mercredi 14 octobre 2009

« Jeune étudiant pas très doué cherche un job d’appoint pour finir études de droit… »


J’aurai bien essayé le Mc Do, mais je n’aime pas l’uniforme. En plus, le clown me fait peur, il me rappelle Xavier Bertrand quand il se déguisait pour mes fêtes d’anniversaire. J’aurai bien essayé d’être serveur dans un bar, mais décidemment je n’aime pas servir. Rien que d’imaginer tout ces gueux à me sourire et me prendre en pitié avec leurs pourboires dérisoires... J’ai tenté un casting pour l’Oréal, maison bienfaitrice pour mes cheveux bouclés ors. Refusé. Le photographe avouait ne pas pouvoir supporter ma tête à claques. Je n'ai pas compris.

Je ne me décourageais pas, je suis quand même en deuxième année de droit ! Sans blague !

Je postulais secrètement à la tête de France Telecom. Refusé. On me répondait « on ne veut pas aggraver les suicides ! ». Je n’ai pas compris.

Ce n’était pas ma première déception.

En effet, j’avais postulé au ministère de l’économie des finances. Recalé. Alors que les équations à deux inconnues, putain j’y arrive presque... Je n'ai pas compris.

Je m’étais présenté au poste d’entraineur du PSG. Echec. On m’a dit qu’un sport collectif ne correspondait pas à mon ambition. Je n’ai pas compris.

Je m’étais proposé à la tête de France Télévision. On m’a juste répondu que la télé réalité et ses demeurés c’était chez Bouygues… Je n’ai pas compris.

Je m’étais proposé comme musicien pour ma belle mère Carla. Elle s’est baissée et a dévisagé mon vieux. Il m’a répondu à l’écart « ta nouvelle « môman» chante déjà de la soupe, va pas lui pourrir les légumes ! ». Je n’ai pas compris.

J’avais suggéré ma candidature aux élections européennes. Mon père m’a répondu que Strasbourg c’était trop loin, qu’il ne comptait pas aller me chercher tard le soir quand je pleurnicherai au téléphone… Et ce même si j’emmenais ma Playstation. Je n’ai pas insisté. Il faisait les gros yeux.

Je poursuivais mon chemin de croix, je divaguais dans les allées dorées du canton de Neuilly où je fus élu conseiller général des Hauts- de-Seine, en singeant les tics nerveux de mon créateur auprès des rombières endimanchées et la jeunesse HEC.

Pour éviter l’ennui je rendais visite à mon parrain Brice Hortefeux. Je lui racontais une blague sur les auvergnats, il n’a pas aimé. Il m’a congédié. Je n’ai pas compris.

Je passais au bureau de mon père. Il était occupé. Eric Besson, le majeur dressé dans ma direction, était sur ses genoux. Frédéric Mitterrand était assis au fond de la pièce, il regardait un film de Polanski, en se lamentant sur « sa mauvaise vie ». Je n’ai pas compris non plus…

Bref, je m’ennuyais ferme.

Et à l’horizon aucun job étudiant…

Je commençais à taper des pieds.

Mon père n’aime pas me voir triste. Sinon je fais des conneries. La dernière fois j’ai pris mon scooter… j'ai morflé : privé de "Frères Scott" pendant deux semaines !

Il m’a pris dans ses bras, sa tête dans mon nombril.

Il m’a donné son téléphone. Des gens sont venus me dire des petits mots gentils. Devedjian « aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années ». Balkany « mon petit Jean tu as plus de talent que ton père au même âge ». Ensuite papa m’a fait une surprise, il m’a dit « je te place pour prendre la tête de l'organisme en charge de l’aménagement de La Défense, le plus grand et riche quartier d’affaires de France, l’EPAD ! » Je n’ai pas compris. Mais quand il m’a annoncé le salaire…
Il a ajouté « je vais être accusé de népotisme, mais qu’ils aillent se faire voir ». Népotisme ? ! Là, je n’ai vraiment rien compris.

Il a grimpé sur une chaise m’a tapé dans le dos, content de me voir me calmer, mais quand même encore un peu chagriné, alors il m’a dit « écoute mon intervention sur la réforme des lycées, on va se foutre de la gueule de tout le monde, tu vas rire ! »

L’extrait de l’intervention en question :
« Désormais ce qui compte en France pour réussir, ce n’est plus d’être bien né, c’est d’avoir travaillé dur et d’avoir fait la preuve par ses études de sa valeur. »

Je n’ai pas compris…

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