mercredi 6 janvier 2010

Bonne année,


Les festivités sont finies.

Pendant ces dernières, j’ai couru aussi vite que toute la meute dressée à la bûche pâtissière.
J’ai galopé aussi bien que la troupe en rang pour jouer au Père Noël, le VRP le plus célèbre, le plus efficace, le plus sournois.

En effet, à peine décembre entamé, il montre son bonnet rouge à pompon blanc, c’est le signal du marathon dantesque, de l’orgie fabuleuse, de la ripaille surabondante, de la frénésie d’achats ! Nos yeux pourtant bien fatigués n’attendaient visiblement que le signe amical du donneur de départ et sa dégaine de camelot.

Et j’ai tracé !

Pourtant averti par une minimum vigilance quant au plan de consommation les plus lourdauds, mon corps a suivi l’effet de masse et a rangé sa Raison dans sa poche. Comme chaque année, je me suis fait avoir par le gros barbu, son traineau et sa hotte. Comme chaque année, la manœuvre était pourtant outrancière, sauvage, violente, et pour peu que je relève la tête de mon sac d’emplettes, il m’aurait été facile d’être écœuré rapidement et détourner mon chemin. Pourtant, j’ai absorbé, j’ai ingurgité, je me suis vautré dans la « magie » de Noël, ses jouets made in China par milliers, les caissières explosées de fatigue devant leurs bécanes à additions, les cartes bleues enfilées, les caprices des enfants, les économies des parents, la joie parfois forcée, les parkings ras la gueule, les rues bondées de portefeuilles, la bouffe, les promos blafardes sous stroboscopes aveuglants, les guirlandes guimauves, les rayons surgelés, la crise n’existait plus…

Le Père Noël amis des centrales d’achats rendait d’un clin d’œil pervers le monde joli, tendre et innocent. Le Père Noël et ses margoulins (oubliez les lutins !) lançaient l’énorme industrie, le rouleau compresseur écrasant, redoutable, viril… Ils dégageaient cette longue ligne droite devant nos mirettes et on a foncé comme des affamés jusqu’au 25 décembre jour de naissance de l’autre gueux dans son étable de fond de désert et de l’apéro mondial à cheval sur les deux années, le 31. J’ai toisé les feux d’artifices, j’ai trinqué à la joie obligée et programmée, les résolutions à grosses louches, j’ai déambulé entre la canapé et le buffet, je me suis explosé à coups de roteuse, je me suis arraché la trachée et les intestins en verres de vodka pure agrémentée de pastilles de menthe, je me suis fini en digestifs acides et rampé jusqu’au lit dans un roulis de caravelle incontrôlable, avec la promesse d’un mal de cheveux et/ou la gerbe aux bords des commissures...

Je me suis alors souvenu entre mon matelas et le plafond mouvants, des vœux de notre petit PDR juché sur le dos d’un jeune UMP puni pour le « Lip Daube » le plus insultant depuis la création du concept.

Notre petit PDR avait déjà un peu forcé sur le Martini rouge et ce sans prendre garde à avaler un ou deux toasts pour faire passer. Sa vue se troublait, son prompteur emprunté à Mimie Mathy devenait flou. Il se laissait aller à prononcer des gros mots, il nous bavait en guise de fil conducteur la belle et généreuse idée de « solidarité ». A ce souvenir, je me retiens avec peine de mettre à l’air libre mon réveillon pourtant encore dans les prémices caverneuses de la digestion.

Je les vois à nouveau, notre petit PDR et son rictus du doigt tendu.

Je l’imagine entouré de sa fine et sinistre équipe de chorégraphes crétins : Dati et son ennui parlementaire ajouté à son parisianisme primaire et pullulant ; Lagarde et sa face de Droopy sous ecstasy boursière ; Hortefeux et ses fumisteries de fin de « méchoui » (vous apprécierez le choix du mot méchoui !) ; Besson le félon, ses charters vers la guerre, son débat sur les couilles franchouillardes ; Bachelot et ses lots infinis de vaccins H1N1…

BBBERUUUURGGGGGG… trop tard, j’ai dégobillé… la vision de trop : Bachelot nue des piqûres au cul…

Bonne année...

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