Le pape fait ses courses au Moyen Orient. Il a visité tour à tour, vous me pardonnerez l’ordre de la cuvée papale, la Palestine, Israël, les juifs, les musulmans, le Mur des Lamentations, l’esplanade des mosquées, une boîte d’échangisme, tout ça avec ses copains déguisés en robe. On dit qu’en dessous ils sont en tongs et strings à paillettes… prêts à se vautrer sur les plages méditerranéennes, dès que les photographes et caméramans rapaces de symboles, s’intéressent de nouveau aux conflits sans fin de la région. Conflits dont les religions ont une part non négligeable dans cette mélasse guerrière. Quoi de mieux que des guerres et luttes fratricides, pour soulever les croyances imbéciles ? C’est une vieille recette humaine, dont le succès n’est plus à prouver…
Le pape serait venu dire au monde entier sa condamnation sans détours du massacre des juifs par les nazis. Et on relate ça quasi comme un exploit… une grande nouvelle, un tournant… Pourquoi autant de qualificatifs et d’écrits pour relater cet acte ? On nous cacherait le passé trouble du Vatican et ses relations avec les pires pourritures génocidaires hitlériennes ? Pourquoi en fait-on autant ? Les agissements du Saint Siège, (avec des noms pareils, vous n’allez pas me dire qu’ils ne souffrent pas de mégalomanie aigue ?), sont toujours relayés avec cette ferveur journalistique, proche de l’indigestion. Ce voyage en terre « sainte », encore un qualificatif masturbatoire, n’est rien d’autre qu’une énième campagne de communication.
Celle-ci doit redorer le blason de Benoit XVI et ses affinités étroites avec des curetons négationnistes, sans oublier son passé proche des jeunesses aux bras droits levés. Alors il se promène avec sa longue robe de soirée, pardonne où il faut pardonner, s’excuse où il faut s’excuser, se lamente où il faut se lamenter… ça mange pas de pain… que des choses utiles… et concrètes, avec effets immédiats… Parfois il se déplace dans sa « Papomobile », il baisse la vitre électrique et secoue sa mimine à l’attention des gueux.
Miss Vatican est en tournée.
Elle fait le tour des foires à croyances, elle goûte à tout, elle sourit, la belle et son chapelet. Mais elle n’a qu’une envie, rentrer dans ses meubles, à Rome, loin de ces sauvages, ces adorateurs d’un autre Dieu, issu grosso modo du même livre fondateur, un merdier ce dico, mais best seller au rayon des romans sous ecstasy : la Bible. Elle préfère son bureau confortable, d’où elle peut déconner avec des évêques brésiliens qui excommunient les petites filles, et font du viol un acte de procréation. Vivement qu’elle rentre, c’est vrai, dans sa réserve naturelle, entourée de tous ces gens en perpétuel carnaval, ça nous fatiguera moins la vue et le cortex.
Les caméras montrent moins d’entrain et moins d’engagement, lorsqu’il faut filmer des milliers de personnes dans la rue, qui défendent leur boulot ou l’idée qu’ils s’en font. Parce que les défilés se succèdent, se multiplient, plus motivés que jamais par une rage du ras le bol, rarement atteinte. Les universités, étudiants comme enseignants chercheurs, les personnels des hôpitaux où fait exceptionnel, les grands pontes marchent aux côtés des agents, des infirmières contre la réforme du difforme tailleur rose bonbon qui leur sert de ministre ; les salariés de Continental, de Caterpillar et d’autres ne baissent pas la garde, des encore inconnus se préparent à exhorter leur haine, et la peur de leurs crédits couperets … Tout ces gens seront bientôt dans les émissions poubelles de Delarue, pour expliquer leur descente aux enfers, leurs existences passées à la moulinette de l’indifférence… la télé ne fait pas que recycler ses reportages, elle s’auto approvisionne. Selon la tendance morbide de la télé, les malheurs d’aujourd’hui font l’audimat de demain…
Une pointe d’optimisme : le jour où la petite lucarne ouvrira son journal sur le défilé du Pape, ses sbires et ses cousins éloignés estampillés confessions manipulatrices, criant à l’injustice de leurs mises au chômage, l’humanité aura fait un grand pas.

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