Le hasard fait bien les choses. Au moment où les affaires concernant Chirac reviennent sur le devant de la scène, ce dernier lance en librairie « ses mémoires ». Des mémoires courtes puisqu’elles tournent autour de 500 pages… Ce qui en dit déjà long sur l’influence politique de Chirac sur le courant de l’Histoire avec un grand H. Pas de révélation tonitruantes, pas de surprises, de confessions sorties des dédales de la vie au sommet du pouvoir, tout juste des secrets de polichinelle : le grand Jacques ne pardonne pas le grand mou Balladur et son quadruple menton ; il déteste Giscard et ne confesse pas avoir couché avec Lady Di ni avec David Douillet ; il avait soupçonné l’ambition de notre petit PDR et ses yeux de faux cul… Bref, aucun scoop n’émerge de cette longue litanie. Par contre, de longs chapitres à la gloire de sa jeunesse, de ses goûts, de ses habitudes, de ce qui le rend humain, son attirance pour la bière, les bonnes blagues de fin de repas, son âge avancé, le tout sur un fond philosophique option « vieillesse source de pensées profondes »… j’en passe et des meilleurs…
Il veut nous attendrir, nous charmer. Vous allez voir qu’il va nous reparler au gré de son marathon médiatique de cette fameuse fracture sociale…
Il surfe sur son image de grand-père à l’air éternellement benêt, il nous cherche au fond des yeux, nous titille la fibre sentimentalo-compassionnelle… Pour qu’à la dernière phrase de sa maigre œuvre bibliographique, une larme vienne nous couler sur la joue, et nous faire admettre que la justice doit laisser ce vieil homme tranquille. Il nous parle de sa maison de retraite, son pot de chambre, ses amitiés perdues, ses peines de cœur et de cul… Les faux électeurs ? Non, ça n’a jamais existé, abracadabrantesque histoire, sortie de ces rivaux politiques jaloux de la chiraquie. Les emplois fictifs de la mairie de Paris ? Fabulation ! Boniment ! Les comptes secrets au Japon ? Vous n’y pensez pas, pas Chirac… Les frais de bouffe démentiels à la cantoche de Paris ? Le financement occulte du RPR ? Et … et … Un revers de main balaye soupçons et interrogations.
Les mémoires de Chirac ont l’allure d’une plaidoirie devant ses jurés, d’un énième témoignage en sa faveur, un ultime appel aux français, une sorte « d’appel du 18 juin » non pour la résistance en Europe, mais pour la liberté d’un requin aux yeux fatigués, pour l’affranchissement d’un impérissable tacticien.
C’est cousu de fil blanc.
Par le plus simple décryptage de cette grossière couture, on devine le jeu de notre Chirac.
Il met sur un piédestal son pire ennemi Mitterrand, lui offre une stature de chef de l’Etat, pour tirer un peu sur la couverture et rendre aimable et sensible l’opposition socialiste. Il critique Balladur et Giscard pour faire marrer le comptoir du bistrot. Il caresse notre petit PDR, pourtant félon de la première heure à son encontre, pour se protéger d’un éventuel acharnement de son ancienne majorité. En prime un message subliminal, pour si possible, par un coup de pouce, étouffer rapidement les casseroles et les ardoises. En contre partie, il laissera son ancien bras droit de Villepin se faire massacrer par la droite carnassière…
Le coût de la présidence française à la tête de l’Europe a provoqué des remous. Elle a explosé les records. Je ne vais pas revenir sur la somme rondelette de l’ensemble. Mais je ne peux pas m’empêcher de vous faire parvenir la note coquette de la douche royale. Notre petit PDR a une haute estime de sa toilette personnelle. Il a fait installer pour je ne sais plus quel rassemblement européen, une douche à près de 250 000 euros… Le petit PDR aurait-il des bourrelets si honteux et si disgracieux que la crasse s’y entasserait avec un malin plaisir et nécessiterait un lavage or et argent ? Les photos retouchées des magazines français exposant la silhouette musclée de notre potentat sont si modifiées ? ! Cette douche ruineuse avait-elle des jets dédiés à masser notre illustre ? Avait-elle un réhausseur intégré ? Proposait-elle du petit DOP au lait de femelle crocodile ? Présentait-elle une double place, afin que notre dispendieux chef puisse chantonner la Marseillaise avec le contrôleur d’identité Besson en une chorale toute nationaliste ? Cette douche devait-elle faire passer l’addition quelque peu salée des 5000 euros de repas par tête ?
Karachi ? La vérité se situe dans les archives classées secret défense. Les terroristes islamistes ne seraient plus les coupables désignés d’office. Il s’agirait d’une sombre et dégueulasse affaire de commission, pour ne pas dire corruption, entre l’Etat français marchand d’armes talentueux et les hauts dignitaires militaires du Pakistan, qui faute d’argent n’ont pu se payer 15 jours aux Antilles… Vu les soupçons qui se portent sur le financement de la campagne présidentielle de Balladur via ces fameuses commissions, dont le porte parole n’était autre que Brutus Sarkozy, on va faire confiance à notre état major pour asphyxier le plus longtemps possible les révélations qui pourraient en découler… En attendant, les familles sont dans le doute et la colère. Et pendant ce temps là, notre petit PDR continue de fredonner au garde à vous, notre hymne national sous l’eau ruisselante de sa toilette quatre étoiles…
La centrale de Flamanville, verrue sur les falaises de la Hague, fait encore parler d’elle et la construction en son enceinte du nouveau réacteur EPR. En effet, les rapports européens et français se succèdent et se ressemblent. Ils mettent en doute la sureté de ce nouveau beau projet estampillé EDF au slogan niais de « changer l’énergie ensemble ». Apparemment EDF serait un peu seul à vouloir changer et contre l’avis de tous… Ce qui est drôle, inquiétant, amer, c’est d’avoir commencé à construire un réacteur avant même d’en déterminer les éventuels dangers… et les alertes sont issues d’instances loin d’être réputées pour être des écologistes révolutionnaires ou des opposants farouches à la gloire de l’atome…
Cette semaine fut encore riche en bonne nouvelles, alors comme dirait le philosophe Didier Super « vaut mieux en rire que de s’en foutre »…

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