdisent la moindre leçon de morale, énième main tendue vers les votes au regard borgne.

Par cette idée « lumineuse », par son talent tortueux, par son abnégation hideuse, par sa politique de l’adultère, par son parjure inné, le ministre de l’immigration et du faciès réglementaire est désigné comme favori à la course pour le poste de Premier Ministre ou en tout cas il peut s’enorgueillir d’être le premier de la classe auprès de son maitre… Ce qui en dit long sur les critères de sélection et les références de notre petit PDR. Après les tentatives grossières et infructueuses pour son fils naturellement obscène, notre PDR arrivera peut-être à mettre sur un piédestal son fils adoptif mais pas moins puissant répulsif.

En tout cas notre chant révolutionnaire ne soigne pas la grippe A.

Quand on observe les joyeuses destinées et les résultats de notre cantique patriotique aux mains et cordes vocales des supporters du PSG et de l’OM, on peut s’étouffer de frayeur… Quand on a vu éructer les analphabètes des deux camps se balancer et s’approprier ce joyeux chant, les yeux exorbités de haine, on peut se questionner sur la nécessité de l’enfoncer dans le crâne de nos bambins déjà allègrement pollués.

La grippe du cochon n’a jamais aussi bien porté son nom.

Les porcs avaient revêtu leurs joggings, leurs écharpes et leurs bannières.

Les images de guerre civile en plein centre de Marseille, pour prétexte l’annulation du match de foot OM-PSG, ont pour origine ces rivalités de clocher, ces antagonismes infects, ces identités poussées à leur paroxysme, ces puretés décrétées valeurs communes aux tribus... Cette référence standardisée, ces clans encouragés par une reconnaissance chantée, symbolisée, clamée par des idéaux réduits à des superlatifs identitaires, chers à Eric Besson, aboutissent à ces affrontements entre « supporters », dont la pauvre existence se résume dans ces luttes néanderthaliennes. L’identitaire au sens « Bessonien » du terme, mêlé ou non au virus H1N1, vire et tend vers la très contagieuse connerie de masse, vers la grosse connerie crasse, celle qui nous démange, nous désespère, nous plonge dans la mélasse épaisse de ces batailles de villages recroquevillés derrière leurs tas de fumiers.

Louis Pasteur disait « la science n’a pas de patrie ». L’insanité a elle le visage tuméfié de la roublardise d’un homme, dont la République n’est que l’excuse d’une ambition démesurée, empruntant les chemins débarrassés de tout humanisme. La trajectoire la plus « droite » est la plus courte. Surtout à bout de bras (droit)…

jeudi 22 octobre 2009

Hots d'or...


Les hots d’or se sont tenus à Paris. Cette cérémonie récompense le cinéma porno à la manière d’un festival de Cannes. Tout dans l’imitation, le tapis rouge est présent, les flashs crépitent, les défilés défilent, les récompenses pleuvent : le meilleur scénario, le meilleur acteur, le plus gros budget, la révélation, le meilleur espoir…

Voici quelques résultats :

Hot d’or dans la catégorie révélation : Jean Sarkozy hauteur d’une métamorphose pour ce rôle longtemps travaillé avec papa. Il s’est coupé les cheveux, finie cette touffe impromptue, d’une adolescence rebelle et sexuelle à lire Entrevue en cachette. Il a emprunté des lunettes à Johnny Hallyday, un costard de son géniteur, non je déconne… ça lui faisait un short et une brassière… Il est venu nous parler d’une voix triste, touché dans son âme par l’injustice sociale. Il a voulu nous arracher des larmes. Il voulait qu’on le touche, qu’on le soutienne, qu’on lui prenne la main, qu’on lui baise le privilège obscène… Il s’est fendu d’une interview très arrangée sur France 2…

Il tient son rôle à merveille.

Insupportable tête à claques, innommable insolence d’un dandy désespéré de sa propre indécence, il a chanté ses mérites, gémit son martyr, crié son talent, jouit sa langue de bois, pour partir dans une orgasmique arrogance et a mis en exergue son renoncement, son refus de pénétration de la défense et sa célèbre arche comme deux jambes écartées… quel talent ! Quel art ! Quel phallus ! Vrai faux cul dans une comédie glauque !

Hot d’or dans la catégorie meilleur espoir : David Douillet. Gabarit imposant, ce mastodonte s’est illustré jadis, nu sous un kimono trop serré, en essayant lors d’une saillie de haute lutte de faire trébucher son adversaire. Il a tourné dans une autre série de courts métrages. Dont le scénario bancal exposait sa relation avec une vieille dame à la choucroute étrange, le tout pour dépouiller les pauvres de leurs pièces jaunes… Un libertinage honteux dans une odeur de maison de retraite… Cette production a longtemps connu un succès retentissant, puisque nos amis de TF1 se mêlaient à ce vice, comptant sur ce scénario pour vendre leur purée …

Notre homme s’attaque à une nouvelle trame. Le judoka est maintenant parti se coincer les fesses sur un siège étroit de l’Assemblée nationale. Il a abandonné sa chère tenue de combat, pour un costume plus confortable. Il a quitté les tatamis et leurs ébats violents, où les ceintures desserrées laissaient entrevoir des les premières scènes, des anatomies dantesques et huileuses. Ses prochaines saillies seront moins visibles mais l’excitation est déjà au rendez-vous… La montée des marches a été amputée de clichés, L’Elysée trouvant plus raisonnable de ne pas faire poser notre petit PDR aux côtés de Goliath. Laurel et Hardy réincarnés…

La suite est déjà en préparation. Bientôt dans l’hémicycle : Richard Virenque une seringue dans le bras avec une montre Festina au poignet, Djamel Bourras au PS en cas de conflit manuel avec le judoka d’en face, Jeannie Longo quand on l’aura enfin décrochée de son vélo, viendront bientôt compléter le casting...

Hot d’or dans la catégorie meilleur scénario : le scénario est ici à la fois d’une beauté à pleurer et d’une banalité à tout rompre. Les lieutenants de l’UMP, attifés de leurs costumes élégants, tous en rang, serrés, tous les uns contre les autres, tout contre, les uns derrières les autres, les uns devant les autres… La machine est implacable, impeccable, lustrée, customisée dans les moindres recoins. Ils obéissent tous, leurs langues pendues et dévouées à leur chef suprême. Ils grognent tous dans un même rut, affalés sur leur perversité. Ils bavent et éructent sur les « méchants » médias. Ces médias souilleraient les valeurs familiales de notre petit PDR qui n’a voulu que le bien de son fils, son rejeton, son grand garçon, grande tringle avide de nouvelles expériences, formation de droit défectueuse mais formation de droite acquise à sa cause. Les lieutenants de l’UMP lui ouvrent le chemin de leurs corps dénudés de scrupules, le népotisme en musique de fond de l'accouplement vicieux des valeurs républicaines maculées d’une envie qui était toute paternelle…

Hot d’or dans la catégorie du meilleur acteur : Mitterrand a emmené son chibre au confessionnal de Drucker. Comment une Emmanuelle jadis icône d’un cinéma érotico pornographique, assise dans un fauteuil en osier, regard d’une conquérante sur une époque coincée, auréolée d’une morale hypocrite, comment donc, cette Emmanuelle s’est transformée en un Frédéric, venant expier son tourisme douteux, sous le strass et les lumières suintantes d’un divan rouge ? Une œuvre remarquable… Luxure nacrée sur un plateau sucré, lisse perversion, échanges tendancieux, pardon intellectuel pour libido bestiale… le public est conquis, il soupire profondément…

Hot d’or du meilleur remake : les cours boursiers des grandes places financières, après un bref repos, sont repartis d’un nouvel élan gaillard, excités par une invraisemblable stimulation des pouvoirs publics. Ces derniers ont rallumé la flamme, en laissant la bête reprendre des forces. Epris d’un masochisme cradingue, les fesses et les joues rougies d’une soumission désirée, encouragée, attisée, ils ont baissé dans un Kama sutra improbable : leurs yeux honteux, leurs pouces sur leurs concitoyens à crédits, leurs pantalons face à la partouze du flouze…

Hot d’or du titre de film le plus idiot de la semaine : Saw VI…

Je ne sais pas vous mais moi avec toutes ces histoires, j’ai de plus en plus mal au cul…

mercredi 14 octobre 2009

« Jeune étudiant pas très doué cherche un job d’appoint pour finir études de droit… »


J’aurai bien essayé le Mc Do, mais je n’aime pas l’uniforme. En plus, le clown me fait peur, il me rappelle Xavier Bertrand quand il se déguisait pour mes fêtes d’anniversaire. J’aurai bien essayé d’être serveur dans un bar, mais décidemment je n’aime pas servir. Rien que d’imaginer tout ces gueux à me sourire et me prendre en pitié avec leurs pourboires dérisoires... J’ai tenté un casting pour l’Oréal, maison bienfaitrice pour mes cheveux bouclés ors. Refusé. Le photographe avouait ne pas pouvoir supporter ma tête à claques. Je n'ai pas compris.

Je ne me décourageais pas, je suis quand même en deuxième année de droit ! Sans blague !

Je postulais secrètement à la tête de France Telecom. Refusé. On me répondait « on ne veut pas aggraver les suicides ! ». Je n’ai pas compris.

Ce n’était pas ma première déception.

En effet, j’avais postulé au ministère de l’économie des finances. Recalé. Alors que les équations à deux inconnues, putain j’y arrive presque... Je n'ai pas compris.

Je m’étais présenté au poste d’entraineur du PSG. Echec. On m’a dit qu’un sport collectif ne correspondait pas à mon ambition. Je n’ai pas compris.

Je m’étais proposé à la tête de France Télévision. On m’a juste répondu que la télé réalité et ses demeurés c’était chez Bouygues… Je n’ai pas compris.

Je m’étais proposé comme musicien pour ma belle mère Carla. Elle s’est baissée et a dévisagé mon vieux. Il m’a répondu à l’écart « ta nouvelle « môman» chante déjà de la soupe, va pas lui pourrir les légumes ! ». Je n’ai pas compris.

J’avais suggéré ma candidature aux élections européennes. Mon père m’a répondu que Strasbourg c’était trop loin, qu’il ne comptait pas aller me chercher tard le soir quand je pleurnicherai au téléphone… Et ce même si j’emmenais ma Playstation. Je n’ai pas insisté. Il faisait les gros yeux.

Je poursuivais mon chemin de croix, je divaguais dans les allées dorées du canton de Neuilly où je fus élu conseiller général des Hauts- de-Seine, en singeant les tics nerveux de mon créateur auprès des rombières endimanchées et la jeunesse HEC.

Pour éviter l’ennui je rendais visite à mon parrain Brice Hortefeux. Je lui racontais une blague sur les auvergnats, il n’a pas aimé. Il m’a congédié. Je n’ai pas compris.

Je passais au bureau de mon père. Il était occupé. Eric Besson, le majeur dressé dans ma direction, était sur ses genoux. Frédéric Mitterrand était assis au fond de la pièce, il regardait un film de Polanski, en se lamentant sur « sa mauvaise vie ». Je n’ai pas compris non plus…

Bref, je m’ennuyais ferme.

Et à l’horizon aucun job étudiant…

Je commençais à taper des pieds.

Mon père n’aime pas me voir triste. Sinon je fais des conneries. La dernière fois j’ai pris mon scooter… j'ai morflé : privé de "Frères Scott" pendant deux semaines !

Il m’a pris dans ses bras, sa tête dans mon nombril.

Il m’a donné son téléphone. Des gens sont venus me dire des petits mots gentils. Devedjian « aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années ». Balkany « mon petit Jean tu as plus de talent que ton père au même âge ». Ensuite papa m’a fait une surprise, il m’a dit « je te place pour prendre la tête de l'organisme en charge de l’aménagement de La Défense, le plus grand et riche quartier d’affaires de France, l’EPAD ! » Je n’ai pas compris. Mais quand il m’a annoncé le salaire…
Il a ajouté « je vais être accusé de népotisme, mais qu’ils aillent se faire voir ». Népotisme ? ! Là, je n’ai vraiment rien compris.

Il a grimpé sur une chaise m’a tapé dans le dos, content de me voir me calmer, mais quand même encore un peu chagriné, alors il m’a dit « écoute mon intervention sur la réforme des lycées, on va se foutre de la gueule de tout le monde, tu vas rire ! »

L’extrait de l’intervention en question :
« Désormais ce qui compte en France pour réussir, ce n’est plus d’être bien né, c’est d’avoir travaillé dur et d’avoir fait la preuve par ses études de sa valeur. »

Je n’ai pas compris…

mercredi 7 octobre 2009

"t'as gagné au loto ? Non j'ai été au lycée...."


Je ne sais pas qui a eu l’idée lumineuse d’instaurer une cagnotte pour lutter contre l’absentéisme… Une carotte destinée à inciter les élèves à ne pas sécher les cours va être l’objet d’une expérimentation dans l’académie de Créteil décrétée laboratoire.

Pour résumer, plus la classe est au complet, plus la récompense augmente. De 2000 à 10 000 euros pour financer un projet éducatif. En gros, plus la classe sera assidue plus le car pour la sortie scolaire annuelle sera confortable.

L’argent serait donc la solution à tout…

Tout ce chemin vers la monnaie unique pour en arriver à soudoyer, à corrompre le jeune en pleine crise d’adolescence et d’acné. On nous rabâche à longueur de journée, depuis que la crise financière nous a fait les fonds de poches, que l’argent ne doit plus être le nerf de la guerre, que la course au profit n’est qu’une vilénie… et on transforme nos lycéens en jetons de présence rémunérée…

Dans les cours d’école, les discussions sur les dernières soirées, les dernières sorties musicales, les derniers bouquins lus, laisseront place libre à la spéculation la plus grossière. Les classes se livreront une compétition âpre vers la course à la dodue enveloppe.

La spéculation, ô le vilain mot, s’offre un nouvel espace de jeu et remplace les amourettes de lycée.

Dans quelques années, cette dérive en entrainera d’autres, la récompense collective sera remplacée par une rétribution individuelle. Le compte en banque figurera au bas du relevé de notes avec l’appréciation des conseillers du Crédit Lyonnais.

Et comme le monde est bien fait, les classes les mieux loties seront davantage mieux loties. Et oui les classes déjà les mieux classées, les plus « performantes », les plus complètes vont engranger le maximum de bons points, de belles images, et vont surclasser encore un peu plus les classes dont les présents faisaient précédemment défaut… un cycle sans fin.

L’injustice étant un élément vivace dans le parcours scolaire, cet écart toujours creusé ne fera que dégoûter un peu plus l’élève du fond de la classe, qui préférera alors jouer au foot dans le city stade du bas de son immeuble subventionné par Nike et ses enfants chinois au travail.

L’école n’est pas une question de présence. Vision simpliste. La présence peut éventuellement s’arroser d’un salaire véreux et vicié, mais pour ce qui est de la motivation à apprendre… c’est une autre histoire. Mesure de bas étage par laquelle on promet Eurodisney et sa souris niaise au moindre couillon pubère capable de poser son fessier sur une chaise, et d’attendre que le prof de maths déblatère sa science sur Pythagore… La motivation elle ne s’oblige pas, ne se commande pas. Il va falloir faire mieux que le taux du livret d’épargne…

Le lycée ne sera bientôt plus la seule cible des financiers et financeurs pris dans leur frénétique envie de tout évaluer. La présence à l’école maternelle se mesurera en quantité de couches, l’école primaire en trousses Bob l’éponge, le collège en bons d’achats Biactol… Vous trouvez ça ridicule ? Moi pas. Un chef d’établissement de Marseille a bien proposé pour lutter contre l’absentéisme des billets pour les matchs de l’OM…

« L’argent fait le bonheur » devient la devise d’une école républicaine proche du management à la prime. Le flouze est présenté comme la panacée, la solution miracle : le pognon opium du délinquant scolaire.

Le blé balaye d’un revers de portefeuille le travail social pour lutter contre l’absentéisme scolaire. Une fois de plus on tente, au-delà des élèves en mal d’enseignement, d’acheter l’opinion. Faire croire à cette dernière, que la course à la monnaie sonnante et trébuchante va faire oublier au gamin négligent que son père est rentré ivre hier soir et a battu sa mère au chômage. Ce n’est pas une aumône grossière qui fera oublier son mal être, quel qu’il soit, au gosse au cartable trop lourd de soucis…