mardi 26 mai 2009

Vos guerres sont nos emplois,


Les médias se réjouissent, nous annoncent la nouvelle avec le sourire vainqueur, porte-parole bien dressé, d'un des plus grands marchands d'armes du monde, le pays des droits de l'Homme : la France.

En effet, quelques fois, les manoeuvres douteuses d'achat-vente des machines à tuerie, à grande échelle s'il vous plaît, ont le droit à une publicité généreuse, dans le verbe et l'arrogance. En toile de fond, un patriotisme de paroisse... La télévision jamais rassasiée de glorifier les hommes, (les vrais !), en uniforme, offre sa force d'intrusion et de persuasion, pour mettre sur un piédestal, les dernières innovations de l'armée française.

Dans ce cas précis, l'armée de l'air et ses gros n'avions, les modèles "Rafale", (rien que le nom...), qui vont être achetés par les Émirats Arabes Unis, grande démocratie de ce monde, où les femmes ressemblent à des boites aux lettres... Et on nous proclame ce triste événement avec cette expression d'ahuri congénital, le refrain d' "Y a de la joie" de Trenet en musique d'accompagnement du reportage...

La France vend des armes en fanfare, confettis et cotillons, elle soigne les apparences ! Elle caresse dans le sens du poil ses ingénieurs de la mort ! Elle donne une fête en leur honneur chaque année : le 14 Juillet. La célébration du peuple et son émancipation est devenue une partouze guerrière, pour un public venu en famille, les ploucs en guinguette, appareils et caméras numériques pour figer la puissance sublime de destruction, imaginer les futurs corps décharnés, arrachés, démembrés fait bander le populo ! Il se complait à admirer le défilé des majorettes snipers !

La France et ses hauts représentants ont conclu l'affaire en sirotant le thé et en trinquant aux futures victimes de leurs jouets débiles. Le pétrole et les contrats juteux ont aidé à la digestion des petits gâteaux secs.

D'un côté, nos politiques pleurent à grosses larmes de crocodile, tapent des pieds, devant la méchante Corée du Nord et ses envies de bombe H, parce que s'armer c'est pas joli, hein, faut pas, la guerre ça tue... De l'autre, au détours d'une sauterie de l'ambassadeur, on se congratule, on s'embrasse chaleureusement de voir nos appareils volants, faire des zigzags comme les pros de la patrouille à grosses couilles de France, dans le ciel exotique du Golfe Persique.

Notre diplomatie "touristique", nous honore de cette belle carte postale : Top Gun en béret sur un horizon ciel bleu pétrole...

lundi 18 mai 2009

Les élections quoi ?


L’autre jour, en lisant un journal, dont je tais le nom pour ne pas me compromettre dans une publicité gratuite, je m’apercevais ou plus exactement je prenais conscience de l’existence prochaine d’élections dites « européennes ». Et oui, la course aux urnes, sous l’égide du drapeau bleu étoilé, aurait lieu prochainement. Je sortais donc d’une léthargie, somme toute inquiétante.

Pas pour moi, l’inquiétude.

Mais pour la démocratie, européenne de surcroît.

Pourtant un fervent citoyen, attaché au droit de vote autant qu’il est possible, je ne pouvais que conclure à mon désintéressement, pour cette nouvelle échéance des sièges à prendre.
En première réaction : de la peine. La peine de ne pas avoir cette vigilance, cette envie, ce devoir chevillé au corps, mobilisés pour cette campagne.
En deuxième réaction : de la peine encore. La peine de me voir insensible à aucun des discours. Si insensible, que l’indifférence l’emporte sur le moindre degré de militantisme, ou du moins, un semblant de choix de camp.

« Militantisme ».

Le vilain mot. Le très vilain mot. En tout cas pour ma pomme.

J’ai toujours été incapable de militer pour quelque chose au sens propre. Même au milieu de défilés charmants et chantants leurs slogans, leurs idéologies, leurs mécontentements, leurs rages… Je me suis toujours défendu d’afficher le moindre sigle. Arborer la croix ensanglantée du christ accrochée comme un calendrier au mur, ou afficher l’autocollant de la CGT sur fond rouge guillotine, a pour moi le même son emmerdant de la soumission à une idéologie. L’appartenance à un groupe a ce gros défaut insupportable : l’appartenance pieds et mains liées, un côté scouts toujours désagréable… Mon désir de liberté, mon indépendance physique et intellectuelle ne peuvent se mêler, s’accommoder à la nécessaire ligne droite et rectiligne de toute pensée, vécue comme une ascèse, figée dans ses convictions, coincée dans ses règlements casaniers, ses doctrines, peu importe leurs vocabulaires, leurs références. L’orthodoxie me rend allergique et férocement défensif.

Ne vous m’éprenez pas, ne bondissez pas ! Aucune suffisance de ma part, envers ceux dont les vies sont accrochées, vouées au souci constant de militer avec un grand M ! De crier leurs engagements ! De plastronner leurs convictions ! D’annoncer sans craintes, sans timidité, sans gênes, leurs idées ! Quel courage ! Je vous admire en fait. Moi j’en suis bien incapable. Trop rongé par mon inébranlable fuite de l’abonnement.

Car il faut oser claironner son appartenance sans faille, être capable d’encaisser le camp d’en face et ses coups bas, ou même pire de subir les critiques d’un camp proche… à l’image de notre gauche politique à chialer de découragement.
Elle gémit la gauche, nos gauches plus exactement, elles se lamentent chacune leur tour, les connasses, à jurer aux médias, au populo, à la plèbe, que la « vraie » gauche c’est elle et pas l’autre, la traître dont la rose est fanée ; et non plus sa copine au marteau et à la faucille rouillés par les goulags ; et non plus la gauche révolutionnaire violente et dents dehors ; et non plus la gauche au relents écologiques qui veut s’éclairer à la lampe torche et se chauffer à la bougie… et j’en passe… Bref un merdier, un cloaque de boutiquiers, de VRP des valeurs plus « pures » les unes que les autres, des publicitaires, je vous dis, des marchands de tapis, qui se chicanent … J’ai toujours eu une grande méfiance vis-à-vis des gens vociférant la « pureté » de leurs discours…

La gauche me déçoit ? Oh s’il n’y avait que moi…

Je constate que j’aligne les phrases, mais je me demande si je n’ai pas perdu le fil de mon histoire, avec leurs conneries… bref continuons !

Mon absence de fibre militante ne m’empêchera jamais de gonfler les rangs d’une cause, d’un combat, déambuler pour attaquer je ne sais quelle décision tordue. D’ailleurs, un aparté. Oui encore un. En parlant de manifs, je me souviens de mes premières armes, lycéen de mon état, en rangs serrés contre le CIP, contrat de travail grossier pondu par un Premier ministre à goitre. Mes premiers pas dans la contestation officielle ! Un élan juvénile, une fraîcheur de battant, l’âme d’un résistant ! En route pour le progrès ! L’évolution ! Le grand chambardement ! Poings levés ! Heureux de parader en chœur ! En chœur, oui en chœur, cette chorale m’a vite fait redescendre sur terre… à cause ou grâce à elle, je ne serais jamais militant avec un grand M ! Auréolé de mes premiers pas cadencés, je trouvais naïvement, très naïvement, tel un nouveau né au pays des baroudeurs de la banderole, je trouvais donc, nos chants d’opposition, nos chants de révoltes, joyeux, insouciants, drôles, novateurs, émerveillements, 1789 aux rythmes gais, danses insoupçonnées de la masse laborieuse, vers une société qui ne se ferait plus sans nous !

Beau tableau.

Mais j’ai vite ravalé ma poésie.

Car quelques mobilisations et quelques années plus tard, ces mêmes chants rencontraient ma répulsion, comme une lourde déception amoureuse. Ces chants avaient été les chants d’autres plus anciens, bien plus anciens, anciens parmi les anciens, ils n’étaient que dépoussiérés (mal), à chaque sortie avec « Bobone contestation ». Ces salauds de braillements n’avaient rien d’originaux, rien d’improvisés, rien de spontanés… Vieilles breloques sorties du placard, vieilles putes sur le marché des rengaines, des ritournelles tristes, redondantes, répétées, alignées, ancestrales recettes à toiles d’araignées, répertoire-grimoire à pleurer ! Le tout orchestré dans une habitude assassine des plus beaux idéaux. Voilà l’état de ces fameuses complaintes paillardes. Elles ont le visage ridé et les cordes vocales en vrac. Du contrôle social en « la » majeur. Elles ne sont que folklores et traditions insupportables. Les mêmes qu’on retrouve dans tous ces banquets, ces repas de famille, qu’on déblatère fièrement pour faire passer la gnôle et le gigot de maman, partitions familiales à s’écraser de détresse la gueule contre les murs.

Et je vous épargnerai cette sale routine, ce « tue-rébellion », des débuts de manifs, où le syndicat truc passe avant le syndicat machin, dont le temps de parole a été… comme si la lutte avait les moyens de se la jouer coquette. Toujours cette mesure des forces en présence…

Je vous parlais de quoi déjà ?

Des élections européennes…

Pardonnez-moi. La prochaine fois. Promis. Enfin peut-être.

jeudi 14 mai 2009

Parallèle,


Le pape fait ses courses au Moyen Orient. Il a visité tour à tour, vous me pardonnerez l’ordre de la cuvée papale, la Palestine, Israël, les juifs, les musulmans, le Mur des Lamentations, l’esplanade des mosquées, une boîte d’échangisme, tout ça avec ses copains déguisés en robe. On dit qu’en dessous ils sont en tongs et strings à paillettes… prêts à se vautrer sur les plages méditerranéennes, dès que les photographes et caméramans rapaces de symboles, s’intéressent de nouveau aux conflits sans fin de la région. Conflits dont les religions ont une part non négligeable dans cette mélasse guerrière. Quoi de mieux que des guerres et luttes fratricides, pour soulever les croyances imbéciles ? C’est une vieille recette humaine, dont le succès n’est plus à prouver…

Le pape serait venu dire au monde entier sa condamnation sans détours du massacre des juifs par les nazis. Et on relate ça quasi comme un exploit… une grande nouvelle, un tournant… Pourquoi autant de qualificatifs et d’écrits pour relater cet acte ? On nous cacherait le passé trouble du Vatican et ses relations avec les pires pourritures génocidaires hitlériennes ? Pourquoi en fait-on autant ? Les agissements du Saint Siège, (avec des noms pareils, vous n’allez pas me dire qu’ils ne souffrent pas de mégalomanie aigue ?), sont toujours relayés avec cette ferveur journalistique, proche de l’indigestion. Ce voyage en terre « sainte », encore un qualificatif masturbatoire, n’est rien d’autre qu’une énième campagne de communication.

Celle-ci doit redorer le blason de Benoit XVI et ses affinités étroites avec des curetons négationnistes, sans oublier son passé proche des jeunesses aux bras droits levés. Alors il se promène avec sa longue robe de soirée, pardonne où il faut pardonner, s’excuse où il faut s’excuser, se lamente où il faut se lamenter… ça mange pas de pain… que des choses utiles… et concrètes, avec effets immédiats… Parfois il se déplace dans sa « Papomobile », il baisse la vitre électrique et secoue sa mimine à l’attention des gueux.

Miss Vatican est en tournée.

Elle fait le tour des foires à croyances, elle goûte à tout, elle sourit, la belle et son chapelet. Mais elle n’a qu’une envie, rentrer dans ses meubles, à Rome, loin de ces sauvages, ces adorateurs d’un autre Dieu, issu grosso modo du même livre fondateur, un merdier ce dico, mais best seller au rayon des romans sous ecstasy : la Bible. Elle préfère son bureau confortable, d’où elle peut déconner avec des évêques brésiliens qui excommunient les petites filles, et font du viol un acte de procréation. Vivement qu’elle rentre, c’est vrai, dans sa réserve naturelle, entourée de tous ces gens en perpétuel carnaval, ça nous fatiguera moins la vue et le cortex.

Les caméras montrent moins d’entrain et moins d’engagement, lorsqu’il faut filmer des milliers de personnes dans la rue, qui défendent leur boulot ou l’idée qu’ils s’en font. Parce que les défilés se succèdent, se multiplient, plus motivés que jamais par une rage du ras le bol, rarement atteinte. Les universités, étudiants comme enseignants chercheurs, les personnels des hôpitaux où fait exceptionnel, les grands pontes marchent aux côtés des agents, des infirmières contre la réforme du difforme tailleur rose bonbon qui leur sert de ministre ; les salariés de Continental, de Caterpillar et d’autres ne baissent pas la garde, des encore inconnus se préparent à exhorter leur haine, et la peur de leurs crédits couperets … Tout ces gens seront bientôt dans les émissions poubelles de Delarue, pour expliquer leur descente aux enfers, leurs existences passées à la moulinette de l’indifférence… la télé ne fait pas que recycler ses reportages, elle s’auto approvisionne. Selon la tendance morbide de la télé, les malheurs d’aujourd’hui font l’audimat de demain…

Une pointe d’optimisme : le jour où la petite lucarne ouvrira son journal sur le défilé du Pape, ses sbires et ses cousins éloignés estampillés confessions manipulatrices, criant à l’injustice de leurs mises au chômage, l’humanité aura fait un grand pas.

mardi 5 mai 2009

Les trois petits cochons et la crise sont sur un bateau, qui tombe à l'eau...?


Les médias ont ressorti leurs beaux costumes de carnassiers. Ils s’en sont donnés à cœur joie, à coups de plateaux exceptionnels, où les dramaturges médiatiques ont joué de leurs plus belles compositions, les reportages par dizaines en direct d’endroit « très dangereux », des mises en scènes que n’auraient pas renié les amateurs de séries B, des visages fermés, inquiets, mangés par l’incertitude galopante… Dans ce registre notre Pujadas national, sorte de PPDA tamponné service public de l’audiovisuel, avec un grand A, a offert une de ses meilleures partitions ! En effet, à la suite de son journal de 20h du 30 avril, (le sacro saint 20h !), émus aux larmes, nous aurions pu, nous aurions dû, nous téléspectateurs conquis, époustouflés, émerveillés par son interprétation, nous lever de notre chaise, arrêter un instant de manger nos pâtes sauce bolognaise (et oui c’est la crise…), crier au génie, et lui décerner sans hésiter le prix de meilleur comédien, dans une comédie décalée, mais dramatique. Il a été un chef d’orchestre émérite, au profit de la peur, de la peur crasse. La grippe porcine dévorait la crise économique, la grippe porcine et son histrion occultaient complètement le défilé du 1er mai (25 minutes de Porcinet et ses emmerdes sur 30mn d’info, et rien, absolument rien, même pas une évocation du 1er mai, pourtant clamé historique par la convergence syndicale)…

France 2 dans sa bonté, propose à ces ouailles de temps en temps du théâtre, le samedi en première partie de soirée… Plus la peine ! Cet acteur talentueux de simagrées, de dialogues chocs, de moues tour à tour dubitatives, angoissantes, stressées, parfois même des traits anxiogènes sur son visage ! Pujadas donc, sorte de Kiki humain (la coupe de cheveux, regardez bien…) nous a gratifié d'une représentation qui ne saurait trouver d’égal avant belle lurette ! Quel talent ! Hommage, triomphe, applaudissements à tout rompre, Pujadas est digne de monter les marches pour poules l’Oréal de Cannes, et de saluer façon Miss France la foule compacte en délire et lui réclamant sa chemise. Son producteur le remercie, un certain petit PDR, en fonction depuis deux ans, que les français conchient à hauteur de 65%, mais ces mêmes français sont 30% à revoter pour lui en 2012 et le placer en tête des suffrages... Les français sont des veaux… Le film a duré une petite semaine, il se prolonge dans nos salons, via la petite lucarne, encore quelques temps… son titre aurait sa place au panthéon des titres franchouillards « Les porcs mexicains nous filent la grippe ».

On a assisté comme tout le monde aux premières séances, ce fut un régal.

Pourtant, on ose encore espérer que les médias ne sont pas complètement à la botte des conseillers en communication de notre personnel politique. Mais quand on voit et que l’on observe ce genre de manipulation, massive, intrusive, perverse, grande brasserie universelle de la connerie, intoxication au sommet de son art, le vice entretenu de la frousse à grande échelle… on ne peut que pleurer sur les fondements de la démocratie, et tout ce qui devrait l’éloigner de la corruption mentale, quelque soit sa forme…

Et ces mines travaillées à nous serrer la gorge, la tête des Bachelot et consorts, ces pseudos spécialistes envoyées comme des troupes commandos, chargées de nous mettre plus bas que terre, comme un chien sous la table a peur de l’orage… Plan de communication, de matraquage parfaitement rodé, allégorie de la catastrophe sanitaire… la grippe en forme de groin allait ravager des pays entiers ! On ne pourrait plus aller se vautrer à Disney Land, on ne pourrait plus travailler le dimanche, on ne pourrait plus expulser les réfugiés, on ne pourrait plus voir le cul de Carla faire les yeux doux aux journalistes espagnols… Pour empêcher tout ce chaos, il fallait « éviter les rassemblements, se tenir à une distance de sécurité d’au moins 5 mètres… ». Ces jolies recommandations sortaient de la bouche fleurie de notre présentateur télé, en route vers la gloire et le César du 7ème art. Un message étrangement subliminal à la veille du grand rendez-vous du 1er mai ! On n’aurait pas osé imaginer telle ligne éditoriale, mais le roi de l’information théâtralisée nous l’a fait !

Il ne faut pas omettre qu’à aucun moment cette grippe n’a été conclue non-soignable… Elle se combat même plutôt facilement. Notre grippe habituelle et hivernale est d’un tout autre calibre.

Mais le résultat était là, le diagnostic était rassurant : la crise, les licenciements, les parachutes dorés, les grèves universitaires, hospitalières et autres mouvements fortement contagieux eux, n’étaient plus sur l’ordonnance…

Ce qui n’était pas la seule bonne nouvelle sanitaire de ces dernières semaines puisque Miss Dominique a perdu 35 kilos…