
Enfin l’affaire « Karachi » revient sur le devant de la scène. Elle avait disparu, elle s’était évaporée aussi vite qu’elle était apparue. Pourtant en ces balbutiements, elle sentait déjà le souffre, le scandale à grosses louches, le goût amer et indigeste de la tambouille-magouille politique dans ce qu’elle offre de plus glauque.
L’affaire Karachi ne s’arrêterait pas à l’attentat dégueulasse qui a frappé le bus des ouvriers de la DCN (direction des constructions navales). Ces derniers étaient en quête d’un peu d’exotisme et d’une prime au déplacement pour s’offrir un peu d’aisance. Mais un taré s’est jeté dans leurs roues, une ceinture d’explosifs en guise d’airbag. Il a réussi son coup le ravagé : onze victimes françaises sur le carreau.
Immédiatement, les autorités ont consciencieusement tourné et dirigé leur regard ébahi vers l’action terroriste en arguant que les scélérats attaquaient l’honneur de la mère patrie, la France avec un grand F, bâtiments publics en berne, les clairons au diapason. Le coupable et ses complices ne pouvaient être que des barbares à la solde de Ben Laden le fantôme des grottes afghanes. L’enquête était vite résolue, les yeux du monde occidental, y compris hexagonal, encore englués sous l’effondrement des tours jumelles de New York. Les criminels étaient vite trouvés, dénoncés, conchiés, il n’en pouvait être autrement.
Nos responsables ne s’en sont pas privés et ont appuyé sur la corde sensible de la nation outragée. Alors, tous, innocemment et habilement convaincus, nous avons fixé le bout de leur gros doigt accusateur, au bout duquel trônait un homme barbu, une bombe entre les dents, la haine et la folie dans les yeux. Les journaux ont relayé, trop heureux de s’adonner et plonger dans le mélodrame du pays éventré par le terrorisme aveugle et sanguinaire.
C’était notre 11 septembre à nous.
Cocorico.
On a couru. On a eu tord. On s’est essoufflé pour rien.
Car enfin, un journal a fait son boulot et a fouillé un peu plus près les poubelles scabreuses du drapeau tricolore porteur des droits de l’Homme et a mis en exergue des points très troublants. Toute cette horreur, dans ses raisons et ses motivations, va bien au-delà d’un car éclaté par un givré de kamikaze en attente d’un lot de soixante dix vierges. Elle serait d’une toute autre complexité, d’une toute autre importance, d’une toute autre influence, d’une toute autre crapulerie, une histoire classée sous le plus ignoble terme, celui sous lequel la République perd son âme et cache ses paradoxes les plus souvent assassins : le secret défense.
Les quinze victimes dont onze français seraient au centre d’un système mafieux, coincés entre des commissions et rétro-commissions illégales et le financement d’une campagne électorale, et pas des moindres, la présidentielle française, et pas du plus petit des candidats, puisqu’il s’agirait de Balladur accompagné dans son œuvre par son lèche-goitre en titre de l’époque : notre petit PDR, un certain N.S, un mètre vingt les bras levés, devenu entre temps Khalife à la place du Khalife… Les onze hommes dépêchés par la DCN de Cherbourg auraient donc perdu la vie pour la gloire hypothétique d’un Premier Ministre au faciès ingrat d’un Louis XIV boursouflé, en manque de voix et de fonds de caisse.
Par un mécanisme dont la brocante de guerre a le triste secret, une partie des commissions illicites allouées aux émissaires chargés de corrompre et d’obtenir le marché au Pakistan, serait venue alimenter les caisses du candidat Balladur. Une légère envie de gerber vous prend la gorge ? De surcroit, comment le roquet, le porte parole de campagne, le ministre du budget et porte parole du gouvernement d’Edouard bouche-pincée, peut affirmer ne pas être au courant de cette mélasse… ?
La question qui se pose dorénavant : « l’affaire, l’infamie « Karachi » va-t-elle partir sur la pointe des pieds ? Va-t-elle être archivée sans suite et garnir les scandales d’Etat étouffés et rangés en haut d’une armoire poussiéreuse ? Est-ce que le juge chargé du dossier va soudainement devenir muet, muté, rétrogradé agent de la circulation ou être la proie désignée d’une réforme de la justice destinée à l’éradication des juges d’instruction ? Ah merde c’est déjà en cours ça non… ?
L’affaire Karachi ne s’arrêterait pas à l’attentat dégueulasse qui a frappé le bus des ouvriers de la DCN (direction des constructions navales). Ces derniers étaient en quête d’un peu d’exotisme et d’une prime au déplacement pour s’offrir un peu d’aisance. Mais un taré s’est jeté dans leurs roues, une ceinture d’explosifs en guise d’airbag. Il a réussi son coup le ravagé : onze victimes françaises sur le carreau.
Immédiatement, les autorités ont consciencieusement tourné et dirigé leur regard ébahi vers l’action terroriste en arguant que les scélérats attaquaient l’honneur de la mère patrie, la France avec un grand F, bâtiments publics en berne, les clairons au diapason. Le coupable et ses complices ne pouvaient être que des barbares à la solde de Ben Laden le fantôme des grottes afghanes. L’enquête était vite résolue, les yeux du monde occidental, y compris hexagonal, encore englués sous l’effondrement des tours jumelles de New York. Les criminels étaient vite trouvés, dénoncés, conchiés, il n’en pouvait être autrement.
Nos responsables ne s’en sont pas privés et ont appuyé sur la corde sensible de la nation outragée. Alors, tous, innocemment et habilement convaincus, nous avons fixé le bout de leur gros doigt accusateur, au bout duquel trônait un homme barbu, une bombe entre les dents, la haine et la folie dans les yeux. Les journaux ont relayé, trop heureux de s’adonner et plonger dans le mélodrame du pays éventré par le terrorisme aveugle et sanguinaire.
C’était notre 11 septembre à nous.
Cocorico.
On a couru. On a eu tord. On s’est essoufflé pour rien.
Car enfin, un journal a fait son boulot et a fouillé un peu plus près les poubelles scabreuses du drapeau tricolore porteur des droits de l’Homme et a mis en exergue des points très troublants. Toute cette horreur, dans ses raisons et ses motivations, va bien au-delà d’un car éclaté par un givré de kamikaze en attente d’un lot de soixante dix vierges. Elle serait d’une toute autre complexité, d’une toute autre importance, d’une toute autre influence, d’une toute autre crapulerie, une histoire classée sous le plus ignoble terme, celui sous lequel la République perd son âme et cache ses paradoxes les plus souvent assassins : le secret défense.
Les quinze victimes dont onze français seraient au centre d’un système mafieux, coincés entre des commissions et rétro-commissions illégales et le financement d’une campagne électorale, et pas des moindres, la présidentielle française, et pas du plus petit des candidats, puisqu’il s’agirait de Balladur accompagné dans son œuvre par son lèche-goitre en titre de l’époque : notre petit PDR, un certain N.S, un mètre vingt les bras levés, devenu entre temps Khalife à la place du Khalife… Les onze hommes dépêchés par la DCN de Cherbourg auraient donc perdu la vie pour la gloire hypothétique d’un Premier Ministre au faciès ingrat d’un Louis XIV boursouflé, en manque de voix et de fonds de caisse.
Par un mécanisme dont la brocante de guerre a le triste secret, une partie des commissions illicites allouées aux émissaires chargés de corrompre et d’obtenir le marché au Pakistan, serait venue alimenter les caisses du candidat Balladur. Une légère envie de gerber vous prend la gorge ? De surcroit, comment le roquet, le porte parole de campagne, le ministre du budget et porte parole du gouvernement d’Edouard bouche-pincée, peut affirmer ne pas être au courant de cette mélasse… ?
La question qui se pose dorénavant : « l’affaire, l’infamie « Karachi » va-t-elle partir sur la pointe des pieds ? Va-t-elle être archivée sans suite et garnir les scandales d’Etat étouffés et rangés en haut d’une armoire poussiéreuse ? Est-ce que le juge chargé du dossier va soudainement devenir muet, muté, rétrogradé agent de la circulation ou être la proie désignée d’une réforme de la justice destinée à l’éradication des juges d’instruction ? Ah merde c’est déjà en cours ça non… ?

