Intervention présidentielleNotre président sans P majuscule, comme pour "petit", s'est exprimé sur les trois principales chaînes hertziennes, dans son beau château surprotégé. Il était entouré de ces joyeux pantins, à la langue pas du tout pendue.
Ils étaient sages comme des images, comme il les aime, comme il les tolère.
Guy Lagache. Déjà avec un nom comme celui là, j'aurais évité de me montrer. Lui, c'est le représentant d'M6, la première chaîne à avoir osé la télé-réalité, pionnière, donc, dans le ramassage à ordures. Il a le look d'un vendeur de bagnoles. Sa mèche de VRP, "made in Jean Claude Convenant" de Caméra-café, reste figée comme engluée dans du sucre glace. Il présente à ses heures perdues, l'émission "Capital", dont le nom indique, la portée du message véhiculée par les reportages qui s'y trouvent... Une publicité pour le monde de l'entreprise et du pognon à la louche, une ode à la culture du fric, à la loi du plus fort, à la concurrence absolue...
Il y avait l'autre, avec son nom de voiture de course pour milliardaires qui se la jouent Magnum : Laurence Ferrari. Elle fut, comment dire, aussi coincée que son sourire ultra blancheur, une belle potiche, une de plus, dont la télé ne sait plus quoi foutre... lisse jusqu'aux bouts de ses ongles manucurés.
David Pujadas. Le fameux présentateur de l'émission d'investigation "les infiltrés", n'a pas infiltré grand chose. Tellement heureux d'avoir vu son grand rival PPDA, aussi fade que lui, prendre la porte, qu'il se complaît à mener les débats, dans le rôle de chef des cireurs de pompes hors de prix...
Alain Duhamel. Il était là aussi, ce grand nigaud, ses yeux exorbités par la fausse impertinence et pertinence, qu'il essaye de nous faire avaler, en jouant l'éternel énervé... Il fait partie des meubles, on ne le distingue même plus du reste. Tel un caméléon, il prend la teinte des murs dorés du palais élyséen recroquevillé.
On aurait voulu de l'inédit. Des sifflets dans le public présent pour tester les nerfs du roi capricieux, assis sur son réhausseur, auraient été drôles et défoulant... Un jet de godasse ! Voilà l'idée géniale ! Geste devenu universel, ce lancé a remplacé le point levé des révolutionnaires ! Quel plaisir de voir Duhamel et sa gouaille affamé de révérences, se déchausser, et expédier son chausson Vuitton en pleine face, de notre petit PDR. Il serait devenu un héros, on l'aurait aidé à se réfugier en Suisse, mais il a préféré rester dans le confort de sa suite élyséenne.
Il aurait fallu le titiller le mec aux tics nerveux, notre très capricieux PDR, pour voir son visage perler de sueur, de rancoeur, de stress, le sentir bouillir sur son trône. On aurait du effectuer un lâché de Préfets devant ses yeux, en tapant sur des casseroles, en sifflant de tout nos poumons, en exprimant notre ras le bol, en braillant des "casse toi pauv'con", en une chorale généreuse...
La neige
La neige est tombée d'une bonne dizaine de centimètres, sur la partie ouest de notre pays. Elle fut le révélateur psychologique, d'un monde de plus en plus fermé, de plus en plus à cran, ne supportant pas d'être freiné dans sa quête du vide.
Vous comme moi, avez vous entendu ces tristes mines pleurer comme des midinettes, à la vue de ce fantastique manteau blanc ? Les râleurs, les terre à terre forcenés, nous ont vite encerclés, nous ont vite gâché le plaisir, nous ont bassiné les esgourdes, à coups de plaintes redondantes, assommantes, assortiments de reproches en tout genre...
Ils ne pouvaient plus rouler comme avant.
Ils ne pouvaient plus se précipiter vers leurs boulots, qui ne leur rapportent que le statut, pour la plupart, de ce que l'on nomme, de "nouveaux pauvres"...
Et ils crachaient sur les services de dégagement des routes, que ce n'était pas assez rapide, c'était insuffisant, ils criaient aux fainéants insolubles, au scandale parmi les scandales... Je n'ai entendu aucune personne parmi les interrogées par les nombreux médias, avides de tels sujets diviseurs, je n'ai pas entendu une seule personne autour de moi se réjouir de la tombée des flocons.
Le monde est devenu inexorablement con et calculateur.
Tout le monde a déploré, a maudit l'intempérie douce. Oui douce ! Dans cette immensité qu'est l'univers, il pourrait nous tomber dessus des pluies brûlantes, des averses d'acides, des choses encore plus terribles... et bien non, il nous tombe ces flocons silencieux, rieurs, frais, inoffensifs... Je reviens donc, sur ces beuglements assourdissants de connerie. Nous sommes tous donc devenus des grincheux bavant sur le rebord des routes, dans nos caisses quatre roues ?
Au lieu de gémir sur la neige et le fait qu'elle nous ralentisse sur les quatre voies, personne n'ose plutôt remettre en doute nos vies de cons, nos modes de vie de cons, cette course vers le dieu travail, pour lequel on se lève tôt, on dort mal, on survit devant le banquet des élites. Sur lequel notre existence se calque, se définit, se ferme... à quel âge devenons nous si laids ... à quel âge l'enfance nous quitte t-elle vraiment ?
On veut décidément tout contrôler ? La neige, elle est juste belle, quand on a autour du cou, le forfait ski, vendu par les margoulins du tourisme de masse, qui font de certaines régions montagneuses, des usines à détente obligatoire, des paysages hideux, défigurés, pour combinaisons tendances ? Nous sommes devenus si commerçants, si boutiquiers, si marchands, si spéculateurs, si spoliateurs, si indifférents ? Le nain précédemment cité, peut rêver à un second mandat sans peine...
La télé encore elle
Ce paragraphe sera rapide. Juste le temps, d'un coup de gueule. C'est un de ses produits dérivés qui lui vaut cet encart : un de ses nombreux magasines écrits annonceurs de ses programmes, titrait en gros : "Jade de Koh-Lanta, le courage d'une femme"...
C'est le genre de titre qui a le don de me mettre en rogne... Le genre de titre à la grandiloquence déplacée, à l'allure, à l'annonce inappropriée... Jade, elle a la dalle sur une berge d'Amazonie, elle a maigri, elle vit dans le dénuement, elle ne bouffe que des bouts de bois et des insectes, elle doit écraser les autres, les éliminer, les battre... Tout ceci de plein gré et pour gagner de l'argent, beaucoup d'argent... c'est ça le courage devant lequel on doit abaisser les yeux, une larme sur la joue...?
Moi, je connais une femme, Jeanine, ce qui sonne déjà moins l'aventure exotique, elle est SDF, vit dans le froid, sous la pluie, bouffe quand elle peut, fouille les poubelles, commence à parler toute seule, mais aucune caméra, aucun article, aucune photo, aucune parole, ne vient à sa rencontre. Tout le monde s'en fout, et classe sa dégaine mal lavée, dans les méandres de ses habitudes.
Ils étaient sages comme des images, comme il les aime, comme il les tolère.
Guy Lagache. Déjà avec un nom comme celui là, j'aurais évité de me montrer. Lui, c'est le représentant d'M6, la première chaîne à avoir osé la télé-réalité, pionnière, donc, dans le ramassage à ordures. Il a le look d'un vendeur de bagnoles. Sa mèche de VRP, "made in Jean Claude Convenant" de Caméra-café, reste figée comme engluée dans du sucre glace. Il présente à ses heures perdues, l'émission "Capital", dont le nom indique, la portée du message véhiculée par les reportages qui s'y trouvent... Une publicité pour le monde de l'entreprise et du pognon à la louche, une ode à la culture du fric, à la loi du plus fort, à la concurrence absolue...
Il y avait l'autre, avec son nom de voiture de course pour milliardaires qui se la jouent Magnum : Laurence Ferrari. Elle fut, comment dire, aussi coincée que son sourire ultra blancheur, une belle potiche, une de plus, dont la télé ne sait plus quoi foutre... lisse jusqu'aux bouts de ses ongles manucurés.
David Pujadas. Le fameux présentateur de l'émission d'investigation "les infiltrés", n'a pas infiltré grand chose. Tellement heureux d'avoir vu son grand rival PPDA, aussi fade que lui, prendre la porte, qu'il se complaît à mener les débats, dans le rôle de chef des cireurs de pompes hors de prix...
Alain Duhamel. Il était là aussi, ce grand nigaud, ses yeux exorbités par la fausse impertinence et pertinence, qu'il essaye de nous faire avaler, en jouant l'éternel énervé... Il fait partie des meubles, on ne le distingue même plus du reste. Tel un caméléon, il prend la teinte des murs dorés du palais élyséen recroquevillé.
On aurait voulu de l'inédit. Des sifflets dans le public présent pour tester les nerfs du roi capricieux, assis sur son réhausseur, auraient été drôles et défoulant... Un jet de godasse ! Voilà l'idée géniale ! Geste devenu universel, ce lancé a remplacé le point levé des révolutionnaires ! Quel plaisir de voir Duhamel et sa gouaille affamé de révérences, se déchausser, et expédier son chausson Vuitton en pleine face, de notre petit PDR. Il serait devenu un héros, on l'aurait aidé à se réfugier en Suisse, mais il a préféré rester dans le confort de sa suite élyséenne.
Il aurait fallu le titiller le mec aux tics nerveux, notre très capricieux PDR, pour voir son visage perler de sueur, de rancoeur, de stress, le sentir bouillir sur son trône. On aurait du effectuer un lâché de Préfets devant ses yeux, en tapant sur des casseroles, en sifflant de tout nos poumons, en exprimant notre ras le bol, en braillant des "casse toi pauv'con", en une chorale généreuse...
La neige
La neige est tombée d'une bonne dizaine de centimètres, sur la partie ouest de notre pays. Elle fut le révélateur psychologique, d'un monde de plus en plus fermé, de plus en plus à cran, ne supportant pas d'être freiné dans sa quête du vide.
Vous comme moi, avez vous entendu ces tristes mines pleurer comme des midinettes, à la vue de ce fantastique manteau blanc ? Les râleurs, les terre à terre forcenés, nous ont vite encerclés, nous ont vite gâché le plaisir, nous ont bassiné les esgourdes, à coups de plaintes redondantes, assommantes, assortiments de reproches en tout genre...
Ils ne pouvaient plus rouler comme avant.
Ils ne pouvaient plus se précipiter vers leurs boulots, qui ne leur rapportent que le statut, pour la plupart, de ce que l'on nomme, de "nouveaux pauvres"...
Et ils crachaient sur les services de dégagement des routes, que ce n'était pas assez rapide, c'était insuffisant, ils criaient aux fainéants insolubles, au scandale parmi les scandales... Je n'ai entendu aucune personne parmi les interrogées par les nombreux médias, avides de tels sujets diviseurs, je n'ai pas entendu une seule personne autour de moi se réjouir de la tombée des flocons.
Le monde est devenu inexorablement con et calculateur.
Tout le monde a déploré, a maudit l'intempérie douce. Oui douce ! Dans cette immensité qu'est l'univers, il pourrait nous tomber dessus des pluies brûlantes, des averses d'acides, des choses encore plus terribles... et bien non, il nous tombe ces flocons silencieux, rieurs, frais, inoffensifs... Je reviens donc, sur ces beuglements assourdissants de connerie. Nous sommes tous donc devenus des grincheux bavant sur le rebord des routes, dans nos caisses quatre roues ?
Au lieu de gémir sur la neige et le fait qu'elle nous ralentisse sur les quatre voies, personne n'ose plutôt remettre en doute nos vies de cons, nos modes de vie de cons, cette course vers le dieu travail, pour lequel on se lève tôt, on dort mal, on survit devant le banquet des élites. Sur lequel notre existence se calque, se définit, se ferme... à quel âge devenons nous si laids ... à quel âge l'enfance nous quitte t-elle vraiment ?
On veut décidément tout contrôler ? La neige, elle est juste belle, quand on a autour du cou, le forfait ski, vendu par les margoulins du tourisme de masse, qui font de certaines régions montagneuses, des usines à détente obligatoire, des paysages hideux, défigurés, pour combinaisons tendances ? Nous sommes devenus si commerçants, si boutiquiers, si marchands, si spéculateurs, si spoliateurs, si indifférents ? Le nain précédemment cité, peut rêver à un second mandat sans peine...
La télé encore elle
Ce paragraphe sera rapide. Juste le temps, d'un coup de gueule. C'est un de ses produits dérivés qui lui vaut cet encart : un de ses nombreux magasines écrits annonceurs de ses programmes, titrait en gros : "Jade de Koh-Lanta, le courage d'une femme"...
C'est le genre de titre qui a le don de me mettre en rogne... Le genre de titre à la grandiloquence déplacée, à l'allure, à l'annonce inappropriée... Jade, elle a la dalle sur une berge d'Amazonie, elle a maigri, elle vit dans le dénuement, elle ne bouffe que des bouts de bois et des insectes, elle doit écraser les autres, les éliminer, les battre... Tout ceci de plein gré et pour gagner de l'argent, beaucoup d'argent... c'est ça le courage devant lequel on doit abaisser les yeux, une larme sur la joue...?
Moi, je connais une femme, Jeanine, ce qui sonne déjà moins l'aventure exotique, elle est SDF, vit dans le froid, sous la pluie, bouffe quand elle peut, fouille les poubelles, commence à parler toute seule, mais aucune caméra, aucun article, aucune photo, aucune parole, ne vient à sa rencontre. Tout le monde s'en fout, et classe sa dégaine mal lavée, dans les méandres de ses habitudes.

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