Il est des époques formidables, la nôtre en fait partie. Un homme dont le talent n’est pas, absolument pas remis en cause, s’est fait arrêter lors d’un festival de cinéma en Suisse. Une de ces nombreuses sauteries dont le 7ème art aime se délecter, pour se congratuler dans des apparats indécents, pour la joie des cosmétiques ravageurs et prônés miraculeux pour les vieilles actrices en déclin, pour le bonheur des créateurs de mode dont les goûts de chiottes resplendissent en pleine lumière et sont salués comme la marque du génie, pour offrir une page de publicité gigantesque et supplémentaire pour autres produits dont les liens familiaux avec le cinéma sont aussi avérés que TF1 et la culture, que France Telecom et le bonheur au travail…
Je m’égare.
Revenons à notre homme.
Polanski.
Roman de son petit nom propre.
Il s’est fait gauler comme un voleur de mobylette à la sortie ou à l’entrée d’un festival helvétique du film. Il est rattrapé pour l’occasion par la justice américaine qu’il a fuit au cours des années 1970 si mes souvenirs sont bons.
Il doit comparaitre pour une sombre histoire de viol sur mineur.
Rien que ça.
La justice l’aurait choppé pour un vol de fraises Tagada la main dans le pot à bonbons, je ne dis pas, l’intervention aurait pu paraître disproportionnée… mais là.
Viol sur mineur.
Peu importe l’antériorité de l’affaire, les pardons de la victime, légèrement achetés par une somme rondelette en dollars bien verts, le violn’est pas une mince histoire. Au-delà de tout son talent, Polanski doit comme tout être seplier à la justice, au droit. Le scénario aurait dû se stopper là, en un clap de fin à ranger au rayon des faits divers.
Malheureusement non.
Les médias se jettent sur le dossier en pourfendeurs de la justice américaine avec cet air indécent de donneurs de leçons. Les journalistes se scandalisent, invitent les scandalisés à se répandre, les caméras tournent autour de Mitterrand à son tour scandalisé… le mot scandale est remis au goût du jour ! Les comités de soutien tous plus absurdes les uns que les autres se font ici ou là, avec la légitimité d’un clan, le bien fondé d’une protection de caste, le contraire de toute équité démocratique… et ce pour uncrime qui n’est tout de même pas une simple dispute, une candide mésaventure…
La société du spectacle, en tout cas cette partie sécessionniste aura bon rôle ensuite, de faire passer des messages de justice au travers de ses œuvres. Une poignée d’inconscients peut au travers de cette sombre histoire de copinage aveugle et sourd, discréditer un art, institution parmi les institutions, qui ne peut s’offrir ce luxe. Et par làmême, entrainer dans cette cavalcade absurde, une justice déjà bien mise à mal, par des dossiers à la nature tout aussi perverse que la libido accusée de Polanski.
Au même titre qu’on ne peut pas comprendre qu’un Président de la République puisse s’asseoir sur la présomption d’innocence, on ne peut se corrompre dans une quête effrénée à la non-culpabilité, on ne peut se fourvoyer à remplacer la justice par une pétition corporatiste.
Roman Polanski ou non, ami des stars ou non, la justice doit.
Ou alors chers amis acteurs des salles obscures, si l’injustice vous parait si grande en ce cas précis que vous dénoncez, il ne vous reste plus qu’à constituer une ligue permanente, parce que si injustice ici vous semble, vous serez abasourdis des cas en attente, loin des tapis rouges, des strass et paillettes, des caméras avides de vos positionnements les plus tortueux.
Commençons notre revue de presse par une nouvelle inoffensive, ça ne peut pas nous faire de mal en ces temps de sombre crise. Un de mes articles précédents s’était penché, souvenez-vous, sur le lancement du nouveau JT d’M6. Un JT censé refaire le monde du JT, en y incluant un horaire d’avant-garde, 19h45, une présentatrice debout, et attention ! Quelques fois elle poussera l’audace à se fagoter en pantalon ! On est heureux à l’occasion de constater que les années 1960, la libéralisation de la femme et des mœurs ont enfin touché les ondes de la sixième chaîne…
En représailles à ce culot « monstre », le 20h vraiment à 20h de TF1 a inauguré et répondu du tac au tac. Ce fut l’occasion d’un mini buzz ! Le buzz ? Les requins de l’information et du merchandising ont posé Claire Chazal sur son bureau, en posture prétendue sexy, un genou à vue pour émoustiller les téléspectateurs libidineux, du trentenaire puceau au quinquagénaire bedonnant. Elle a joué le jeu, la Clara Claire Chazal Morgane de la grande messe, elle a accepté la nympho de l’info, d’ouvrir la guerre d’Afghanistan et les inondations en Asie, en découvrant son intime déontologie… Demain Pernault en string à quatre pattes dans le studio…
La libido n’est apparemment pas seulement printanière.
Le suicide non plus.
Le Président Directeur Général (quel titre pompeux ! Ils auraient pu rajouter Caporal Chef Commandant…), le PDG donc, de France Telecom a décrété les trop nombreux suicides dans son entreprise, comme « une mode ». Une mode est normalement, intrinsèquement passagère, futile, temporaire, résumons : « saisonnière ».
Malheureusement la détresse se fout du temps qu’il fait dehors, de savoir si les feuilles se dandinent aux bouts des branches ou au pied du tronc, de savoir si le soleil est estival ou hivernal.
Au regard du massacre, on distingue les contours scélérats de la restructuration de l’ex entreprise publique. On imagine la flopée de petits chefs tatillons, voire nazillons, formés à la prime au rendement, pour descendre le moral des troupes et les acculer au grand saut, au geste fatal.
France Telecom licencie, dégraisse de manière « subtile », finie la traditionnelle porte qui claque, place à la corde qui pend.
Les pourris origines de ces drames terribles ne seront pas menacés, encore moins condamnés, ils sont embauchés en ce moment et avec une promotion à La Poste… Le transfert de compétences revêt parfois des visages inattendus. Pour les ressources humaines de France Telecom, le suicide est bien plus qu’ « une mode », il est un critère de recrutement.
Tiens en parlant d’embauche, notre petit PDR avait recruté pour son intervention de New York, à l’occasion du G20, David Pujadas et Laurence Ferrari. Un homme, une femme, pour une allégeance à deux sexes : un Pujadas très appliqué, tiré à quatre épingles, ses questions aussi lisses que son costard, une coupe de cheveux de premier de la classe ; Laurence Ferrari, endimanchée, look vieille poule du samedi soir, digne d’une soirée pour célibataires endurcis. Les deux compères et leurs yeux admiratifs ont livré une partition parfaite : faire de leur hôte l’icône de l’anticapitalisme.
Un sketch.
Il nous a bien fait marrer Louis de Funès ! Je cite « le capitalisme va être moralisé », « le secret bancaire et les paradis fiscaux n’existent plus… ». Du grand art ! Du contenu au grand fou rire!
Après ou avant cette pause spectacle au profit de sa gloire, notre petit PDR grimpé sur des échasses à la tribune onusienne a comme ses collègues de boulot, menacé l’Iran de mesures de rétorsion en faisant les gros yeux, au cas où les dirigeants à barbes de ce pays persévéreraient dans le développement nucléaire.
Ahmadinejad a bien ri. Beaucoup.
En réaction, les militaires iraniens ont exhibé une de leurs dernières créations : un missile longue portée, capable d’atteindre sans trop forcer Israël, l’ennemi juré.
Le nom de leur engin : le Prophète ! Et dire que ce sont ces mêmes tarés qui ont hurlé au scandale pour deux trois caricatures de leur Dieu à l’humour aussi court que leurs idées… Eux le déguisent en missile, va comprendre…
Bientôt dans cette région poudrière, au passage de ce joli joujou, les habitants des pays survolés s’exclameront « tiens le Prophète passe… ». En Israël, les hommes visés raccrocheront le téléphone en s’écriant « désolé chérie, je te laisse, voilà le Prophète… » Ce seront bien les seules fois avérées et prouvées où un quelconque Prophète apparaîtra…
En attendant, rendons à César ce qui est à César, et relevons cette belle métaphore, révélatrice, du Prophète à travers ce missile : le Prophète est bien issu d’un long travail, d’une longue, inaltérable, vacharde, sans scrupule imagination, fruit d’une volonté dominatrice sans borne. Au départ, au décollage de la belle histoire, il fait beaucoup de bruit, le Prophète, il impressionne et engendre la peur moutonnière, aussi bien dans son antre que chez ses ennemis, avec l’ultime but : la destruction de l’infidèle…
Les athées remercient cordialement l’initiateur de cette trouvaille…
Le temps n’est pas à la concorde. Un climat lourd de violence en tout genre nous gravite autour, comme un air malsain, comme un recommencement, une vieille rengaine. Tout n’est qu’empoignades, enfilades… Le monde n’est que duels.
Clearstream le duel de titans !
Clearstream est la nouvelle idole des médias, la grippe du cochon ayant un peu de mal au niveau marchandising. Clearstream par ci, Clearstream par là. Plus on nous rabâche, plus on nous explique, moins on comprend… Les experts se succèdent un à un, avec la mission de nous éclairer le dédale, les tenants et aboutissants de cette affaire d’Etat qu’ils disent, pour se mousser et se congratuler d’être là, au moment M où les institutions sont en danger ! Ce moment où la République vacille sur ses pieds fragiles, à la merci du complot ! Préparez-vous !
Mais ils ont vite abandonné l’idée de nous raconter la belle saloperie en détails, cet imbroglio sans fin, ils se concentrent sur ce duel tant attendu, tant annoncé entre les deux titans de la politique : à ma droite notre petit PDR Sarkozy et ses tics nerveux, à ma gauche la grande tringle de Villepin, son éternelle mèche au vent, seul contre tous…
Les médias orchestrent avec la complicité des principaux protagonistes ce duel des temps modernes. Chacun incarnant à son tour la vertu et l’honneur brisés. On nous promet un affrontement judiciaire sans précédent ! Un règlement de compte à coups de plaidoiries enflammées ! Argumentées par des maitres du barreau ! Des tas de dossiers entourés de leurs ceintures de tissu ! Des déclarations tonitruantes, des regards assassins, des petites phrases en veux-tu en voilà ! Ils nous conditionnent pour ce match d’égos surdimensionnés, pour cette rixe d’attardés de la reconnaissance absolue, pour ce poker menteur, pour cette triche que « c’est pas du jeu », pour ce rififi sous fond de jalousie infantile… Qu’ils s’empoignent, qu’ils règlent ça à coups de savates, le populo en a ras l’urne de ces rivalités de coqs… Si au moins ils pouvaient faire leur petite affaire (jeu de mot quand tu nous tiens…) en silence ou en tout cas dans un bruit contenu…
Le duel des roses,
Le temps heureux de l’université de la Rochelle est bien révolu. Il n’était qu’une pause, un répit, un joli bouquet. En effet, la guerre entre Martine Aubry et Ségolène Royal pour la tête du parti est relancée après la parution d’un livre dénonçant le trucage des votes par la native de Lille. L’autre coincée du tailleur a sauté sur l’occasion pour laquelle elle ne doit pas être d’une totale innocence, pour se déclarer choquée, outrée, spoliée de sa machine à l’élection suprême.
Selon un plan de communication rodé, elle a pleuré sur toutes les ondes, sur tous les plateaux de télévision que « Martoche » était bien vilaine et pas que physiquement. Dany Boon, pardon Martine a baissé la tête,a quasi ignoré l’attaque de son ex future ex amie. Elle s’est occupée des affaires courantes : se trouver un look, se trouver un coiffeur, se trouver un programme, une maquilleuse, se refaire les joues… Pendant que ces dames se crêpent le chignon, les petits chefs, Arnaud Montebourg et sa tête à claques, Emmanuel Valls et sa dégaine de faux cool crient dans la cour de récréation que ce sont eux le renouveau… La tronche du renouveau ! Il a le goût du Beaujolais… ça nous promet une belle gerbe de roses…
Duel "Jungle de Calais" et Eric Besson Ministre de la traitrise et de l’immigration,
Eric Besson n’a pas de chance et doit sérieusement jongler pour ne pas faire passer son nouveau parti pour un sous groupe de beaufs xénophobes. En effet,après les boulettes de son nouvel ami Brice Hortefeux, blagueur raciste des banquets de branleurs de l’UMP, il a dû renoncer pour l’instant aux tatouages ADN pour les immigrés en manque de famille.
Pour calmer les critiques. Rien de plus.
Ça lui a tellement coûté, ça l’a tellement gratté, qu’il a eu le droit à une compensation. Son petit PDR professionnel de la démolition, lui a autorisé la destruction de la fameuse « Jungle de Calais », prononcez « jeunegueule de calais » pour être dans le coup.
A grand renfort de caméras pour satisfaire les téléspectateurs du JT de TF1, les hordes de flicaille se sont ruées comme des robots sur les camps mode Tiers-monde, pour déloger les intrus fuyant leurs pays en guerre.
Le ménage a été fait, les potentiels électeurs proches de la courte échelle du Front National, ont haussé le menton d’une fierté toute patriotique et sont repartis heureux et soulagés. Ils sont soulagés de voir mis à terre, ces cabanes d’un temps jadis, ces taudis crasseux disparaitre de leur beau paysage français où des hommes préfèrent errer et survivre que de rentrer dans leurs patries sous les bombes, les extrémistes, la pauvreté, la mort au coin du carrefour… Ils sont soulagés, ils soufflent et peuvent retourner regarder La Roue de la Fortune avec Bobonne, dans ce monde merveilleux de l’argent et la vulgarité jetés à grosses pelletés sur leurs âmes zombies, recroquevillées dans leur purin…
En attendant, leur campement de fortune détruit, les réfugiés vont se trouver un autre endroit, pas loin du port où ces putains de bateaux pour l’Angleterre les narguent avec leurs laides cheminées. Ils vont recommencer à croire, peu importe le dénuement, et quand on a été capable de fuir au péril de sa vie, ses racines, sa famille, ses amis pour un bidonville calaisien, ce n’est pas cette chasse à l’homme hideuse d’un Ministre perfide, transfuge de la connerie humaine, judas à l’air idiot, qui les fera renoncer à leur bout de paradis.
Mais voilà, en attendant, l’opération de communication pour rassurer et caresser dans le sens du poil les bras droits de notre merveilleux pays a parfaitement fonctionné…
Un vieillard en duel avec lui-même,
VGE s’emmerde dans son Auvergne natale, il ne sait plus quoi faire. Il l’a déjà défigurée avec son parc Vulcania. Il a décidé de se lancer un défi, un duel avec sa carcasse à tête d’ampoule. Il veut au travers d’un roman nous faire croire à sa liaison avec Lady Diana, qui donc avant de se taper un mur se serait tapé la vieille croûte auvergnate. Entre le Prince Charles et VGE, la Princesse avait vraiment des goûts de chiottes…
Duels avec la mort,
Des millions de femmes et certainement quelques milliers d’hommes, un jour victime de leurs adolescences, sont dans une tristesse profonde. Deux personnages illustres se sont fait la malle.
Philip des non regrettés 2be3, boys band dont la niaiserie n’avait rien à envier à leurs homologues saxons, rois de la chorégraphie demeurée, marionnettes des groupes industriels de la chanson pour attardés, s’est éteint par overdose médicamenteuse. Avait-il le même médecin que Bambi ? Est ce que ses anciens patrons et leurs poches pleines de pognons, ces « Gepetto » tyranniques vont avoir les mêmes larmes que pour le roi de la pop, sachant que l’aura de l’ex des 2be3 ne permettra pas la réédition de CD souvenirs, de teeshirts collectors, de posters, de diffusion cinéma, de condoléances capables de vendre du Coca, la machine à laver et la lessive qui va avec ?
Patrick Swayze est l’autre disparu de la semaine. Toute une génération de mecs va devoir se remanger le DVD de Dirty Dancing et toutes ses scènes en collant moule burnes… Merci Patrick !
Arrêtez confrères, frères cons et autres congénères cons génitaux !
Arrêtez votre acharnement contre cet homme, ce pauvre type, au beau visage d’ange ses joues rosées d’une timidité permanente !
Arrêtez ce lynchage médiatique contre cette silhouette fluette, ce physique à jouer les méchants dans la célèbre « Grande vadrouille »…
Stoppez cette chasse indigne ! Macabre manipulation selon notre Premier ministre et ses gros sourcils tristes et mal brossés…
Cessez cette cabale d’un autre âge ! Ce fauché idéologique a bien des soucis dans son ministère de l’Intérieur en charge du délit de sale gueule, une lourde et bien fade peine.
Ne vous laissez pas prendre au jeu des images volées lors d’une fin de banquet trop arrosée !
D’ailleurs il supporte très modérément les alcools. Ces derniers lui donnent encore davantage cet air corniaud miné par la vinasse.
Stoppez cette battue ignoble ! Cet être est si fragile, porcelaine au milieu de la politique d’égout…
On se croirait à une chasse aux sans papiers…
Brice Hortefeux ne ferait pas de mal à son prochain.
Tout homme est son frère.
Souvenez-vous ingrats ! Il a aidé tous ces bougres victimes du mal du pays à regagner leurs jungles sauvages, leurs nations en guerre, leurs patries sous dictatures à bord d’avions spécialement affrétés par ses soins. Un coup de pied au cul en guise de billet. Direction la pauvreté. Un temps heureux initié par ses soins et sa gouaille du travail bien fait, du chiffre rond. Un temps jadis où son humanisme sans bornes lui permettait ces largesses d’esprit, cette générosité toute « nationale », au sein du ministère de l’Immigration et de la carte d’identité certifiée conforme. Alors, je vous le demande, maîtrisez votre joug ! Son successeur, un scélérat de gauche, lui est bien supérieur…
Quoi il a déjà fait des siennes ? Il était favorable au tatouage génétique des immigrants souhaitant un regroupement familial ? Quoi de plus normal pour un passionné de sciences. Il aime les arbres généalogiques propres, le fichage précis et concis.
Revenons à notre affaire et ce bouleversant court métrage. Brice n’est qu’un blagueur de fin de ripaille, d’apéro trop arrosé, il aime la gaudriole vacharde et stéréotypée, tout au plus. Il a vu du monde, un public carnassier et motivé. Il aime l’humour et le "one man show". Il était inspiré et en a marre de se manger du Anne Romanoff. Il s'est lancé tel un Bigard au Stade de France...
Un brave homme. Ne vous m’éprenez pas.
Ce digne serviteur de l’État est victime d’une grosse mascarade, il a prononcé ces paroles imbéciles sous la contrainte et la pression insupportable de gros auvergnats à moustaches, sous la pression des méchants photographes et leurs vilains flashs, sous la pression d’une fin d’été propice à une ratonnade, pardon une pantalonnade. Peu importe la pression, peu importe d’où elle vienne, cet homme est sensible. Il a peur de la foule.
Vous insistez ?
Bon qu’est ce qu’on lui reproche ?
Allez lumière !
J’ai vu la vidéo et les sous-titres correspondants. Au début, je dois l’avouer, j’ai cru à un nouveau canular de Gérald Dahan.
Mais non.
Description de la scène incriminée.
On voit Brice, pull d’un pur bleu clair, délicatement déposé sur sa carrure somme toute moyenne, une fine chemise rayée coquette pour la guinguette, ses cheveux en arrière à la Emile & Images, un style en osmose dans l’ambiance méchoui du dimanche.
Jusque là rien à dire ?
Si ?
Goût vestimentaire de chiottes ?
Je ne m’engagerai pas sur ce terrain…
Brice se promène, déambule avec son pote Copé attifé de son éternel costume de vendeur de bagnoles, muni de son sourire crispé et crispant, un faciès véritable appel à la violence... Des sympathisants approchent, meuglent. Parmi le troupeau, une cible. Brice observe l’étranger, pardon le militant. Sa première phrase est un compliment sur la taille robuste du voleur de poule, pardon du militant, « il est beaucoup plus grand que nous en plus… ».
Jusque là, rien à dire ?
Si ?
« Plus grand que nous « en plus » … » En plus de quoi ? Oui là je ne sais pas… le jeune homme est bronzé, peut-être revient t-il de vacances ? Et évidemment Brice n’est pas Brice de Nice, à côté il a la tronche d’un lait caillé… Le jeune individu est arrogant ? Ça n’a pas l’air. Il n’est pas là où il devrait être ? Il n’a pas ses papiers ? En plus de quoi alors ? Mystère…
Brice auvergnat tout juste sorti de sa chaîne de volcans poursuit « il ne correspond pas du tout au prototype … ».
Jusque là rien à dire ?
Si ?
Est-ce qu’il existe un prototype ? Et lequel évoque Brice ? Non ...? ! Vous croyez qu’il parle du même prototype sur lequel Jean-Marie le Pen déblatère dans ses discours nauséabonds, provocations, extrémismes, autour desquels le parfum xénophobe flotte comme une vieille rengaine : l’arabe de banlieue, un couteau entre les dents, nez fourchu, regard de tueur, persécuteur de flics, dealer, suceur d’allocs, voleur de sacs ? Non… Pas lui... pas le ministre de l'Intérieur...
Bon passons, c’est certainement une erreur. Brice poursuit, pose pour la photo, lève le bras droit, oui le bras droit... pour se recoiffer je crois, un rictus, il attend le petit aigle sortir, et ajoute réjouit « il en faut bien un. Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes… ».
Jusque là, c’est la merde…
Oui.
Pourquoi « il en faut un » ? L’UMP a un quota ? Un arabe toutes les cent clichés pour ne pas effrayer les auvergnats à bacchantes ou les photographes aux objectifs agressifs ? « Quand il y en a un ça va » ? Pourquoi ? Faut avoir peur de ce barbare, pardon ce militant, quand il se promène en famille ? « C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes » ? Ah bon, ce profane, pardon ce militant, attaque en bande ? Il existe des places où cette brute immigrée, pardon ce militant, vit spécialement ? Ils ont des casquettes ? Des baskets ? Des chiens d’attaque ? Ils piquent notre boulot ? Ils ont des armes ? Ils inquiètent notre belle France rance recroquevillée derrière ses tas de fumiers ? Ils sont responsables de la crise ? Ils ne sont pas français, ils ne sentent pas le vieux béret et la croûte de camembert ? Ils …
Non, Brice n’a pu induire et sous entendre cet immondice, ce tas de préjugés hideux, cette crasse tortueuse, cette infamie sordide pullulante de haine sous-cutanée, non, ce n’est pas possible, pas autant de fientes en si peu de mots…
Si ?
Et ces amis du gouvernement le défendent par vents et travers ? Surtout de travers… Ah… surtout Copé, ça c’est moins étonnant. Et l'arabe, pardon le militant, il dit quoi ? Ah, il préfère sa tunique UMP que ses origines mises à mal...
Le JT d’M6 est la grande affaire de cette rentrée télévisuelle. « La petite chaine qui monte » fut longtemps le sobriquet de cette maison hertzienne.
Elle monte c’est vrai.
Elle ne se contente plus de diffuser des « sagas » américaines aux scénarios plus maigres que Kate Moss.
M6 grimpe l'échelle de la connerie, la garce.
Elle a plongé tête la première dans la téléréalité, avec le mémorable accouplement aquatique, entre un grand dadais et une bimbo siliconée. Elle nous a révélé dans un même temps le talent pour la télé poubelle de B. Castaldi, grand apôtre du trash scénarisé, pour vendre entre deux pauses, des serviettes hygiéniques et du papier cul. Elle est coupable d’avoir mis sur le devant de la scène des « artistes » imbuvables, clowns tristes du vote par SMS, mais qualifiés pour le besoin des promoteurs de « Nouvelle Star », à coups de grosses louches. Le gavage d’oies ne s’exerce pas que dans les fermes…
Bref elle a déjà un panel exemplaire de vulgarités et de tocs à son actif. Comme son grand modèle TF1.
Elle souhaite continuer dans le grand art, elle veut cette fois se draper dans le sérieux, ils ont mis de côté la gaudriole pour les ados boutonneux et la fameuse ménagère de moins de 50 ans, icône du goût de chiotte.
Ils lancent leur grande messe du 20H, leur journal télévisé. Enfin 20H… plus exactement 19h45, ça c’est pour l’élan novateur… ça en jette dis donc… Le tout présenté par une femme à l’allure de chasseuse de têtes. Peu importe son nom. Et ça fait la une des journaux spécialisés ou non, les rubriques « télévision » des grands quotidiens écrits et j’en passe. A croire que sans cette "incroyable audace », l’actualité des médias aurait été triste et fade. Il ne faut pas grand-chose pour réjouir et occuper les dandys si créatifs de la petite lucarne, qui vendent ce que toutes les autres chaines font déjà, comme de l’exceptionnel.
Tiens au fait… à propos d’exclusivité…
Le magasine Marianne titre cette semaine sur les révélations de l’ancien chef de gare des renseignements généraux. En abrégé : RG. Le périmé boss balance sur ses anciennes occupations et bave deux, trois secrets-défense et quelques saloperies dont sont capables les James Bond français.
Ce titre sonne faux. Creux. Délavé.
Un titre malheureusement devenu anachronique… malgré lui, malgré certainement son intéressante teneur. Comme dirait un Président récent, ce genre d’accroche fait « Pssshit… ». D’une les secrets-défense ne sont plus un secret pour personne, ils existent. Le citoyen lambda y prend garde entre la biscotte et le café. Sans plus.
De deux, le temps de ces scoops est passé.
Le quotidien est jonché de scandales, de révélations, de motifs à faire éclater en feux d’artifices des affaires d’Etat à la pelle. Mais l’heure n’est plus à s’heurter des manœuvres frauduleuses de ses dirigeants, l’homme est tristement inondé de coups bas, de « Clearstream » en paquet de dix, de secrets d’Etat en colis avec de jolis rubans… Les secrets d’Etat ne font plus recette sur la place publique. Souvenez-vous à la vitesse où a été étouffé, et avec l’accord silencieux de toute la population, les suspicions dont étaient l’objet les attentats de Karachi contre les employés de la DCN de Cherbourg et leurs possibles tenants et aboutissants (financement de la campagne de Balladur en 1995 ?…).
Les secrets d’Etat ne sont plus à la page, au contraire de Secret story qui rencontre, lui, la passion débordante de curiosité des cerveaux usés par l’incohérence et l’indigence d’une grande part de nos têtes d’affiches politiques et leurs ambitions délirantes.
En parlant d’ambition, un homme en a et le clame haut et fort… et seul.
Bayrou.
Vous aviez deviné ? Il faut dire que la description était facile et l’indice « seul » ôtait le moindre doute.
Il veut rassembler les forces d’opposition pour faire barrage à la politique de notre petit PDR, en route pour un renouvellement de bail au palais de l’Elysée… Bayrou, ses oreilles décollées et son air réjoui nous font mal... Il fait un appel du pied, le gauche, au Parti Socialiste pour une alliance politique. Son but étant bien entendu, la culbute suprême : Président de la République.
C’est beau l’espoir…
Il s’est bien habillé pour de jolies photos, les bras en V, gestuelle gaullienne, sourire de vainqueur, mains tendues vers son public et vers la principale force de gauche… une larme nous échapperait presque… de rire… Il geint, gigote, gesticule, nous ressert sa posture présidentielle, son ton rassembleur, Papa parle, on écoute les enfants.
Les enfants ne sont pas dupes…
Bayrou lors de son show estival a admis ne pas connaitre David Guetta. Certain en ont profité pour le railler. Ah bon ? Il est plutôt chanceux le François ! Que ses grandes esgourdes n’aient pas croisé la purée musicale de cet industriel de la musique électro de supermarché, vendue comme branchée pour les zombies d’une sous jet set en mal de reconnaissance ou pour le populo stressé sous les sunlights robotiques, est une chose qu’on ne peut lui reprocher ! L’innocence de Bayrou n’empêche pas les boites de nuit de diffuser à coup d’enceintes saturées, les notes indigestes, les paillettes et le toc, de David « Ghetto ».
A ce propos.
La rentrée scolaire ne sera pas la seule à être chamboulée par la grippe A. Les boites de nuit vont devoir organiser leur propre lutte contre la grippe du cochon, pour éviter la profusion de ce virus lors des soirées mousse, tee-shirt mouillés, gogos danseuses, strings et capotes à gagner… Les jeux et les cadeaux des boites de nuit sont toujours d’une classe folle… La première mesure est de supprimer les pailles pour siroter sa vodka-orange, pour éviter l’échange de salive…
Bien sur…
Pour éviter la diffusion de la grippe A, il va falloir faire mieux…
Les pailles ne sont qu’une maigre cible. Il va falloir danser avec un masque, rouler une pelle avec un masque, draguer une pouf avec un masque, chauffer un beauf tee-shirt moulant, grosses chaines avec un masque, vomir sur le parking « en relevant » le masque sous peine de mauvaise surprise. Le DJ avec un masque, ça c’est la bonne idée…
En parlant de masque… un homme a bien fait de ne pas en porter. Il a joué sur son physique, disons peu facile, pour se forger une carrière basée sur un humour potache et sur ses traits hideux.
Sim a disparu.
Officiellement.
Sale temps pour la planète du spectacle. Mickael Jackson et maintenant Sim, trublion d’après guerre… Chacun ses vedettes… En hommage les fans de Sim se réuniront dans la France entière, y compris au Trocadéro pour singer leur maître, tous avec des têtes plus affreuses les unes que les autres…
Le monde est mal fait.
Imaginez les hommages conjugués des deux « artistes » et la planète s’offrait le clip de « Thriller » en mondiovision !
Ouf ! J’ai bien failli ne jamais réussir à écrire à temps ce doux billet ! (je publie en général le mercredi)
La faute à qui ? Oui il faut toujours un fautif, une victime, une cible…
Réponse : le rire !
Oui le rire ! Provoqué par une comique qui s’ignore de surcroit !
Rhabillez-vous les Muriel Robin, Florence Foresti, Anne Roumanoff, Arlette Chabot, qui sais-je encore ! Vous n’arrivez pas à sa cheville ! Que dis-je ? ! Vous ne parvenez que péniblement à sa choucroute grise, permanente impeccable de mémère endimanchée ! Vous l’avez deviné, j’évoque par ces quelques mots notre Ministre de l’économie et du flouze, le trublion de la feuille d’impôt, j’ai nommé (c’est bien la première fois que je nomme un ministre… je suis ému), j’ai nommé donc : Christine Lagarde !
Elle vient de nous offrir un extrait de son prochain spectacle, non sans plaisir à voir sa gouaille se promener sur les écrans de la petite lucarne, avec ce petit sourire en coin, la malice aux bouts des commissures... Ravie d’une fumisterie dont elle a le secret !
Explication.
Devant la fuite de nos cerveaux, pardon de nos capitaux, vers les contrées montagneuses de la Suisse et ses secrets bancaires, et les fraudes fiscales en découlant fort logiquement, la Ministre a prévenu ! La liste des 3000 salopards s’adonnant à l’évasion scélérate dans la main ! Elle a averti que l’Etat prendra des sanctions si … attention suspens… si les mêmes 3000 salopards se dénoncent « eux-mêmes », la queue entre les jambes, le chéquier honteux, la carte bancaire en berne, aux services de Bercy ! EUX-MEMES ! Ben voyons…
Un peu comme si pour lutter contre le trafic de drogue, on demandait aux trafiquants de se dénoncer aux douanes… "Bonjour Messieurs, papiers du véhicule..."
Prendre le populo pour un con c’est un métier, il ne faut pas avoir le trac…
Le quotidien reprend ses droits, les vacances sont finies, la ritournelle « les cahiers au feu, la maîtresse au milieu » est rangée au placard des actions saisonnières.
Luc Chatel, le remplaçant de Darcos, a promis de continuer les réformes de son prédécesseur, parti s’amuser au ministère, je cite, « du Travail, des Relations sociales, de la Solidarité, de la Famille et de la Ville ». Rien que ça… Ils auraient pu ajouter et « des Jeux d’échecs, et du panier de la Ménagère », mais ça manquait de place sur le prospectus de présentation...
Donc Luc, oui appelons-le par son petit nom propre, a fait comme tous ces ancêtres à son poste, il a sifflé les caméras, il a mis son plus beau costume « classe sociale moyenne », il a pris sa voiture de fonction (faut pas déconner non plus), et il est allé faire le comptable, comme un bon père de famille, dans les allées « fournitures scolaires » des supermarchés qui veulent que notre bien, pardon notre blé, pour nous annoncer avec un sourire imbécile, que le cartable du bambin coûterait cette année encore moins cher que le cartable du chiard de l’année dernière.
Ouf ! Tout le monde s’est satisfait de la nouvelle, les parents ont respiré un grand coup ! Il n’aurait plus manqué que leur rejeton leur fasse les poches pour s’acheter un agenda.
Petit con !
C’est donc la crise partout, morose, pesante, grise, opaque, mais pas dans le monde merveilleux des rayons estampillés « passe ton bac d’abord on verra après ». La population expire d’un grand soulagement, ses yeux s’adoucissent, esquissent une larme attendrie vers les futurs profs qui, avec leurs beaux discours sur les bienfaits de l’école, leur feront, eux, les poches, mais dans une moindre mesure, grâce au gars frisé et sa bouille des jours heureux du 110 rue de Grenelle : notre bon Luc. (Après cette phrase reprendre sa respiration)
Mais qu’est ce que l’on m’apprend ? ! La visite au supermarché du coin n’était qu’un leurre ? Notre bon Luc se serait fourvoyé en s’entourant de fausses mamans faisant leurs emplettes ? Elles ne seraient que des militantes UMP, déguisées en greluches, travesties en ménagères en quête de colle Uhu ? … Je n’ose y croire, pas Luc, pas lui et son gracieux visage frisoté, frêle caniche au regard si débonnaire… si ?Bon tant pis…
Tout cela n’empêche, que j’attends avec impatience le jour où on demandera au Ministre de la Défense de pratiquer la même cérémonie… et le voir devoir justifier et s’embourber dans les comptes faramineux de son sinistre portefeuille de la guerre en attente.
Le ministre nous expliquera à combien nous revient l’entretien de toutes les machines absurdes dont se garnit le joli parc à tuerie de la France, pays des droits de l’Homme, excusez du peu… à combien s’élève de faire flotter la carcasse dépassée de notre porte avion patriotique jusqu’aux bouts de hélices, le Charles de Gaulle… à combien nous revient l’entretien de toutes ces casernes qui foutent le feu à la garrigue marseillaise…
Bref toutes ces joyeusetés marquées « la guerre sont nos emplois »…
J’imagine notre Michèle Alliot-Marie en treillis, expliquer devant les caméras de télévision, que l’armée pour notre portefeuille et celui de tous les écoliers, collégiens, étudiants, représente une somme astronomique…Juste ce parallèle pour m’interroger sur le besoin constant de l’éducation d’aller se justifier devant le jugement populaire… qui visiblement ne se questionne et ne remet jamais en cause des ministères à l’existence plus que critiquable…
Ouf ! Ils ne se sont pas meuglés dessus ! Ils ont réussi à être dans un même endroit, dans une même salle, assis presque les uns à côté des autres, sans se tirer les cheveux, sans se lancer des objets, sans s’hurler dans les oreilles, sans coups de poignards, sans se tirer la langue par-dessus le pupitre… Non je ne parle pas d’une quelconque prérentrée d’une quelconque classe de maternelle. J’expose l’université d’été du Parti Socialiste à la Rochelle, qui pauvre ville, en plus de se farcir les touristes à bermudas, en quête de souvenirs pour les cousins, doit s’enfiler la grande messe des éléphants roses.
Une pensée compatissante pour cette ville…
Les socialistes ont réussi à se pas se livrer à une bataille de chiffonniers. Les médias, l’opposition ne se sont contentés que d’observer, presque soulagés de ne pas à avoir à commenter une énième caricature de parti. Pas de petites phrases assassines envers les planteurs de roses, même Frédéric Lefebvre est resté dans un étonnant mutisme. Pour dire ! D’ailleurs il y a un bout de temps qu’il n’a pas ouvert son clapet, pour nous gratifier d’une énormité dont il se fait le chantre…
Bref la Rochelle n’a débouché sur rien. Il arrive fréquemment ces dernières années, que les éléphants accouchent d’une souris… et cette bringue de plus n’a rien donné de très excitant, et loin de pouvoir lever les foules ou dumoins reconquérir des électeurs au bord de la saturation.
Ouf ! Un homme est heureux.
Stallone.
Oui, le poète.
2BBOB apprend dans une immense émotion, que ce chanceux ménestrel vient de réussir à convaincre les studios hollywoodiens de produire le nouveau volet de Rambo. Ilva nous emmener à nouveau, nous humains aux besoins de rêves, il va nous dépayser, nous faire voyager, nous évader, nous emporter dans un monde de lutte, de guerre, de pouvoir, de manipulation, de sueurs, de massacre dans les écoles, de menaces contre les méchants escrocs de l’impôt, de guerre des gangs à la fleur épinée…