mercredi 25 février 2009

La rubrique du con,


Notre premier lauréat : Jacques Séguela.
Sa peau matinée d'UV à hautes doses, ses liftings disgracieux, son sourire de démarcheur, ses conseils grossiers, son opportunisme exacerbé, nous reviennent comme une sale habitude. Depuis sa campagne de publicité pour le royaume "Mitterrandien", sa trogne s'invite dans les médias, comme la grippe chaque hiver. Ce marchand de breloques, ce vendeur de "belles images", a initié le courant de requins, les communiquants, qui ont transformé l'action politique en marketing de masse, pour nombrilistes de premier ordre, qui ont remplacé le discours politique par des réclames fourre tout. Malgré ce méfait, ce triste sire bénéficie d'une aura médiatique mystérieuse. Les plateaux de télévision, les studios radios s'ouvrent à lui, à coups de tapis rouges clinquants, au même titre que le plus grand des visionnaires.

Séguela revêt une multitude de casquettes, pourvu qu'elles lui autorisent l'accès aux hauts parleurs : économiste expert, sociologue émérite, dressé au rang d'artiste de la communication addictive... Des jolies guirlandes, de beaux décors pour tenter de faire oublier son réel statut. Celui d'un manipulateur s'ajoutant à une longue liste. Il n'est qu'un croque-mort des plus grands idéaux.

Son boulot originel ne se contente que de surfer sur les instincts, les envies les plus primaires, au service du tout consommable.
Il a mis la prostituée consommation sur le bord du trottoir.
Son seul "talent" : il vend de la lessive aussi bien qu'un personnage politique.
Il participe, alimente, construit le temps de cerveau disponible pour Coca Cola et consorts.
Le parcours de ce charlatan mesquin l'a amené à la pensée de ce début de XXIème siècle : "L'homme qui n'a pas de Rolex à 50 ans, n'a pas réussi sa vie..."

La déchéance réflexive s'est faite phrase.

Séguela a signé sa plus belle envolée, son plus beau slogan. Il a fait une formidable promotion au plus crasseux des mépris. Séguela, comme tout publiciste convaincu, méprise le monde, l'habille de métaphores stériles, d'adjectifs obscènes, de stéréotypes hideux. Il a laissé parler sa créativité de caniveau, ses convictions les plus intimes, il a bavé son insanité sans hésitation. Il conspue le peuple et il a laissé éclater au grand jour son dégoût pour celui-ci.

Il n'a aucune raison de lui adresser la plus petite des compassions. Il n'attend de lui qu'une seule chose : qu'il se conduise en mouton, en mouton dompté, gavé de ses recettes mercantiles. Il lui a craché à la gueule comme à son habitude, sauf qu'aucune publicité n'était là, pour cacher son véritable visage.

La plèbe n'est bonne que lorsqu'elle est cible, produit, ou les deux.

Le pire, malgré cette insulte de plus, c'est que Séguela et ses funèbres sosies, continueront à nous dicter l'heure. Peu importe la valeur de la montre.

mercredi 18 février 2009

Neuneu, Bobonne et St Valentin sont dans un bateau, Neuneu et Bobonne tombent à l'eau...


Décidément nous sommes devenus des bêtes de consommation, des clients ravagés à la moindre cause, au plus petit des prétextes. Seulement à peine extirpés des guirlandes de Noël, les soldes scandées et annoncées à grands fracas, à coups d'écriteaux publicitaires hideux, on nous a ravagé la case à penser, avec la lourdingue fête des amoureux.
Une fois de plus une formidable machine s'est mise en route, le gavage est sans répit.
La St Valentin s'est glissée du matin jusqu'au soir, du lever au coucher, jour et nuit, de manière subliminale ou à force de gifles. Elle est venue insidieuse nous pomper l'esprit critique. Le monde n'est pas une marchandise, clament les utopistes alter mondialistes. Jolie phrase, aussi con-con que n'importe quelle réclame dégoulinante.
Si ! Le monde est une marchandise ! Et on pose bien en rang, nos gros fessiers dessus ! On se vautre dans le marketing de masse, nos yeux exorbités par l'obligation bon ton, nos gestes, nos achats guidés par la puissance manipulatrice des Beigbeder et autres Séguela, aux sourires de margoulins.
L'amour.
Les rapaces s'en sont emparés pour nous le servir, selon leurs désirs, leurs cadeaux, leurs stocks invendus, leurs façons de faire. Tout est pensé, calculé, recyclé, clamé, rabâché, par les annonceurs épris de formules assassines, de slogans niais, mais terriblement efficaces.
Nos sentiments les plus intimes ont un coût, ils ont la tronche d'un bouquet de fleurs Interflora, la brillance d'un bijou made in Thaïlande, le goût de vieux d'un relais château... Nos sentiments se muent en une addition de restaurant...
Les restaurants le soir de la St Valentin...
Spectacle magnifique ! Si vous voulez toucher du doigt, apercevoir, voir la triste représentation d'un monde sombrement moutonnier, réservez une table le soir de la St Valentin ! Asseyez vous et scrutez les alentours : une secte !
Des couples à perte de vue, jouent la comédie soirée romantique décidée par les VRP de l'émotion. Ils sont tous là, les yeux fatigués, le cortex englué sous l'avalanche, écrasés sous le rouleau compresseur St Valentin... Tous là, lobotomisés par la virulence faite marketing ! Les agences de publicité, la publicité crasse immonde, bêtise déblatérée par les hauts parleurs du tout consommable, les agences et leurs chefs donc, se frottent les mains.
Les oiseaux sont en cage.
Ils ont même pris un dessert.
Comment peut-on échapper à ce manège étourdissant, du raz la gueule à grosses louches ? Les quinze jours avant le "fameux 14 février", les offres estampillées fête du cul ont envahi les vitrines, les murs, les médias, les esprits, nos pauvres esprits.
Conforama and co ont proposé des machines à laver au prix spécial St Valentin, des marchands de bagnoles ont fait des promotions spéciales St Valentin, des boucheries-charcuteries ont proposé et garni leur devanture, de morceaux de viande en forme de coeur... Horreur, mépris, cynisme, plus c'est gros, plus ça marche. Tiens en parlant de viande, on est bien tous des veaux.
Pardon les veaux...

vendredi 6 février 2009

Petites nouvelles du monde,

Intervention présidentielle

Notre président sans P majuscule, comme pour "petit", s'est exprimé sur les trois principales chaînes hertziennes, dans son beau château surprotégé. Il était entouré de ces joyeux pantins, à la langue pas du tout pendue.
Ils étaient sages comme des images, comme il les aime, comme il les tolère.
Guy Lagache. Déjà avec un nom comme celui là, j'aurais évité de me montrer. Lui, c'est le représentant d'M6, la première chaîne à avoir osé la télé-réalité, pionnière, donc, dans le ramassage à ordures. Il a le look d'un vendeur de bagnoles. Sa mèche de VRP, "made in Jean Claude Convenant" de Caméra-café, reste figée comme engluée dans du sucre glace. Il présente à ses heures perdues, l'émission "Capital", dont le nom indique, la portée du message véhiculée par les reportages qui s'y trouvent... Une publicité pour le monde de l'entreprise et du pognon à la louche, une ode à la culture du fric, à la loi du plus fort, à la concurrence absolue...
Il y avait l'autre, avec son nom de voiture de course pour milliardaires qui se la jouent Magnum : Laurence Ferrari. Elle fut, comment dire, aussi coincée que son sourire ultra blancheur, une belle potiche, une de plus, dont la télé ne sait plus quoi foutre... lisse jusqu'aux bouts de ses ongles manucurés.
David Pujadas. Le fameux présentateur de l'émission d'investigation "les infiltrés", n'a pas infiltré grand chose. Tellement heureux d'avoir vu son grand rival PPDA, aussi fade que lui, prendre la porte, qu'il se complaît à mener les débats, dans le rôle de chef des cireurs de pompes hors de prix...
Alain Duhamel. Il était là aussi, ce grand nigaud, ses yeux exorbités par la fausse impertinence et pertinence, qu'il essaye de nous faire avaler, en jouant l'éternel énervé... Il fait partie des meubles, on ne le distingue même plus du reste. Tel un caméléon, il prend la teinte des murs dorés du palais élyséen recroquevillé.
On aurait voulu de l'inédit. Des sifflets dans le public présent pour tester les nerfs du roi capricieux, assis sur son réhausseur, auraient été drôles et défoulant... Un jet de godasse ! Voilà l'idée géniale ! Geste devenu universel, ce lancé a remplacé le point levé des révolutionnaires ! Quel plaisir de voir Duhamel et sa gouaille affamé de révérences, se déchausser, et expédier son chausson Vuitton en pleine face, de notre petit PDR. Il serait devenu un héros, on l'aurait aidé à se réfugier en Suisse, mais il a préféré rester dans le confort de sa suite élyséenne.
Il aurait fallu le titiller le mec aux tics nerveux, notre très capricieux PDR, pour voir son visage perler de sueur, de rancoeur, de stress, le sentir bouillir sur son trône. On aurait du effectuer un lâché de Préfets devant ses yeux, en tapant sur des casseroles, en sifflant de tout nos poumons, en exprimant notre ras le bol, en braillant des "casse toi pauv'con", en une chorale généreuse...


La neige

La neige est tombée d'une bonne dizaine de centimètres, sur la partie ouest de notre pays. Elle fut le révélateur psychologique, d'un monde de plus en plus fermé, de plus en plus à cran, ne supportant pas d'être freiné dans sa quête du vide.
Vous comme moi, avez vous entendu ces tristes mines pleurer comme des midinettes, à la vue de ce fantastique manteau blanc ? Les râleurs, les terre à terre forcenés, nous ont vite encerclés, nous ont vite gâché le plaisir, nous ont bassiné les esgourdes, à coups de plaintes redondantes, assommantes, assortiments de reproches en tout genre...
Ils ne pouvaient plus rouler comme avant.
Ils ne pouvaient plus se précipiter vers leurs boulots, qui ne leur rapportent que le statut, pour la plupart, de ce que l'on nomme, de "nouveaux pauvres"...
Et ils crachaient sur les services de dégagement des routes, que ce n'était pas assez rapide, c'était insuffisant, ils criaient aux fainéants insolubles, au scandale parmi les scandales... Je n'ai entendu aucune personne parmi les interrogées par les nombreux médias, avides de tels sujets diviseurs, je n'ai pas entendu une seule personne autour de moi se réjouir de la tombée des flocons.
Le monde est devenu inexorablement con et calculateur.
Tout le monde a déploré, a maudit l'intempérie douce. Oui douce ! Dans cette immensité qu'est l'univers, il pourrait nous tomber dessus des pluies brûlantes, des averses d'acides, des choses encore plus terribles... et bien non, il nous tombe ces flocons silencieux, rieurs, frais, inoffensifs... Je reviens donc, sur ces beuglements assourdissants de connerie. Nous sommes tous donc devenus des grincheux bavant sur le rebord des routes, dans nos caisses quatre roues ?
Au lieu de gémir sur la neige et le fait qu'elle nous ralentisse sur les quatre voies, personne n'ose plutôt remettre en doute nos vies de cons, nos modes de vie de cons, cette course vers le dieu travail, pour lequel on se lève tôt, on dort mal, on survit devant le banquet des élites. Sur lequel notre existence se calque, se définit, se ferme... à quel âge devenons nous si laids ... à quel âge l'enfance nous quitte t-elle vraiment ?
On veut décidément tout contrôler ? La neige, elle est juste belle, quand on a autour du cou, le forfait ski, vendu par les margoulins du tourisme de masse, qui font de certaines régions montagneuses, des usines à détente obligatoire, des paysages hideux, défigurés, pour combinaisons tendances ? Nous sommes devenus si commerçants, si boutiquiers, si marchands, si spéculateurs, si spoliateurs, si indifférents ? Le nain précédemment cité, peut rêver à un second mandat sans peine...


La télé encore elle

Ce paragraphe sera rapide. Juste le temps, d'un coup de gueule. C'est un de ses produits dérivés qui lui vaut cet encart : un de ses nombreux magasines écrits annonceurs de ses programmes, titrait en gros : "Jade de Koh-Lanta, le courage d'une femme"...
C'est le genre de titre qui a le don de me mettre en rogne... Le genre de titre à la grandiloquence déplacée, à l'allure, à l'annonce inappropriée... Jade, elle a la dalle sur une berge d'Amazonie, elle a maigri, elle vit dans le dénuement, elle ne bouffe que des bouts de bois et des insectes, elle doit écraser les autres, les éliminer, les battre... Tout ceci de plein gré et pour gagner de l'argent, beaucoup d'argent... c'est ça le courage devant lequel on doit abaisser les yeux, une larme sur la joue...?
Moi, je connais une femme, Jeanine, ce qui sonne déjà moins l'aventure exotique, elle est SDF, vit dans le froid, sous la pluie, bouffe quand elle peut, fouille les poubelles, commence à parler toute seule, mais aucune caméra, aucun article, aucune photo, aucune parole, ne vient à sa rencontre. Tout le monde s'en fout, et classe sa dégaine mal lavée, dans les méandres de ses habitudes.