mercredi 28 avril 2010

Le "Karachigate"...?


Enfin l’affaire « Karachi » revient sur le devant de la scène. Elle avait disparu, elle s’était évaporée aussi vite qu’elle était apparue. Pourtant en ces balbutiements, elle sentait déjà le souffre, le scandale à grosses louches, le goût amer et indigeste de la tambouille-magouille politique dans ce qu’elle offre de plus glauque.

L’affaire Karachi ne s’arrêterait pas à l’attentat dégueulasse qui a frappé le bus des ouvriers de la DCN (direction des constructions navales). Ces derniers étaient en quête d’un peu d’exotisme et d’une prime au déplacement pour s’offrir un peu d’aisance. Mais un taré s’est jeté dans leurs roues, une ceinture d’explosifs en guise d’airbag. Il a réussi son coup le ravagé : onze victimes françaises sur le carreau.

Immédiatement, les autorités ont consciencieusement tourné et dirigé leur regard ébahi vers l’action terroriste en arguant que les scélérats attaquaient l’honneur de la mère patrie, la France avec un grand F, bâtiments publics en berne, les clairons au diapason. Le coupable et ses complices ne pouvaient être que des barbares à la solde de Ben Laden le fantôme des grottes afghanes. L’enquête était vite résolue, les yeux du monde occidental, y compris hexagonal, encore englués sous l’effondrement des tours jumelles de New York. Les criminels étaient vite trouvés, dénoncés, conchiés, il n’en pouvait être autrement.

Nos responsables ne s’en sont pas privés et ont appuyé sur la corde sensible de la nation outragée. Alors, tous, innocemment et habilement convaincus, nous avons fixé le bout de leur gros doigt accusateur, au bout duquel trônait un homme barbu, une bombe entre les dents, la haine et la folie dans les yeux. Les journaux ont relayé, trop heureux de s’adonner et plonger dans le mélodrame du pays éventré par le terrorisme aveugle et sanguinaire.

C’était notre 11 septembre à nous.

Cocorico.

On a couru. On a eu tord. On s’est essoufflé pour rien.

Car enfin, un journal a fait son boulot et a fouillé un peu plus près les poubelles scabreuses du drapeau tricolore porteur des droits de l’Homme et a mis en exergue des points très troublants. Toute cette horreur, dans ses raisons et ses motivations, va bien au-delà d’un car éclaté par un givré de kamikaze en attente d’un lot de soixante dix vierges. Elle serait d’une toute autre complexité, d’une toute autre importance, d’une toute autre influence, d’une toute autre crapulerie, une histoire classée sous le plus ignoble terme, celui sous lequel la République perd son âme et cache ses paradoxes les plus souvent assassins : le secret défense.

Les quinze victimes dont onze français seraient au centre d’un système mafieux, coincés entre des commissions et rétro-commissions illégales et le financement d’une campagne électorale, et pas des moindres, la présidentielle française, et pas du plus petit des candidats, puisqu’il s’agirait de Balladur accompagné dans son œuvre par son lèche-goitre en titre de l’époque : notre petit PDR, un certain N.S, un mètre vingt les bras levés, devenu entre temps Khalife à la place du Khalife… Les onze hommes dépêchés par la DCN de Cherbourg auraient donc perdu la vie pour la gloire hypothétique d’un Premier Ministre au faciès ingrat d’un Louis XIV boursouflé, en manque de voix et de fonds de caisse.

Par un mécanisme dont la brocante de guerre a le triste secret, une partie des commissions illicites allouées aux émissaires chargés de corrompre et d’obtenir le marché au Pakistan, serait venue alimenter les caisses du candidat Balladur. Une légère envie de gerber vous prend la gorge ? De surcroit, comment le roquet, le porte parole de campagne, le ministre du budget et porte parole du gouvernement d’Edouard bouche-pincée, peut affirmer ne pas être au courant de cette mélasse… ?

La question qui se pose dorénavant : « l’affaire, l’infamie « Karachi » va-t-elle partir sur la pointe des pieds ? Va-t-elle être archivée sans suite et garnir les scandales d’Etat étouffés et rangés en haut d’une armoire poussiéreuse ? Est-ce que le juge chargé du dossier va soudainement devenir muet, muté, rétrogradé agent de la circulation ou être la proie désignée d’une réforme de la justice destinée à l’éradication des juges d’instruction ? Ah merde c’est déjà en cours ça non… ?

mardi 20 avril 2010

Billet de "rumeurs"...


La rumeur voudrait que le couple présidentiel ne soit qu’un alibi à un échangisme forcené… Quelle terrible histoire ! Une histoire de cul devient une affaire d’Etat ! Décidemment le quinquennat de notre petit PDR n’est que le synonyme de la désacralisation de la fonction suprême… Voilà au moins un point sur lequel il aura réussi. Les manœuvres politiques vont bientôt se résumer en des scènes de jalousie et des ouï-dire de boites à partouze où le GIGN sera envoyé pour récupérer un caleçon accusateur ou un préservatif usagé de semences de notables. La luxure trônera au sommet des programmes politiques. Bientôt les QG de campagne seront des maisons closes et Paris Match titrera « Sarkozy et son harem en tête devant DSK et ses conquêtes »… Ces histoires d’érections en motivent d’autres : ce n’est pas avec ces coucheries que l’abstention aux élections va dégonfler... Notre petit PDR a mis les racontars et ses soucis personnels sur le dos de la pauvre Rachida Dati. Encore un dommage collatéral de ce nauséabond débat sur l’identité national du félon Besson, c’est encore l’immigré qu’on dénonce du doigt et qu’on dévisage… Ah ce cher Besson qui a joué les pleureuses quand Guillon lui a concocté sa chronique… Ce même ministre crie à la méchanceté, à la critique déplacée, à l’acharnement, à l’irrespect, lui, ce bon Eric, celui qui renvoie un coup de pied au cul les sans papiers dans des pays en guerre, lui qui dresse des doigts d’honneur aux caméras, lui dont le corps est secoué de spasmes proche de la jouissance yeux au ciel au doux mot « trahison », lui qui a inventé le délit de solidarité, lui démolisseur à Calais pour les électeurs du Front National, lui le sauveur du clan le Pen et ses pensées négationnistes… La provocation où est-elle déjà ? Chez un humoriste dont le temps de parole avoisine les cinq minutes ou du côté d’un ministère dont le titre n’est qu’un amalgame dégueulasse, guidé de main de maître par un opportuniste dégoulinant de bassesse ? Besson n’est que le portefeuille ministériel, véritable trésor, implacable tribune pour le borgne et sa fille catcheuse, ne lui en déplaise…

La rumeur enfle, un seul cratère bloquerait le ballet aérien d’une partie du globe… Un nuage venu d’Islande, échappé d’une éruption volcanique, squatte les cieux européens et empêche les gros n’avions de faire leurs lignes de fumée au dessus de nos têtes… La masse médiatique a foncé dans le tas, comme à son habitude, avec grosses louches et messages grandiloquents de connerie. L’occident a toujours eu cette sale habitude de s’admirer le nombril… et de croire en son monde merveilleux. O grand malheur ! Le volcan est un gros méchant qui crache de la vilaine fumée ! Les premières victimes ? Non ce n’est pas vrai ? ! Pas eux ? ! Si ? ! ... Les touristes ! Les vacanciers en guinguette ! Les pauvres, eux et leurs appareils photos derniers modèles coincés au bord de la piscine… Le monde s’arrête de tourner, les allemands en short, les français à casquette, les anglais en bermuda et consorts ne peuvent plus rentrer dans leurs pays ? Ils sont obligés de rester dans ces contrées lointaines peuplées de sauvages ? Ils vont peut-être louper la finale de Koh Lanta ? ! Attention, le drame arrive, un drame en un seul mot, ils vont devoir, horreur parmi les horreurs de ce cloaque sans pitié : ATTENDRE.

Ça y est le terme est lâché, l’opprobre s’abat sur notre civilisation… Musique aux morts… Drapeaux en berne… Notre monde est si con, est devenu si con, que même un événement naturel devient motif à toutes les lamentations. Et de surcroît se mue en un empêcheur de produire en rond, de s’en mettre plein les fouilles, encore un peu plus, notre existence chiale, menée par cette quête éperdue de la croissance économique, proxénète de notre espèce perdue sur son radeau bleu… Notre fonctionnement robotique et forcené est si bien enclenché que les journaux brandissent la honte ultime : « Des millions de voyageurs obligés de « prolonger » leurs vacances »… Une annonce comme un scandale, les millions de sous-alimentés peuvent crever, les SDF cuire sous le soleil radieux du printemps, les queues des restos du cœur patienter dans leurs godasses, les licenciés par wagons fermer leurs gueules, l’homme qui gagne est en souffrance… L’inquiétude se porte à vous véritables malheureux, à vous les condoléances, à vous, tourisme, tours opérateurs, compagnies aériennes, complexes hôteliers, vous, tous liés par les mêmes angoisses ravageuses : le chiffre d’affaire en berne et l’action à la baisse. A vous, nos pensées émues et tristes...

Pendant ce temps là, le brouillard islandais couvre les dérives pédophiles des hommes catholiques en robe, les affaires se tassent. De plus, le pape s’excuse à tour de bras, il fait un prix d’ensemble : les dégueulasses tonsurés sur enfant de cœur, les enfants de cœur sous dégueulasses tonsurés, Dieu est amour merde ! La rumeur affirme que c’est le PDG du Vatican lui-même qui passe la pommade, tout le monde est rassuré…

Un célèbre adage dit « il n’y pas de fumée sans feu », mais la suite est souvent omise, «Qui tient l’allumette ? »