Eric Raoult s’est illustré sur le chemin tortueux et glissant de la connerie ou plus exactement sur la route de la lèche éhontée envers son chef de camp.
Ce charmant parlementaire s’est fustigé d’un coup de gueule contre la lauréate du dernier prix Goncourt : Marie N’Diaye. Cette dernière a eu l’irrévérence de critiquer le régime sarkozyste et quelques hautes emblèmes sournoises du gouvernement de votre petit PDR : Hortefeux et Besson. A savoir les deux entités les plus ambigües, les plus antipathiques de nos têtes de gondoles politiques. Donc finalement la romancière s’inscrit dans une mouvance large et connue : l’allergie aux inamicaux. Au contraire d’une menace pour sa fronde, la lauréate mérite et suscite une amitié d’office.
Eric Raoult a demandé expressément, coincé dans sa chemise de vendeur de tapis, la condamnation par le ministère de la culture de Marie N’Diaye pour sa diatribe. Il veut que soit instauré « un droit de réserve » pour les vainqueurs du Goncourt.
Rien que ça.
En résumé « t’as le Goncourt et tu fermes ta gueule ! ». Cette réaction « extrême » en dit long sur l’idée de certains sur la liberté d’expression.
Les hommes et les femmes de lettres auréolés d’une récompense prodigieuse seraient ensuite soumis à un mutisme de bon ton.
Par cette grossièreté, cette vulgarité, cette éructation de bout de comptoir, Eric Raoult ajoute une illustration désolante, misérable, méprisable de sa vision politique. L’agité Raoult s’est déjà fait remarquer dans le passé par des positions dont « le progressisme » ne choquerait pas la chef camionneuse du Front National : il a en octobre 2009 approuvé l’expulsion de Tunisie d’une journaliste du Monde visiblement « trop critique » (tiens donc encore cette fameuse critique) vis-à-vis du pouvoir sans partage de Ben Ali, il s’est mobilisé pour le retour partiel de la peine de mort, il s’oppose fermement à l’homoparentalité…
Un homme étouffé donc de pensées humanistes, un militant de l’évolution sous toutes ses formes…
Eric Raoult se caractérise par cette quête fruste de la réflexion raccourcie vers les dogmes les plus imbéciles. Rien de surprenant au final. D’ailleurs dès l’origine cet énergumène, ce lèche-bottes insupportable donne la nausée. Pour preuve ? Dites vite fait et plusieurs fois d’affilée « Eric Raoult »… ça donne comme une envie de gerber, ça gratte la gorge…
Dans un même temps, Hortefeux, notre ami anti-auvergnat, organise une petite sauterie, « sa » petite sauterie, tout à la gloire de son illustre teint rosé, telle une pomme à peine mûre. Il convie les journalistes à sa fiesta subventionnée par TASER.
Les journalistes accourent, les petits fours ont l’air délicieux, les reporters de TF1 arrivent en tenue de gala, assurés d’une place privilégiée. Les chiffres servis en digestifs seront communiqués et relayés avec envie, avec une joie non feinte, par un Jean-Pierre Pernault chaussé de ses sandales en bouse de vaches du Languedoc.
Lors de cette bringue, Hortefeux célèbre la délinquance dans un étalage de statistiques et de contrôle au faciès. Il se congratule de condamnations, d’emprisonnements, de châtiments. Il se gausse en une commémoration inepte, alors que la société devrait déplorer la délinquance et lutter prioritairement contre ses causes et non plus faire de ses conséquences « le » baromètre de la popularité et l’efficacité politique. Mais les enjeux délicieux et délicats de la politique de communication, de la politique du spectacle en ont fait un motif absurde de surprise-partie.
Parmi le constat des infractions, une inédite fait son apparition au rang des actes habitués et stigmatise cette triste période que nous traversons. Oui je sais, il y a aussi la sortie de la nouvelle soupe en CD d’Amel Bent… vraiment les temps sont durs…
Je disais donc une chose inédite au titre des pratiques frauduleuses occupe le podium : le vol de nourriture est en augmentation continue. Ces actes malheureux sont exécutés par des personnes lambda dont le pouvoir d’achat a fondu aussi rapidement que sont montés vertigineusement les bénéfices actuels des banques prostitués et sans scrupules…
Dans ce cloaque de l’ordre, ce merdier de la répression célébrée comme l’ultime esthétique de l’humanisme, Hortefeux aura peut-être pondu avec ses conseillers à matraques, une loi prévoyant de sanctionner « les déclarations abruties, les demandes idiotes à fort relents anti-démocratiques. » Dans ce cas, Eric Raoult (ne vomissez pas !) doit préparer sa défense sans attendre. Le mur de Berlin est tombé il y a 20 ans, le mur du con lui est toujours aussi solide.

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