mercredi 18 février 2009

Neuneu, Bobonne et St Valentin sont dans un bateau, Neuneu et Bobonne tombent à l'eau...


Décidément nous sommes devenus des bêtes de consommation, des clients ravagés à la moindre cause, au plus petit des prétextes. Seulement à peine extirpés des guirlandes de Noël, les soldes scandées et annoncées à grands fracas, à coups d'écriteaux publicitaires hideux, on nous a ravagé la case à penser, avec la lourdingue fête des amoureux.
Une fois de plus une formidable machine s'est mise en route, le gavage est sans répit.
La St Valentin s'est glissée du matin jusqu'au soir, du lever au coucher, jour et nuit, de manière subliminale ou à force de gifles. Elle est venue insidieuse nous pomper l'esprit critique. Le monde n'est pas une marchandise, clament les utopistes alter mondialistes. Jolie phrase, aussi con-con que n'importe quelle réclame dégoulinante.
Si ! Le monde est une marchandise ! Et on pose bien en rang, nos gros fessiers dessus ! On se vautre dans le marketing de masse, nos yeux exorbités par l'obligation bon ton, nos gestes, nos achats guidés par la puissance manipulatrice des Beigbeder et autres Séguela, aux sourires de margoulins.
L'amour.
Les rapaces s'en sont emparés pour nous le servir, selon leurs désirs, leurs cadeaux, leurs stocks invendus, leurs façons de faire. Tout est pensé, calculé, recyclé, clamé, rabâché, par les annonceurs épris de formules assassines, de slogans niais, mais terriblement efficaces.
Nos sentiments les plus intimes ont un coût, ils ont la tronche d'un bouquet de fleurs Interflora, la brillance d'un bijou made in Thaïlande, le goût de vieux d'un relais château... Nos sentiments se muent en une addition de restaurant...
Les restaurants le soir de la St Valentin...
Spectacle magnifique ! Si vous voulez toucher du doigt, apercevoir, voir la triste représentation d'un monde sombrement moutonnier, réservez une table le soir de la St Valentin ! Asseyez vous et scrutez les alentours : une secte !
Des couples à perte de vue, jouent la comédie soirée romantique décidée par les VRP de l'émotion. Ils sont tous là, les yeux fatigués, le cortex englué sous l'avalanche, écrasés sous le rouleau compresseur St Valentin... Tous là, lobotomisés par la virulence faite marketing ! Les agences de publicité, la publicité crasse immonde, bêtise déblatérée par les hauts parleurs du tout consommable, les agences et leurs chefs donc, se frottent les mains.
Les oiseaux sont en cage.
Ils ont même pris un dessert.
Comment peut-on échapper à ce manège étourdissant, du raz la gueule à grosses louches ? Les quinze jours avant le "fameux 14 février", les offres estampillées fête du cul ont envahi les vitrines, les murs, les médias, les esprits, nos pauvres esprits.
Conforama and co ont proposé des machines à laver au prix spécial St Valentin, des marchands de bagnoles ont fait des promotions spéciales St Valentin, des boucheries-charcuteries ont proposé et garni leur devanture, de morceaux de viande en forme de coeur... Horreur, mépris, cynisme, plus c'est gros, plus ça marche. Tiens en parlant de viande, on est bien tous des veaux.
Pardon les veaux...

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