jeudi 29 octobre 2009

Besson ça rime avec quoi déjà...

Dernièrement, le prince Jean a monopolisé par son incandescente provocation les tribunes. Mais un personnage a pris le relais dans un joyeux élan. Il prend et occupe outrageusement le devant de la scène. Il s’expose dans les médias avec le sourire cynique de l’entourloupe toujours réussie. Il se gausse d’être le plus beau traitre de ce début de siècle. Il s’applique avec un malin plaisir. Il hausse le menton de cette fierté perverse du coup de couteau dans le dos. Fort de cette exposition médiatique, il n’hésite plus à déblatérer avec une assurance assassine les plus belles infamies. Il a donc sans sourciller déclaré sans honte que la guerre n’était pas un motif d’asile politique en France.

Plus c’est gros plus ça passe. Il faut tailler dans le vif, les échéances électorales pointent leur nez. Les messages doivent être clairs, limpides.

Les régionales arrivent à grands pas, l’UMP doit draguer et courtiser les voix nauséabondes du Front National et sa blonde camionneuse.

Eric Besson devient le premier promoteur du tourisme de guerre. Finis les safaris dans les paysages du Kenya.

C’est dépassé.

Ringard.

Aux oubliettes.

Eric Besson veut de l’émotion, de la survie, de la sueur, de la peur, du véritable suspens pas comme dans le Koh-Lanta de la grande nouille de Denis Brogniart. Le judas prophétique Eric Besson renvoie les afghans dans leur contrée. Après leur « confortable » voyage avec plateau repas, les afghans sont coincés entre les forces internationales et les Talibans, acculés entre les mitrailleuses des uns et les attentats des autres, écrasés entre la démocratie à tronche de flingue et la barbe maculée de sang des illuminés religieux. Ça a quand même plus de gueule qu’une dizaine de ploucs occidentaux échoués sur une plage à bouffer des gros vers !

Interdiction de chialer sur les malheureux largués dans ce bordel sordide, dans ce cocktail glauque au faciès de mort, l’Afghanistan ne vaut des pleurs que lorsque nos troupes reviennent les pieds devant avec la légion d’honneur…

Eric Besson est fier. Il est invité partout, il se congratule, il se félicité, il s’aime… il est inspiré. Il nous le prouve, le vent en poupe. L’identité nationale s’est mise à gratter le félon.

Alors le renégat Besson lance un grand débat sur l’identité nationale. Un des projets consiste à apprendre et faire chanter la Marseillaise, « notre hymne main sur le cœur », aux enfants de notre « mère patrie ». Fini le catéchisme cul bénit, vive les chorales enfantines à la gloire de notre drapeau, devenu l’emblème de la compagnie charter d’Eric Besson, commandant de bord de la Beauf nation.

L’identité nationale revue et corrigée par un perfide se veut et doit redevenir le chantre et le modèle de nos générations futures. Voici le postulat vers le retour au bonheur de la nation déséquilibrée par « le sang impur » censé abreuver nos sillons ! Besson se veut le chef de file d’un débat autour des valeurs de l’identité française. Enième provocation, énième majeur dressé vers nos âmes abîmées par cet énergumène dont les agissements lui interdisent la moindre leçon de morale, énième main tendue vers les votes au regard borgne.

Par cette idée « lumineuse », par son talent tortueux, par son abnégation hideuse, par sa politique de l’adultère, par son parjure inné, le ministre de l’immigration et du faciès réglementaire est désigné comme favori à la course pour le poste de Premier Ministre ou en tout cas il peut s’enorgueillir d’être le premier de la classe auprès de son maitre… Ce qui en dit long sur les critères de sélection et les références de notre petit PDR. Après les tentatives grossières et infructueuses pour son fils naturellement obscène, notre PDR arrivera peut-être à mettre sur un piédestal son fils adoptif mais pas moins puissant répulsif.

En tout cas notre chant révolutionnaire ne soigne pas la grippe A.

Quand on observe les joyeuses destinées et les résultats de notre cantique patriotique aux mains et cordes vocales des supporters du PSG et de l’OM, on peut s’étouffer de frayeur… Quand on a vu éructer les analphabètes des deux camps se balancer et s’approprier ce joyeux chant, les yeux exorbités de haine, on peut se questionner sur la nécessité de l’enfoncer dans le crâne de nos bambins déjà allègrement pollués.

La grippe du cochon n’a jamais aussi bien porté son nom.

Les porcs avaient revêtu leurs joggings, leurs écharpes et leurs bannières.

Les images de guerre civile en plein centre de Marseille, pour prétexte l’annulation du match de foot OM-PSG, ont pour origine ces rivalités de clocher, ces antagonismes infects, ces identités poussées à leur paroxysme, ces puretés décrétées valeurs communes aux tribus... Cette référence standardisée, ces clans encouragés par une reconnaissance chantée, symbolisée, clamée par des idéaux réduits à des superlatifs identitaires, chers à Eric Besson, aboutissent à ces affrontements entre « supporters », dont la pauvre existence se résume dans ces luttes néanderthaliennes. L’identitaire au sens « Bessonien » du terme, mêlé ou non au virus H1N1, vire et tend vers la très contagieuse connerie de masse, vers la grosse connerie crasse, celle qui nous démange, nous désespère, nous plonge dans la mélasse épaisse de ces batailles de villages recroquevillés derrière leurs tas de fumiers.

Louis Pasteur disait « la science n’a pas de patrie ». L’insanité a elle le visage tuméfié de la roublardise d’un homme, dont la République n’est que l’excuse d’une ambition démesurée, empruntant les chemins débarrassés de tout humanisme. La trajectoire la plus « droite » est la plus courte. Surtout à bout de bras (droit)…

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire