dimanche 31 janvier 2010

Un monde et beaucoup d'espoirs...


Le débat de notre petit PDR lui a permis de rencontrer des vrais français, des français de la France qui se lève tôt, des certifiés conformes, pas des méchants français à casquette à l’envers de Nadine Morano, pas des auvergnats chers à Hortefeux, pas des bénévoles de Calais et leurs afghans miséreux, non des gentils, des visages rassurants, des qui débordent pas, des dans le sens du poil, pas des licenciés Continental, ni de Gandrange, ni des rescapés de France Telecom… Non ! Non tout ça, c’est des faux humains, c’est des méchants, des susceptibles, des jamais contents… Tout était donc vrai, juré craché, si je mens je dois écouter le dernier spectacle de Régis et Laspalès... Des vraies tables, des vraies chaises, des vraies questions-réponses hachées, calculées, scènarisées, posées avec des sourires ravis de l’audience royale accordée, un vrai studio de télévision avec des vraies émotions contrôlées, des vrais gens du vrai journal de 13h de TF1 parmi lesquels pour se marrer, les directeurs du casting avaient fourgué un branleur en perfecto de la CGT et des gens de couleurs pour la diversité « choisie », des vrais caméras, des vrais vouvoiements et tutoiements… Bref comme on disait jadis sur la Une, « la vérité était au bout du couloir », à côté d’une régie de la Bouygues compagnie. Seule ombre au tableau le faux journaliste… Jean-Pierre Pernault.

L’authenticité a ses limites.

Il ne s’agissait pas de contredire notre papa à tous, notre « petit » papa à tous, ses yeux d’enfants, ses mimiques désabusées et rodées face à la détresse de ces concitoyens, ses comédies inégalables devant la faiblesse et la survie, ses tics nerveux de complaisances dignes des comédies de boulevard, ses bavardages familiers appris par cœur « style Roger au bout du comptoir du Balto ». Il avait réponse à tout, il se félicitait de tout, il était la providence, ses ministres ne pouvaient faire mieux, sa politique était la justice même, Pernault l’embrassait du regard, son regard franchouillard de la bonne bouffe. Les problèmes n’en étaient pas vraiment, il fallait attendre, ses décisions et son aura feraient le reste. Il prodiguait la bonne parole, il était sorti voir les gueux sous cocaïne, sous le strass et les paillettes de TF1 qui sans le dire préparait ses téléspectateurs à sa nouvelle version de « La Ferme Célébrités »…


De Villepin a été relaxé le jour de l’anniversaire de notre petit PDR, le hasard du calendrier réserve d’agréables surprises. Le sort de l’ex-tête pensante de Chirac m’importe peu et après tout s’il est innocent, que la justice fasse son travail, mais je suis ravi de la décision de cette non culpabilité. Pour une simple et bonne raison : quelle joie à la connaissance du verdict d’imaginer notre petit PDR s’étouffer de vexation ! Lui qui exorcisé et sous l’emprise des jambes et les révérences de Laurence Ferrari avait condamné avant l’heure les prévenus en les dénonçant coupables, le pouce vers le bas… Il a dû piquer une sacrée colère, taper des pieds et pleurer dans les jupes de sa chanteuse aphone… Il s’est vite repris puisque le parquet a pris la direction grossière de faire appel de cette relaxe… Le procureur étant sous l’autorité directe du Ministre de la Justice, lui-même étant sous le doigt vengeur de notre petit PDR… La ficelle est énorme me dirait vous. Je vous répondrai qu’elle est monstrueuse… Notre petit PDR ne supporte pas la contrariété et je ne serai pas surpris qu’il demande à TF1 de concocter une émission, avec un jury populaire issu des téléspectateurs de « Sans Aucun Doute », pour statuer sur le cas de son plus fidèle ennemi, le tout présenté par Claire Chazal (son genoux dévoilé) assise sur une table…


L’hiver est rude. Très rude. Les bagnoles ont été davantage plaintes que les SDF. La neige et le grand froid se sont installés avec insistance sur toute une partie de l'Europe. Il était temps d’apporter des moyens pour que l’Homme retrouve de la dignité face aux intempéries glaciales. Le monde s’est mobilisé. Des idées remarquables ont alors immergées. Une solidarité sans nom a alors prouvé que l’humanité n’était pas ce tas grouillant d’insectes égoïstes. C’est dans cet esprit révolutionnaire s’inscrivant dans cette âpre lutte, que des Hôtels de luxe ont proposé à leurs pauvres clients fortunés, très sensibles, très frileux : des bouillottes humaines. En effet, dans un souci constant de respecter cette maxime esclavagiste et asservissante « le client est roi », une expression de plus dans le panthéon de la connerie à graver dans le marbre, les tenanciers de ces bordels à planches à billets ont embauché des personnes pour se coucher dans les lits de leurs juteux chalands, avant que ceux-ci ne daignent vautrer leurs pyjamas de soies précieuses sur les draps tièdis par un personnel dévoué et vassal. Il convient de verser une larme devant cette générosité qui laisse présager d’un monde de demain meilleur.


Notre monde civilisé nous octroie aussi de belles initiatives. L’I phone objet d’une véritable admiration et sujet de toutes les convoitises plonge dans les abîmes passéistes au goût marqué pour le fascisme. L’application Mussolini sur i phone est née. Et elle remporte les suffrages… C’est l’application la plus chargée… Dommage que le défaut qui faisait explosé le téléphone hi tec ne peut pas être téléchargeable et programmable lui aussi pour faire sauter l’appareil de tous les nostalgiques du dictateur… Un petit génie a la solution ?


Licencié pour une tranche de fromage ! Oui ça existe ! Une employée de Mc Do pour faire plaisir à une amie a décidé de lui rajouter une lamelle de frometon dans son hamburger. Un de ses supérieurs, surement le plus sympathique des sous-chefs, lui en a beaucoup voulu, il y a vu la fin des bénéfices pour son patron et sa tronche de clown hideux. Alors ni une ni deux, il l’a mise dehors. Voilà une belle initiative… En même temps pour lui faire plaisir, à sa copine, l’employée déchue aurait dû surtout lui conseiller de becter ailleurs…

mercredi 13 janvier 2010

2010 une nouvelle année...?


Cette année 2010 allait être différente. C’était certain ! Les verres de champagne résonnaient en un léger son cristallin ! Les sourires explosaient ! Les espoirs naissaient ! Les motivations novices nous parcouraient ! Un nouvel élan nous empoignait ! Des considérations inédites voyaient le jour ! Des résolutions originales pleuvaient ! Feux d’artifices dans la nuit étoilée ! Cris de joies ! Le monde allait voir à quel point il prendrait un autre virage ! Tous sur la ligne de départ ! 1,2, 3, partez ! ! !

Mercredi 13 janvier...

La jungle de Calais (prononcez la « jeune gueule » de Calais pour être dans le coup) revient sur le devant de la scène. Comme prévu... Comme prévu, au moment même du démantèlement « médiatique » des bidonvilles de réfugiés pour faire plaisir aux électeurs en manque de Le Pen, les immigrants ont patienté le départ des caméras, sont revenus et ont réinstallé des camps de fortune en attendant un hypothétique départ pour l’Angleterre.
Bien entendu Besson le félon réaffirme avec aplomb que « le problème est résolu ».
En effet, la jungle de Calais n’existe plus, c’est une certitude, les bulldozers et les compagnies de CRS ont bien fait le boulot. Mais voilà, comme pronostiqué, ça n’a fait que déplacer le problème. Les demandeurs d’asile ou juste en quête d’une existence meilleure se sont simplement installés plus loin. Ils préfèrent faire les nomades et éviter de se retrouver coincés entre les bombes et les menaces des cowboys coalisés et les religieux fanatiques. Les exilés ont tout simplement « décalé » leurs baraques de misères et leurs espoirs. Besson nie l’importance de ces favelas ch'tis et le désarroi grandissant des associations soucieuses de nourrir et soigner les clandestins.
Dans une interview, il vitupère les organisations d’aides en les accusant d’avoir caricaturé son action de déblayage en septembre 2009.
Il est vexé le garnement, il n’aime pas la critique l’humaniste de l’immigration.
Alors il se moque, il se fout clairement de leurs déboires et leurs découragements face à une situation alarmante. Il évoque sans honte les « 150 lits pour les mineurs et 200 lits pour les adultes » mis à disposition par ses services pour les personnes évacuées par son opération de communication.
Mais le maître d’hôtel a de sérieuses lacunes en maths. Il les collectionne décidément : traitre, tête à claques, mauvais en calculs… Puisque dans le même entretien, deux paragraphes plus haut, il évoque la défunte « jeune gueule » comme « un campement insalubre où se sont entassés jusqu’à 1500 clandestins… » Euh… Attends… 1500 personnes dans 350 lits, ça fait combien par matelas ? Pour se la raconter et philosopher aux extrémités de l’identité nationale, il est là le félon, mais pour ce qui est de calculer les moyens hôteliers que doit mettre à disposition son ministère de la honte, il n’y a plus grand monde…
C'était une "nouvelle" année sous le ciel de pluies acides de Besson...

En 2010, la guerre ça tue encore. Les politiques prennent leurs tristes têtes de généraux de la Première Guerre Mondiale de retour des tranchées et sortent leurs médailles grigris qu’ils distribuent à titre posthume.
Généreuse attention...
La nouvelle année s’annonce impropre à un quelconque changement. Des militaires français ont été de nouveaux touchés par les barbus déjantés des montagnes afghanes. Les familles vont peut-être de nouveau décider de porter plainte contre l’armée pour mise en danger des troupes. (Quel juge osera une jurisprudence contre les ordres militaires ?…)
Elles auraient mieux fait de coller aux tribunaux leurs enfants voulant s’engager ou mettre l’armée devant la justice pour racolage abject à la sortie des écoles, sur les places des villes, dans les salons d’orientation, dans de jolies publicités customisées jeux vidéos avec dégaines de supers-héros, véritable campagne de promotion pour la mort décorée, entre les réclames pour une assurance et la Playstation.
C’était une "nouvelle année" sous le ciel des bérets au garde à vous.

En 2010, France Telecom n’est toujours pas encline au vert de l’espoir, mais s’abonne toujours au noir suicide. Les oranges continuent d’être gentiment et correctement pressées. Un salarié vient de célébrer les prochains 365 jours en mettant fin au siens.
Les chefs tatillons ont encore des postes clés et ce malgré les mesures décidées par les plus hautes instances. Ils ont eu une pause forcée par l’hécatombe trop voyante. Mais ils sont repartis de plus belle. La trêve des confiseurs a été prolifique et généreuse ! Aux pieds de leurs sapins de belles panoplies de techniques de harcèlement ! Ils ont sauté de bonheur devant l’horreur promise, les restructurations et les obligations de résultats inatteignables leurs souhaitaient les meilleurs vœux. L’euphorie les gagnait. Ils ont même fait des paris.
C’était une "nouvelle" année sous le ciel encombré des poteaux-potences téléphoniques.

En 2010, les abrutis gavés au carburant Total et au désir de faire vroum-vroum chez les pauvres ont encore à disposition leur jouet favori : le Paris Dakar. Mis un coup de pied au cul hors d’Afrique qui ne supportait plus l’arrogance de leurs marques de pneus sur la tronche de ses enfants sous alimentés, les gros dégueulasses ont donc décidé d’aller faire leur course de beaufs sur les pistes sud américaines.
Ils nomment encore leur rallye de demeurés le Paris-Dakar...
Eclater les mioches africains ça ils savent faire mais la géographie ça devient plus délicat. Et puis c’est un moyen mémo technique pour la plupart de ces cons conquérants pour se rappeler de leur loisir débile. Il parait même que certains croient toujours concourir sur le continent africain. Les gentils organisateurs les occupent comme ils peuvent dans l’avion en leur racontant des histoires terrifiantes de cannibales avec des os dans le nez...
C’était une "nouvelle année" sous le ciel pollué des hommes de Cro-Magnon à volant.

2010 aurait été une "nouvelle" année si on avait envoyé nos troupes armées arrêter le Paris Dakar et filer les bagnoles aux réfugiés de Calais qui au passage auraient écrasé les pompes de Besson et des tyrans de France Telecom avant de s’embarquer pour le pays de Shakespeare.

mercredi 6 janvier 2010

Bonne année,


Les festivités sont finies.

Pendant ces dernières, j’ai couru aussi vite que toute la meute dressée à la bûche pâtissière.
J’ai galopé aussi bien que la troupe en rang pour jouer au Père Noël, le VRP le plus célèbre, le plus efficace, le plus sournois.

En effet, à peine décembre entamé, il montre son bonnet rouge à pompon blanc, c’est le signal du marathon dantesque, de l’orgie fabuleuse, de la ripaille surabondante, de la frénésie d’achats ! Nos yeux pourtant bien fatigués n’attendaient visiblement que le signe amical du donneur de départ et sa dégaine de camelot.

Et j’ai tracé !

Pourtant averti par une minimum vigilance quant au plan de consommation les plus lourdauds, mon corps a suivi l’effet de masse et a rangé sa Raison dans sa poche. Comme chaque année, je me suis fait avoir par le gros barbu, son traineau et sa hotte. Comme chaque année, la manœuvre était pourtant outrancière, sauvage, violente, et pour peu que je relève la tête de mon sac d’emplettes, il m’aurait été facile d’être écœuré rapidement et détourner mon chemin. Pourtant, j’ai absorbé, j’ai ingurgité, je me suis vautré dans la « magie » de Noël, ses jouets made in China par milliers, les caissières explosées de fatigue devant leurs bécanes à additions, les cartes bleues enfilées, les caprices des enfants, les économies des parents, la joie parfois forcée, les parkings ras la gueule, les rues bondées de portefeuilles, la bouffe, les promos blafardes sous stroboscopes aveuglants, les guirlandes guimauves, les rayons surgelés, la crise n’existait plus…

Le Père Noël amis des centrales d’achats rendait d’un clin d’œil pervers le monde joli, tendre et innocent. Le Père Noël et ses margoulins (oubliez les lutins !) lançaient l’énorme industrie, le rouleau compresseur écrasant, redoutable, viril… Ils dégageaient cette longue ligne droite devant nos mirettes et on a foncé comme des affamés jusqu’au 25 décembre jour de naissance de l’autre gueux dans son étable de fond de désert et de l’apéro mondial à cheval sur les deux années, le 31. J’ai toisé les feux d’artifices, j’ai trinqué à la joie obligée et programmée, les résolutions à grosses louches, j’ai déambulé entre la canapé et le buffet, je me suis explosé à coups de roteuse, je me suis arraché la trachée et les intestins en verres de vodka pure agrémentée de pastilles de menthe, je me suis fini en digestifs acides et rampé jusqu’au lit dans un roulis de caravelle incontrôlable, avec la promesse d’un mal de cheveux et/ou la gerbe aux bords des commissures...

Je me suis alors souvenu entre mon matelas et le plafond mouvants, des vœux de notre petit PDR juché sur le dos d’un jeune UMP puni pour le « Lip Daube » le plus insultant depuis la création du concept.

Notre petit PDR avait déjà un peu forcé sur le Martini rouge et ce sans prendre garde à avaler un ou deux toasts pour faire passer. Sa vue se troublait, son prompteur emprunté à Mimie Mathy devenait flou. Il se laissait aller à prononcer des gros mots, il nous bavait en guise de fil conducteur la belle et généreuse idée de « solidarité ». A ce souvenir, je me retiens avec peine de mettre à l’air libre mon réveillon pourtant encore dans les prémices caverneuses de la digestion.

Je les vois à nouveau, notre petit PDR et son rictus du doigt tendu.

Je l’imagine entouré de sa fine et sinistre équipe de chorégraphes crétins : Dati et son ennui parlementaire ajouté à son parisianisme primaire et pullulant ; Lagarde et sa face de Droopy sous ecstasy boursière ; Hortefeux et ses fumisteries de fin de « méchoui » (vous apprécierez le choix du mot méchoui !) ; Besson le félon, ses charters vers la guerre, son débat sur les couilles franchouillardes ; Bachelot et ses lots infinis de vaccins H1N1…

BBBERUUUURGGGGGG… trop tard, j’ai dégobillé… la vision de trop : Bachelot nue des piqûres au cul…

Bonne année...