
Je ne sais pas qui a eu l’idée lumineuse d’instaurer une cagnotte pour lutter contre l’absentéisme… Une carotte destinée à inciter les élèves à ne pas sécher les cours va être l’objet d’une expérimentation dans l’académie de Créteil décrétée laboratoire.
Pour résumer, plus la classe est au complet, plus la récompense augmente. De 2000 à 10 000 euros pour financer un projet éducatif. En gros, plus la classe sera assidue plus le car pour la sortie scolaire annuelle sera confortable.
L’argent serait donc la solution à tout…
Tout ce chemin vers la monnaie unique pour en arriver à soudoyer, à corrompre le jeune en pleine crise d’adolescence et d’acné. On nous rabâche à longueur de journée, depuis que la crise financière nous a fait les fonds de poches, que l’argent ne doit plus être le nerf de la guerre, que la course au profit n’est qu’une vilénie… et on transforme nos lycéens en jetons de présence rémunérée…
Dans les cours d’école, les discussions sur les dernières soirées, les dernières sorties musicales, les derniers bouquins lus, laisseront place libre à la spéculation la plus grossière. Les classes se livreront une compétition âpre vers la course à la dodue enveloppe.
La spéculation, ô le vilain mot, s’offre un nouvel espace de jeu et remplace les amourettes de lycée.
Dans quelques années, cette dérive en entrainera d’autres, la récompense collective sera remplacée par une rétribution individuelle. Le compte en banque figurera au bas du relevé de notes avec l’appréciation des conseillers du Crédit Lyonnais.
Et comme le monde est bien fait, les classes les mieux loties seront davantage mieux loties. Et oui les classes déjà les mieux classées, les plus « performantes », les plus complètes vont engranger le maximum de bons points, de belles images, et vont surclasser encore un peu plus les classes dont les présents faisaient précédemment défaut… un cycle sans fin.
L’injustice étant un élément vivace dans le parcours scolaire, cet écart toujours creusé ne fera que dégoûter un peu plus l’élève du fond de la classe, qui préférera alors jouer au foot dans le city stade du bas de son immeuble subventionné par Nike et ses enfants chinois au travail.
L’école n’est pas une question de présence. Vision simpliste. La présence peut éventuellement s’arroser d’un salaire véreux et vicié, mais pour ce qui est de la motivation à apprendre… c’est une autre histoire. Mesure de bas étage par laquelle on promet Eurodisney et sa souris niaise au moindre couillon pubère capable de poser son fessier sur une chaise, et d’attendre que le prof de maths déblatère sa science sur Pythagore… La motivation elle ne s’oblige pas, ne se commande pas. Il va falloir faire mieux que le taux du livret d’épargne…
Le lycée ne sera bientôt plus la seule cible des financiers et financeurs pris dans leur frénétique envie de tout évaluer. La présence à l’école maternelle se mesurera en quantité de couches, l’école primaire en trousses Bob l’éponge, le collège en bons d’achats Biactol… Vous trouvez ça ridicule ? Moi pas. Un chef d’établissement de Marseille a bien proposé pour lutter contre l’absentéisme des billets pour les matchs de l’OM…
« L’argent fait le bonheur » devient la devise d’une école républicaine proche du management à la prime. Le flouze est présenté comme la panacée, la solution miracle : le pognon opium du délinquant scolaire.
Le blé balaye d’un revers de portefeuille le travail social pour lutter contre l’absentéisme scolaire. Une fois de plus on tente, au-delà des élèves en mal d’enseignement, d’acheter l’opinion. Faire croire à cette dernière, que la course à la monnaie sonnante et trébuchante va faire oublier au gamin négligent que son père est rentré ivre hier soir et a battu sa mère au chômage. Ce n’est pas une aumône grossière qui fera oublier son mal être, quel qu’il soit, au gosse au cartable trop lourd de soucis…
Pour résumer, plus la classe est au complet, plus la récompense augmente. De 2000 à 10 000 euros pour financer un projet éducatif. En gros, plus la classe sera assidue plus le car pour la sortie scolaire annuelle sera confortable.
L’argent serait donc la solution à tout…
Tout ce chemin vers la monnaie unique pour en arriver à soudoyer, à corrompre le jeune en pleine crise d’adolescence et d’acné. On nous rabâche à longueur de journée, depuis que la crise financière nous a fait les fonds de poches, que l’argent ne doit plus être le nerf de la guerre, que la course au profit n’est qu’une vilénie… et on transforme nos lycéens en jetons de présence rémunérée…
Dans les cours d’école, les discussions sur les dernières soirées, les dernières sorties musicales, les derniers bouquins lus, laisseront place libre à la spéculation la plus grossière. Les classes se livreront une compétition âpre vers la course à la dodue enveloppe.
La spéculation, ô le vilain mot, s’offre un nouvel espace de jeu et remplace les amourettes de lycée.
Dans quelques années, cette dérive en entrainera d’autres, la récompense collective sera remplacée par une rétribution individuelle. Le compte en banque figurera au bas du relevé de notes avec l’appréciation des conseillers du Crédit Lyonnais.
Et comme le monde est bien fait, les classes les mieux loties seront davantage mieux loties. Et oui les classes déjà les mieux classées, les plus « performantes », les plus complètes vont engranger le maximum de bons points, de belles images, et vont surclasser encore un peu plus les classes dont les présents faisaient précédemment défaut… un cycle sans fin.
L’injustice étant un élément vivace dans le parcours scolaire, cet écart toujours creusé ne fera que dégoûter un peu plus l’élève du fond de la classe, qui préférera alors jouer au foot dans le city stade du bas de son immeuble subventionné par Nike et ses enfants chinois au travail.
L’école n’est pas une question de présence. Vision simpliste. La présence peut éventuellement s’arroser d’un salaire véreux et vicié, mais pour ce qui est de la motivation à apprendre… c’est une autre histoire. Mesure de bas étage par laquelle on promet Eurodisney et sa souris niaise au moindre couillon pubère capable de poser son fessier sur une chaise, et d’attendre que le prof de maths déblatère sa science sur Pythagore… La motivation elle ne s’oblige pas, ne se commande pas. Il va falloir faire mieux que le taux du livret d’épargne…
Le lycée ne sera bientôt plus la seule cible des financiers et financeurs pris dans leur frénétique envie de tout évaluer. La présence à l’école maternelle se mesurera en quantité de couches, l’école primaire en trousses Bob l’éponge, le collège en bons d’achats Biactol… Vous trouvez ça ridicule ? Moi pas. Un chef d’établissement de Marseille a bien proposé pour lutter contre l’absentéisme des billets pour les matchs de l’OM…
« L’argent fait le bonheur » devient la devise d’une école républicaine proche du management à la prime. Le flouze est présenté comme la panacée, la solution miracle : le pognon opium du délinquant scolaire.
Le blé balaye d’un revers de portefeuille le travail social pour lutter contre l’absentéisme scolaire. Une fois de plus on tente, au-delà des élèves en mal d’enseignement, d’acheter l’opinion. Faire croire à cette dernière, que la course à la monnaie sonnante et trébuchante va faire oublier au gamin négligent que son père est rentré ivre hier soir et a battu sa mère au chômage. Ce n’est pas une aumône grossière qui fera oublier son mal être, quel qu’il soit, au gosse au cartable trop lourd de soucis…

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