Dans un souci de précision, je me suis engagé à regarder des extraits de la production télévisée de cet été… un titre en sort : « Secret story » ou le néant fait monde…
Pas une semaine sans que les médias dans leur ensemble ne fassent l’écho de cette bouillie indigeste. Les unes des canards les plus tortueux se targuent et brandissent des photos « sexy » des candidates de ce jeu débile, mené de main de maître par le présentateur carnassier. Des « Bimbos » grossières, les lèvres comme des pneus, des seins en carton mâché, des regards de bovins en manque de reconnaissance, la gente féminine est fièrement représentée... Que font les Chiennes de garde ? ! La partie masculine ne vaut pas mieux, elle se résume en des « philosophes » d’opérettes bodybuildés, machistes, des dandys à la mèche rebelle, des fils à papa à gros comptes en banque, des androgynes tendance Mc Doom en guinguette, un beau panel d’ahuris, enfermés dans leurs besoins, leurs « gros besoins », de gloire…
Le plus drôle c’est l'hypocrisie des torchons qui feintent la surprise et se drapent dans une pseudo-indignation, de constater que cette énième émission de téléréalité, se vautre dans le mauvais goût comme un cycliste dans l’EPO… Comme s’ils ignoraient la chose, la fin et ses moyens…
Ils gloussent au contraire ! Ils se réjouissent de cette télé benne à ordures, cette bonne poire qui fait vendre leur papelard tout aussi puant ! Les panneaux publicitaires déjà d’une laideur crasse, affichent sans complexe les dégaines sulfureuses des marionnettes ridicules. Le pire, c’est que les lecteurs répondent présents et plongent leurs groins le premier dans les pages nauséabondes, gribouillis et encres sales, au service du placebo télévisuel estival. La chaîne TF1 peut être rassurée, sa mélasse a de beaux jours devant elle, les veaux regardent leurs congénères et s’en délectent. Les énergumènes errent dans leurs laboratoires. La seule question troublante à la vue de ce succès inexplicable par son intérêt en dessous de tout : qui est l’animal au centre de cette expérience pour vendre du temps de cerveau humain disponible ?
Le 14 juillet est bien loin… les militaires sont rentrés dans leurs bercails. Le quotidien a repris le dessus… Ils font à nouveau joujou avec des armes… Un adjudant-chef engagé dans une compagnie de légionnaire (Est-ce que compagnie correspond au titre exact ? Veuillez m’en excuser d’avance…),un adjudant chef donc, a voulu s’essayer à la balle traçante au milieu de la garrigue marseillaise. Les balles traçantes font partie des admirables inventions dont l’homme se vante aisément. Elles sont munies d’un dispositif pyrotechnique émettant une jolie lumière tout au long de sa trajectoire, c'est-à-dire jusqu'à sa cible, humaine dans le plus excitant des cas de figure. Elles permettent entre autres subtilités gaies et joyeuses, au tireur d’améliorer la visée. La mort au bout du feu d’artifice fatal.
La barbarie revêt toujours ce côté joueur et ce petit sourire en coin...
Bref, un grand dadais a cru bon, fort de son autorité, de se lancer dans un exercice au combien utile. Il a lancé ses troupes à l’assaut, dans un grand mouvement de bras vers l’avant, les traits noirs sur le visage… Il a eu la bonne idée, en plus de cette simulation à tuer, pour rigoler des belles lignes dans le paysage, de tirer à coups de cette fameuse balle « traçante »… et sa queue pyrotechnique inflammable à souhait, au milieu de la garrigue écrasée par un soleil de plomb et logiquement sensible à toute source de chaleur…
Bingo !
La flambée fut gigantesque, un barbecue gargantuesque ! 1300 hectares en fumée, rien que ça ! L’armée a montré son pouvoir de destruction massive. Un coup de feu : un incendie de 2 jours...
Le militaire adjudant-chef aurait tiré sans autorisation, sans dérogation préalable. Ce qui veut dire que l’armée aurait été couverte si elle avait eu l’aval de l’administration ?... Ce qui est réjouissant c’est de lire les motifs de la mise en examen du soldat à médailles, et par conséquent son employeur marchand de massacres : « destruction et dégradation involontaire du bien d’autrui »… Difficile de ne pas retenir un rictus de moquerie…
Le garçon adjudant-machin-chose est il faut le dire un chouette type, puisque l’Adefdromil (L’association des droits des militaires) (si si, ça existe…), avait en juillet 2007 et février 2009, envoyé à Hervé Morin Ministre des sous-marins au bruit de crevette, deux lettres mettant en cause l’incendiaire au sujet de violences sur subordonnés. L’armée est surnommée la grande muette, mais elle souffre de surdité passagère, puisqu’elle a, au contraire et dans le même temps, attribué des bonnes notes à son barbouze.
Je propose comme mission de réparation d’envoyer Capitaine Flamme, sauter sur les studios de Secret Story, et de libérer, non pas ses habitants, indécrottables pantins, héros flasques et vides de leurs vies de vers de terre, mais d’évacuer et décoller les pupilles des téléspectateurs prisonniers des manipulateurs-bétonneurs de Bouygues-TF1.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire