mercredi 23 septembre 2009

Des duels en pagaille,



Le temps n’est pas à la concorde. Un climat lourd de violence en tout genre nous gravite autour, comme un air malsain, comme un recommencement, une vieille rengaine. Tout n’est qu’empoignades, enfilades… Le monde n’est que duels.


Clearstream le duel de titans !

Clearstream est la nouvelle idole des médias, la grippe du cochon ayant un peu de mal au niveau marchandising. Clearstream par ci, Clearstream par là. Plus on nous rabâche, plus on nous explique, moins on comprend… Les experts se succèdent un à un, avec la mission de nous éclairer le dédale, les tenants et aboutissants de cette affaire d’Etat qu’ils disent, pour se mousser et se congratuler d’être là, au moment M où les institutions sont en danger ! Ce moment où la République vacille sur ses pieds fragiles, à la merci du complot ! Préparez-vous !

Mais ils ont vite abandonné l’idée de nous raconter la belle saloperie en détails, cet imbroglio sans fin, ils se concentrent sur ce duel tant attendu, tant annoncé entre les deux titans de la politique : à ma droite notre petit PDR Sarkozy et ses tics nerveux, à ma gauche la grande tringle de Villepin, son éternelle mèche au vent, seul contre tous…

Les médias orchestrent avec la complicité des principaux protagonistes ce duel des temps modernes. Chacun incarnant à son tour la vertu et l’honneur brisés. On nous promet un affrontement judiciaire sans précédent ! Un règlement de compte à coups de plaidoiries enflammées ! Argumentées par des maitres du barreau ! Des tas de dossiers entourés de leurs ceintures de tissu ! Des déclarations tonitruantes, des regards assassins, des petites phrases en veux-tu en voilà ! Ils nous conditionnent pour ce match d’égos surdimensionnés, pour cette rixe d’attardés de la reconnaissance absolue, pour ce poker menteur, pour cette triche que « c’est pas du jeu », pour ce rififi sous fond de jalousie infantile… Qu’ils s’empoignent, qu’ils règlent ça à coups de savates, le populo en a ras l’urne de ces rivalités de coqs… Si au moins ils pouvaient faire leur petite affaire (jeu de mot quand tu nous tiens…) en silence ou en tout cas dans un bruit contenu…

Le duel des roses,

Le temps heureux de l’université de la Rochelle est bien révolu. Il n’était qu’une pause, un répit, un joli bouquet. En effet, la guerre entre Martine Aubry et Ségolène Royal pour la tête du parti est relancée après la parution d’un livre dénonçant le trucage des votes par la native de Lille. L’autre coincée du tailleur a sauté sur l’occasion pour laquelle elle ne doit pas être d’une totale innocence, pour se déclarer choquée, outrée, spoliée de sa machine à l’élection suprême.

Selon un plan de communication rodé, elle a pleuré sur toutes les ondes, sur tous les plateaux de télévision que « Martoche » était bien vilaine et pas que physiquement. Dany Boon, pardon Martine a baissé la tête, a quasi ignoré l’attaque de son ex future ex amie. Elle s’est occupée des affaires courantes : se trouver un look, se trouver un coiffeur, se trouver un programme, une maquilleuse, se refaire les joues… Pendant que ces dames se crêpent le chignon, les petits chefs, Arnaud Montebourg et sa tête à claques, Emmanuel Valls et sa dégaine de faux cool crient dans la cour de récréation que ce sont eux le renouveau… La tronche du renouveau ! Il a le goût du Beaujolais… ça nous promet une belle gerbe de roses…

Duel "Jungle de Calais" et Eric Besson Ministre de la traitrise et de l’immigration,

Eric Besson n’a pas de chance et doit sérieusement jongler pour ne pas faire passer son nouveau parti pour un sous groupe de beaufs xénophobes. En effet, après les boulettes de son nouvel ami Brice Hortefeux, blagueur raciste des banquets de branleurs de l’UMP, il a dû renoncer pour l’instant aux tatouages ADN pour les immigrés en manque de famille.

Pour calmer les critiques. Rien de plus.

Ça lui a tellement coûté, ça l’a tellement gratté, qu’il a eu le droit à une compensation. Son petit PDR professionnel de la démolition, lui a autorisé la destruction de la fameuse « Jungle de Calais », prononcez « jeunegueule de calais » pour être dans le coup.

A grand renfort de caméras pour satisfaire les téléspectateurs du JT de TF1, les hordes de flicaille se sont ruées comme des robots sur les camps mode Tiers-monde, pour déloger les intrus fuyant leurs pays en guerre.

Le ménage a été fait, les potentiels électeurs proches de la courte échelle du Front National, ont haussé le menton d’une fierté toute patriotique et sont repartis heureux et soulagés. Ils sont soulagés de voir mis à terre, ces cabanes d’un temps jadis, ces taudis crasseux disparaitre de leur beau paysage français où des hommes préfèrent errer et survivre que de rentrer dans leurs patries sous les bombes, les extrémistes, la pauvreté, la mort au coin du carrefour… Ils sont soulagés, ils soufflent et peuvent retourner regarder La Roue de la Fortune avec Bobonne, dans ce monde merveilleux de l’argent et la vulgarité jetés à grosses pelletés sur leurs âmes zombies, recroquevillées dans leur purin…

En attendant, leur campement de fortune détruit, les réfugiés vont se trouver un autre endroit, pas loin du port où ces putains de bateaux pour l’Angleterre les narguent avec leurs laides cheminées. Ils vont recommencer à croire, peu importe le dénuement, et quand on a été capable de fuir au péril de sa vie, ses racines, sa famille, ses amis pour un bidonville calaisien, ce n’est pas cette chasse à l’homme hideuse d’un Ministre perfide, transfuge de la connerie humaine, judas à l’air idiot, qui les fera renoncer à leur bout de paradis.

Mais voilà, en attendant, l’opération de communication pour rassurer et caresser dans le sens du poil les bras droits de notre merveilleux pays a parfaitement fonctionné…

Un vieillard en duel avec lui-même,

VGE s’emmerde dans son Auvergne natale, il ne sait plus quoi faire. Il l’a déjà défigurée avec son parc Vulcania. Il a décidé de se lancer un défi, un duel avec sa carcasse à tête d’ampoule. Il veut au travers d’un roman nous faire croire à sa liaison avec Lady Diana, qui donc avant de se taper un mur se serait tapé la vieille croûte auvergnate. Entre le Prince Charles et VGE, la Princesse avait vraiment des goûts de chiottes…

Duels avec la mort,

Des millions de femmes et certainement quelques milliers d’hommes, un jour victime de leurs adolescences, sont dans une tristesse profonde. Deux personnages illustres se sont fait la malle.

Philip des non regrettés 2be3, boys band dont la niaiserie n’avait rien à envier à leurs homologues saxons, rois de la chorégraphie demeurée, marionnettes des groupes industriels de la chanson pour attardés, s’est éteint par overdose médicamenteuse. Avait-il le même médecin que Bambi ? Est ce que ses anciens patrons et leurs poches pleines de pognons, ces « Gepetto » tyranniques vont avoir les mêmes larmes que pour le roi de la pop, sachant que l’aura de l’ex des 2be3 ne permettra pas la réédition de CD souvenirs, de teeshirts collectors, de posters, de diffusion cinéma, de condoléances capables de vendre du Coca, la machine à laver et la lessive qui va avec ?

Patrick Swayze est l’autre disparu de la semaine. Toute une génération de mecs va devoir se remanger le DVD de Dirty Dancing et toutes ses scènes en collant moule burnes… Merci Patrick !


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire