jeudi 22 octobre 2009

Hots d'or...


Les hots d’or se sont tenus à Paris. Cette cérémonie récompense le cinéma porno à la manière d’un festival de Cannes. Tout dans l’imitation, le tapis rouge est présent, les flashs crépitent, les défilés défilent, les récompenses pleuvent : le meilleur scénario, le meilleur acteur, le plus gros budget, la révélation, le meilleur espoir…

Voici quelques résultats :

Hot d’or dans la catégorie révélation : Jean Sarkozy hauteur d’une métamorphose pour ce rôle longtemps travaillé avec papa. Il s’est coupé les cheveux, finie cette touffe impromptue, d’une adolescence rebelle et sexuelle à lire Entrevue en cachette. Il a emprunté des lunettes à Johnny Hallyday, un costard de son géniteur, non je déconne… ça lui faisait un short et une brassière… Il est venu nous parler d’une voix triste, touché dans son âme par l’injustice sociale. Il a voulu nous arracher des larmes. Il voulait qu’on le touche, qu’on le soutienne, qu’on lui prenne la main, qu’on lui baise le privilège obscène… Il s’est fendu d’une interview très arrangée sur France 2…

Il tient son rôle à merveille.

Insupportable tête à claques, innommable insolence d’un dandy désespéré de sa propre indécence, il a chanté ses mérites, gémit son martyr, crié son talent, jouit sa langue de bois, pour partir dans une orgasmique arrogance et a mis en exergue son renoncement, son refus de pénétration de la défense et sa célèbre arche comme deux jambes écartées… quel talent ! Quel art ! Quel phallus ! Vrai faux cul dans une comédie glauque !

Hot d’or dans la catégorie meilleur espoir : David Douillet. Gabarit imposant, ce mastodonte s’est illustré jadis, nu sous un kimono trop serré, en essayant lors d’une saillie de haute lutte de faire trébucher son adversaire. Il a tourné dans une autre série de courts métrages. Dont le scénario bancal exposait sa relation avec une vieille dame à la choucroute étrange, le tout pour dépouiller les pauvres de leurs pièces jaunes… Un libertinage honteux dans une odeur de maison de retraite… Cette production a longtemps connu un succès retentissant, puisque nos amis de TF1 se mêlaient à ce vice, comptant sur ce scénario pour vendre leur purée …

Notre homme s’attaque à une nouvelle trame. Le judoka est maintenant parti se coincer les fesses sur un siège étroit de l’Assemblée nationale. Il a abandonné sa chère tenue de combat, pour un costume plus confortable. Il a quitté les tatamis et leurs ébats violents, où les ceintures desserrées laissaient entrevoir des les premières scènes, des anatomies dantesques et huileuses. Ses prochaines saillies seront moins visibles mais l’excitation est déjà au rendez-vous… La montée des marches a été amputée de clichés, L’Elysée trouvant plus raisonnable de ne pas faire poser notre petit PDR aux côtés de Goliath. Laurel et Hardy réincarnés…

La suite est déjà en préparation. Bientôt dans l’hémicycle : Richard Virenque une seringue dans le bras avec une montre Festina au poignet, Djamel Bourras au PS en cas de conflit manuel avec le judoka d’en face, Jeannie Longo quand on l’aura enfin décrochée de son vélo, viendront bientôt compléter le casting...

Hot d’or dans la catégorie meilleur scénario : le scénario est ici à la fois d’une beauté à pleurer et d’une banalité à tout rompre. Les lieutenants de l’UMP, attifés de leurs costumes élégants, tous en rang, serrés, tous les uns contre les autres, tout contre, les uns derrières les autres, les uns devant les autres… La machine est implacable, impeccable, lustrée, customisée dans les moindres recoins. Ils obéissent tous, leurs langues pendues et dévouées à leur chef suprême. Ils grognent tous dans un même rut, affalés sur leur perversité. Ils bavent et éructent sur les « méchants » médias. Ces médias souilleraient les valeurs familiales de notre petit PDR qui n’a voulu que le bien de son fils, son rejeton, son grand garçon, grande tringle avide de nouvelles expériences, formation de droit défectueuse mais formation de droite acquise à sa cause. Les lieutenants de l’UMP lui ouvrent le chemin de leurs corps dénudés de scrupules, le népotisme en musique de fond de l'accouplement vicieux des valeurs républicaines maculées d’une envie qui était toute paternelle…

Hot d’or dans la catégorie du meilleur acteur : Mitterrand a emmené son chibre au confessionnal de Drucker. Comment une Emmanuelle jadis icône d’un cinéma érotico pornographique, assise dans un fauteuil en osier, regard d’une conquérante sur une époque coincée, auréolée d’une morale hypocrite, comment donc, cette Emmanuelle s’est transformée en un Frédéric, venant expier son tourisme douteux, sous le strass et les lumières suintantes d’un divan rouge ? Une œuvre remarquable… Luxure nacrée sur un plateau sucré, lisse perversion, échanges tendancieux, pardon intellectuel pour libido bestiale… le public est conquis, il soupire profondément…

Hot d’or du meilleur remake : les cours boursiers des grandes places financières, après un bref repos, sont repartis d’un nouvel élan gaillard, excités par une invraisemblable stimulation des pouvoirs publics. Ces derniers ont rallumé la flamme, en laissant la bête reprendre des forces. Epris d’un masochisme cradingue, les fesses et les joues rougies d’une soumission désirée, encouragée, attisée, ils ont baissé dans un Kama sutra improbable : leurs yeux honteux, leurs pouces sur leurs concitoyens à crédits, leurs pantalons face à la partouze du flouze…

Hot d’or du titre de film le plus idiot de la semaine : Saw VI…

Je ne sais pas vous mais moi avec toutes ces histoires, j’ai de plus en plus mal au cul…

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