Après le terrible incendie qui a ravagé la garrigue aux portes de Marseille, grâce à l’intelligence tactique d’un légionnaire zélé et vexé de ne pas avoir défilé avec les copines le 14 juillet dernier, François Fion, pardon François Fillon Premier ministre aux sourcils de Pompidou, a promis des sanctions. Une manifestation a demandé naturellement de rendre la guerre et la production d’armes illégales… peine perdue… fin de non recevoir.
Dans un souci de précision, je me suis engagé à regarder des extraits de la production télévisée de cet été… un titre en sort : « Secret story » ou le néant fait monde…
Pas une semaine sans que les médias dans leur ensemble ne fassent l’écho de cette bouillie indigeste. Les unes des canards les plus tortueux se targuent et brandissent des photos « sexy » des candidates de ce jeu débile, mené de main de maître par le présentateur carnassier. Des « Bimbos » grossières, les lèvres comme des pneus, des seins en carton mâché, des regards de bovins en manque de reconnaissance, la gente féminine est fièrement représentée... Que font les Chiennes de garde ? ! La partie masculine ne vaut pas mieux, elle se résume en des « philosophes » d’opérettes bodybuildés, machistes, des dandys à la mèche rebelle, des fils à papa à gros comptes en banque, des androgynes tendance Mc Doom en guinguette, un beau panel d’ahuris, enfermés dans leurs besoins, leurs « gros besoins », de gloire…
Le plus drôle c’est l'hypocrisie des torchons qui feintent la surprise et se drapent dans une pseudo-indignation, de constater que cette énième émission de téléréalité, se vautre dans le mauvais goût comme un cycliste dans l’EPO… Comme s’ils ignoraient la chose, lafin et ses moyens…
Ils gloussent au contraire ! Ils se réjouissent de cette télé benne à ordures, cette bonne poire qui fait vendre leur papelard tout aussi puant ! Les panneaux publicitaires déjà d’une laideur crasse, affichent sans complexe les dégaines sulfureuses des marionnettes ridicules. Le pire, c’est que les lecteurs répondent présents et plongent leurs groins le premier dans les pages nauséabondes, gribouillis et encres sales, au service du placebo télévisuel estival.La chaîne TF1 peut être rassurée, sa mélasse a de beaux jours devant elle, les veaux regardent leurs congénères et s’en délectent. Les énergumènes errent dans leurs laboratoires. La seule question troublante à la vue de ce succès inexplicable par son intérêt en dessous de tout : qui est l’animal au centre de cette expérience pour vendre du temps de cerveau humain disponible ?
Le 14 juillet est bien loin… les militaires sont rentrés dans leurs bercails. Le quotidien a repris le dessus… Ils font à nouveau joujou avec des armes… Un adjudant-chef engagé dans une compagnie de légionnaire (Est-ce que compagnie correspond au titre exact ? Veuillez m’en excuser d’avance…),un adjudant chef donc, a voulu s’essayer à la balle traçante au milieu de la garrigue marseillaise. Les balles traçantes font partie des admirables inventions dont l’homme se vante aisément. Elles sont munies d’un dispositif pyrotechnique émettant une jolie lumière tout au long de sa trajectoire, c'est-à-dire jusqu'à sa cible, humaine dans le plus excitant des cas de figure. Elles permettent entre autres subtilités gaies et joyeuses, au tireur d’améliorer la visée. La mort au bout du feu d’artifice fatal.
La barbarie revêt toujours ce côté joueur et ce petit sourire en coin...
Bref, un grand dadais a cru bon, fort de son autorité, de se lancer dans un exercice au combien utile. Il a lancé ses troupes à l’assaut, dans un grand mouvement de bras vers l’avant, les traits noirs sur le visage… Il a eu la bonne idée, en plus de cette simulation à tuer, pour rigoler des belles lignes dans le paysage, de tirer à coups de cette fameuse balle « traçante »… et sa queue pyrotechnique inflammable à souhait, au milieu de la garrigue écrasée par un soleil de plomb et logiquement sensible à toute source de chaleur…
Bingo !
La flambée fut gigantesque, un barbecue gargantuesque ! 1300 hectares en fumée, rien que ça ! L’armée a montré son pouvoir de destruction massive. Un coup de feu : un incendie de 2 jours...
Le militaire adjudant-chef aurait tiré sans autorisation, sans dérogation préalable. Ce qui veut dire que l’armée aurait été couverte si elle avait eu l’avalde l’administration ?... Ce qui est réjouissant c’est de lire les motifs de la mise en examen du soldat à médailles, et par conséquent son employeur marchand de massacres : « destruction et dégradation involontaire du bien d’autrui »… Difficile de ne pas retenir un rictus de moquerie…
Le garçon adjudant-machin-chose est il faut le dire un chouette type, puisque l’Adefdromil (L’association des droits des militaires) (si si, ça existe…), avait en juillet 2007 et février 2009, envoyé à Hervé Morin Ministre des sous-marins au bruit de crevette, deux lettres mettant en cause l’incendiaire au sujet de violences sur subordonnés. L’armée est surnommée la grande muette, mais elle souffre de surdité passagère, puisqu’elle a, au contraire et dans le même temps, attribué des bonnes notes à son barbouze.
Je propose comme mission de réparation d’envoyer Capitaine Flamme, sauter sur les studios de Secret Story, et de libérer, non pas ses habitants, indécrottables pantins, héros flasques et vides de leurs vies de vers de terre, mais d’évacuer et décoller les pupilles des téléspectateurs prisonniers des manipulateurs-bétonneurs de Bouygues-TF1.
Une information (officielle) vient de tomber : le Pape Benoit XVI s’est fracturé le poignet droit… Les créateurs de sites pornographiques dans une lettre émouvante déclinent toute reponsabilité et espèrent ne pas être excommuniés...
Il fait chaud dans les rues de la capitale française. Le grand défilé a lieu, celui de la fête nationale. Ce jour est la célébration de la prise de la Bastille lors de ce fameux 14 juillet 1789. Je descends à la station de métro Palais du Louvre, ligne 7. Je me retrouve vite sur l’asphalte de la rue de Rivoli débarrassée de toute circulation.
Le périmètre de sécurité est édifiant. Un mal pour un bien : l’absence des quatre ou deux roues en train de brailler leurs mécaniques dans nos esgourdes innocentes.
Des gardiens de la paix se chargent de la bonne conduite des opérations. Les talkies walkies crachent leurs ordres et leurs consignes. Je traverse en largeur le jardin des Tuileries coupé pour l’occasion en deux, et interdit au public jusqu’à la place de la Concorde, où l’on aperçoit de dos la tribune officielle, aux saillantes couleurs tricolores. Je fais donc comme tous mes congénères, je longe les quais de Seine, pour me diriger vers la glorieuse cohorte ! Jene suis pas déçu, je me retrouve vite dans les joies et les affres de ce que je nommerai « Guerre-land ».
J’ai vu de loin la fameuse patrouille de France, faire ses traditionnels traits de pastels dans le ciel dégagé de Paris. Ces crayons de couleurs à plusieurs millions la pièce ne dessinent même pas droit. Un homme profère à son pote « t’imagines toutes ces heures d’entrainement, de travail pour aboutir à ça, tu te rends compte », avec un ton admiratif. C’est clair, tout ce temps pour gratifier la nation de trois malheureux traits aux teintes tricolores… le symbole, haute identité subliminale, commande ce genre d’exercice par le bout du nez… tout ce pognon jeté pour cette pauvre peinture de maternelle…
Un véritable parc d’attraction. Le défilé fait ses petits tours sur les Champs-Elysées pour passer devant notre petit PDR, tout excité de constater sa force defrappe. Il fait la liste de tous ses soldats de plomb et leurs grosses machines débiles. Moi je me trouve dans ce qu’on pourrait appeler les coulisses. En effet,les bords du fleuve sont les succursales du grand chambard. Les déjà passés aux pas cadencés devant les généraux et le chef des armées aux sourires aiguisés, se retrouvent ici, à l’ombre des arbres, près de leurs bus attitrés. Ils boivent un coup, ils se changent, s’apprêtent, se racontent « leur » parade…
On se croirait dans les loges du Lido.
Ils sont coquets, s’épongent le visage perlé de sueur, les yeux sévères, crânes et faces rasées, la tiédeur entoure leurs vêtements de spectacle, leurs épaules larges surplombent la chaussée, leurs smoking pour soirées carnages resplendissent, leurs hormones de conquérants imbibent le bêton environnant… oui nous sommes ici dans une véritable souricière à pétasses gloussantes. Les gros bras jouent parfaitement leur rôle, le prestige de l’uniforme vaut apparemment tous les élixirs aphrodisiaques… Les abords des cars-étalages sont devenus des stands à gonzesses en mal de mâles. Le défunt Bachelor d’M6 est une parodie à côté de cet immense bordel, cette partouze en apparat. Et les courtisanes, les poules, les vamps demandent une photo entourées de deux grands gigolos aux képis à froufrou, le petit oiseau va sortir… triste ballet à but reproductif…
Les soldats entre deux plans cul se distinguent par leurs portables accrochés à leurs oreilles. Ils racontent à la famille en larmes à l’autre bout du fil, et tellement fière la gourde, d’avoir vu leur rejeton marcher au pas, sur les pavés de l’autoproclamée « Plus belle avenue du monde »… C’est les mêmes qui vont nous chialer dans les godasses, quand leur fierté va connaître les joies de l’Afghanistan, et découvrir que la guerre ne se résume pas à un carnaval, et que la guerre ça tue…
Je croise tout et n’importe quoi.
Des militaires ont le sens des valeurs, ont la prédisposition pour les grands écarts. Le vestimentaire n’échappe pas à la règle. Combien de soldats portent aux mains des gants blancs… le blanc immaculé des cortèges cache des mimines appelées à connaître le rouge sang… de près ou de loin. Un moment de lucidité dans cette fournaise à mitrailleuse, un militaire croise un gamin insupportable, qui lui hurle sous le képi, qu’il veut devenir comme lui. Il lui répond sans s’arrêter « bosse à l’école plutôt… »
En attendant, une vedette de la Marine Nationale s’amuse à faire la course en plusieurs passages sur la Seine, entre les bateaux mouches en extase devant la vitesse virile.
Des militaires rincés de leur passage devant notre petit PDR, se plaignent de l’attitude hautaine de celui-ci. Horreur des horreurs, il ne les aurait pas salués lors de leur approche en mode guerrier. D’une, il en prend pour son grade le nain commandant suprême des chairs à canon, ce qui est réjouissant ; de deux, à force de leur offrir des courbettes en grandes pompes, les soldatesques se prennent pour l’élite… remarque, il faudrait déjà qu’ily en ait une…
La chaussée est devenue une revue générale du prêt à porter trouffion. Des pompons de majorettes, des chapeaux Napoléon, des médailles joyeuses, des parures pimpantes, des plumes de cabaret… au moins le ridicule ne tue pas, lui…
Le spectacle en dit long sur l’état de notre humanité. D’un navrant à se taper la tête sur le bitume.
Des tanks et leurs canons agressifs, des camions transporteurs de la mort à grande échelle, des jeeps surmontées de mitrailleuses, des véhicules plus laids les uns que les autres, tous équipés de l’artillerie réglementaire, des hélicoptères la gueule bardée de promesses à massacres… et toujours autant de gamins juchés sur les épaules de leurs géniteurs, véritables VRP de la tuerie comme orientation professionnelle…et vous savez quoi… la foule, la connasse, applaudit généreusement et claironne sa joie… On devine la joie de Jean-Claude Narcy, déjà vieux journaliste sous Pompidou, devant cette France gaillarde ! L’aberration, la stupidité, le sophisme le plus crasse, emplissent les devants de l’Assemblée Nationale. Les gens acclament, bénissent, félicitent la destruction, le chaos, l’abîme…
Le défilé se termine enfin. La République parque ses barbouzes dans ses rangées de bus en rang. Leurs instants de liberté, de gloire, de drague, sont passés, on les ramène dans leurs réserves naturelles, dénommées garnisons. Derrière leurs vitres, ils ont le regard perdu, fatigué, peu habitué à fréquenter la société civile de si près.
L’Empereur républicain va rentrer en sa demeure dorée, heureux de cette exhibition à sa gouaille.
Un enfant, visiblement lassé des arrêts de son père, qui regarde les derniers parachutistes, les atterrissages, les uniformes kakis par milliers, Paris en guerre, s’interroge« ça sert à quoi tout ça ?! » Je te le fais pas dire gamin…
Les voitures officielles se précipitent très vite vers la tribune des grands décideurs ankylosés par la représentation. Les flics sifflent à tout va pour dégager les rues des manants.Guerre-land ferme ses portes.
C'est l'été. Tout le monde est un peu en vacances ou souhaiterait l'être.
L'information s'en trouve encore plus difforme.
Je ne sais pas vous, mais moi mes esgourdes n'en peuvent plus d'entendre "le roi de la pop" par-ici, "le roi de la pop" par-là... Est ce qu'on va finir par y croire ? ! Indigestion sévère de tous ces reportages gluants, ces hommages sucrés, cette canonisation sans fin du King du bistouri. L'actualité est toujours surplombée d'un sujet entonnoir, destiné à nous aspirer le cortex. La disparition de Bambi, biche aux quelques écarts pédophiles soigneusement évités, est ce coup-ci le prétexte à nous plonger le groin dans une peine mondiale. On veut nous traîner, nous chopper le nez et nous obliger à patauger dans le chagrin de tous les fans aux pas de Moonwalk. On nous ressasse les mêmes recettes à tous les journaux télévisés, les couvertures de magazines fleurissent et se lancent avec délices, dans la grande saga de l'été. Les médias se ruent toujours sur la mort croisée au monde du spectacle. Elle est plus rentable que triste. Souvenez-vous il n'y pas si longtemps, du drame Cantat-Trintignant, qui avait fait les choux gras de la presse crasse et avide des trémolos-dramaturgies sous projecteurs...
Le Tour de France fait quelques apparitions au milieu de ce gavage obscène aux obsèques. Le Tour de France continue sa marche inexorable vers le ridicule. Tous les dopés sont là, la seringue plantée dans le guidon. Même leur chef de file s'affiche dans le peloton, en la personne d'Armstrong. Il a déclaré en remontant sur son vélocipède moderne, "un petit pas pour le vélo, un grand pas pour les revendeurs d'EPO". Un de ses coéquipiers, pardon un de ses complices, la cocaïne sous les narines, (un pote à Gasquet le tennisman), lui a demandé de parler moins fort... Le roi du calembour sur selle lui a répondu qu'il s'en fichait. Qu'on l'entende n'était pas le problème, puisque les gens veulent du rêve et se contenteront de le voir. La caravane publicitaire a alors klaxonné sa joie devant la déclaration, eux les porteurs de rêve, j'ai nommé Carrefour-Market, PMU, Cochonou...
Dans ce flot, ce brouillard artificiel, une bonne nouvelle quand même ! Si si ! Elle est passée quasi inaperçue, mais en tendant bien les oreilles et en débroussaillant un peu... Le Front National n'est pas passé sur la sympathique ville de Hénin-Beaumont, dans le département du Pas-de-Calais ! En effet, des élections anticipées y étaient organisées, suite à la mise en examen du maire socialiste sortant, plus occupé à ses fonds de poche qu'à ses fonds de mines... Le 1er tour avait placé le FN et Marine le Pen, parachutée on ne sait comment dans ce patelin, largement en tête des votes. Un front républicain s'est alors organisé et érigé pour faire face à la sale môme du borgne gâteux. Le second tour fut victorieux. Les Ch'leux, pardon les Ch'tis, ont l'honneur sauf ! Ils ont enfin pu nous présenter une autre trogne que celle du célèbre film, dont on nous a ravagé les neurones à coup de "biloute" par ici, "biloute" par là. Heureusement que le succès du film n'est pas arrivé en même temps que le trépas du monarque au visage taillé au burin ! Un journal aurait titré un beau matin "Mickael Jackson : biloute ?" Vous imaginez le reportage sur "Mickael Jakson : une petite bite ?" On était au moins tranquille toute la période estivale avec ce sujet et ses ramifications : sexe, pédophilie, descendance...
L'Iran, la Chine et leurs révoltes respectives n'auraient même pas eu le droit à une brève, tout juste rumeur de salon. Faut pas déconner, merde, les français et tous leurs cousins occidentaux ont besoin de soleil, de tongs, de tranquillité, alors on les occupe en vacances, en diffusant Mickael Jackson et ses funérailles estampillées mondiales, mais aussi le Tour de France... Ah j'allais oublier les reportages sur les résultats du bac, avec un plan serré sur le plus vieux candidat, le plus jeune, le plus doué... le monde tourne en rond et sur la tête...
Attendez ! Une nouvelle de dernière minute ! Rocard et Juppé ont été nommé par notre petit PDR, pour étudier l'idée de son grand emprunt national... Deux vieillards pour s'occuper des dettes d'après-demain... Difforme l'info je vous dis, difforme...
Le discours en grandes pompes, bien trop grandes pour notre souverain de poche, n’aura servi qu’à glorifier le nain sauveur de notre patrie en péril. Le congrès de Versailles a bien eu lieu, pour le triomphe narquois de notre petit PDR. Un beau spectacle, les gestes et les moues millimétrés, les têtes baissées, les soldats avec leurs accoutrements ridicules postés tous les trois mètres, au garde à vous réglementaire, pour saluer l’arrivée solennelle et pompeuse, du petit PDR, fier comme un roquet, se dirigeant la France dans le caleçon, vers son piédestal. Ces fastes pour un long monologue, aussi superflu que coûteux, une prééminence, une acclamation à sa gouaille personnelle, teintée d’un sourire narquois, ces festivités à mi-chemin du royalisme, furent l’apologie d’une vie faite de coups bas, pour s’asseoir dans le plus haut étage du pouvoir. Il a laissé échapper son rictus dominateur, sa jouissance secouée de spasmes. La forme de l’intervention fut remarquablement travaillée, approfondie, ciselée, pensée pour assurer à notre petit PDR, une réponse à sa quête éternelle de reconnaissance, qu’elle soit historique, politique, rubrique people et string, …
Les amis de Bambi pleurent. Non pas la biche, mais l’homme surnommé le roi de la pop. Une icône est née. La folie des médias a fait de Mickael Jackson une icône. Oui et pas seulement pour ses fans assidus et quelque peu terrifiants… Mickael Jackson est devenu, malgré lui, une idole dans le pays qui, peut-être après la Corée du Nord, pratique l’anti-américanisme avec le plus d’ardeur, j’ai nommé l’Iran. En effet, l’Iran était il n’y a pas si longtemps, souvenez-vous, il y a peine quelques jours, sous les projecteurs mondiaux, puisqu’une contestation massive des élections mettait le pouvoir extrémiste en danger. Ahmadinejad, ironie du sort, voit les médias déserter l’Iran et sa conception toute particulière de la démocratie, pour se ruer sur la disparition d’un des symboles de la légendaire « réussite à l’américaine »… La répression des manifestations peut depuis se faire dans le calme et la joie de vivre. Il parait même que les policiers iraniens attaquent en rang, dans un pas de Moonwalk cadencé …
En attendant, en France après la séquence de masturbation au doux nom de Congrès, notre petit PDR s’est amusé, s’est déridé en un jeu de chaises musicales, en remaniant son jouet favori : le gouvernement. Emmanuel Chain est toujours Premier Ministre de la débandade économique. Mis à par la stabilité à ce poste et quelques échantillons, les uns et les autres se sont échangés les ministères, dans une sorte de joie collective, des passations de pouvoirs aux sourires crispés, des visages faussement gais et fiers du successeur … Les joyeux carnassiers éjectent en un aimable hommage leurs amis d’hier. Ils soulignent tour à tour, le fantastique travail déjà accompli, ils s’excusent presque de prendre la place du copain… Belle enfilade, beau spectacle, rien à dire, la mécanique est bien huilée… Des équipes de choc sont constituées : Alliot-Marie à la Justice, Hortefeux à l’Intérieur… quel beau tableau… Exit donc Rachida Dati partie aiguiser ses dents sur les parquets du Parlement Européen… Hortefeux lui suit une ligne et une carrière de manière très logique : Ministre sinistre de l’Immigration et de l’Identité Nationale (un nom qui glace l’échine…), où il a pu concocter des lois scélérates vis-à-vis des sans papiers et leurs droits de survivre sur notre territoire. Ensuite, il a pris la direction du Ministère du Travail, où il a pu d’un peu plus près, vérifier certaines situations louches au regard des lois sociales et professionnelles. Sa dernière promotion va dans le même sens, puisque maintenant dans les murs de l’Intérieur, il va s’empresser de pratiquer des contrôles là où il faut, pour apporter de la marchandise aux avions charters, dont il connait parfaitement le fonctionnement. Le reste du grand chambard n’est qu’anecdotique, tactique, à part quelques cas. Exit Madame Boutin ses allergies aux progrès, son livre de chevet la Bible, sa pitié toute chrétienne, exit Albanel au profit de Frédéric Mitterrand … Tiens à l’heure où Bambi sauve les extrémistes iraniens, le secrétariat aux Droits de l’Homme disparait tout simplement, et son ancienne responsable Rama Yade est envoyée faire ses devoirs au Ministère des shorts et baskets… Ahmadinejad et ses consorts peuvent être tranquilles, au point même de s’offrir une rediffusion du congrès de Versailles…