
Je prends mon café. Je touille ma cuillère dans ce petit nectar noir qui viendra finir lentement sa course dans ma gorge, et me chatouiller les papilles. Il fait encore nuit dehors. Le soleil, les matins d'hiver, aime se faire désirer.
Les journaux fraîchement déposés sur le comptoir, me font des appels du pied. Difficile pour moi de résister à cette envie de lecture, à ce besoin de me tenir au courant de l'actualité. Mes yeux veulent dévorer les articles, mes oreilles veulent se délecter du bruissement des pages des quotidiens nationaux et régionaux, ouverts un à un.
Les nouvelles ne sont pas toujours bonnes, loin de là.
Une en particulier, et fort peu réjouissante me saute à la tête, heureuse de revendiquer sa crasse.
Le Paris-Dakar.
Le Paris-Dakar a remis ça. Sa caravane de givrés est repartie sur les routes.
Attention ! Chose particulière le Dakar s'habille, cette année, d'un exceptionnel ridicule : il se déroule en Amérique du Sud. Pourquoi ? La sécurité de cette course immonde serait en cause. Elle ne pourrait plus faire à sa guise, elle ne pourrait plus zigzaguer comme une crétine, sale môme dans un bac à sable trop grand, sur les paysages d'Afrique. Et oui, la misère en a eu marre de se faire exploser le visage par des pare chocs d'abrutis du chronomètre. Le Paris-Dakar et son gros cul colonialiste défilent donc dans les steppes d'Argentine.
Le Paris-Dakar, allez disons "le Dakar", pour être dans le vent, pour parler le langage Auto Plus, ne peut plus se contenter d'une cou-course, au milieu des crèves la dalle d'Afrique.
Le Dakar était ridicule, obscène, hideux, mais il a prolongé le plaisir sur les paysages andins.
Mais le ridicule ne dérange pas ce grand rallye, pour aventuriers estampillés "Y a bon Banania".
Souvenez-vous déjà, il y a quelques années, pour redorer son blason, cette compétition plaçait au commandement de ses troupes de simples d'esprit, Monsieur Johnny Hallyday, rocker pour bal du samedi soir. L'allure du tableau, la belle photo de famille !
Comme à chaque édition, cette "merveilleuse" épopée, est relayée avec force et conviction par la majorité des médias, corrompus qu'ils sont par la manne publicitaire. Qu'est ce qu'on ne ferait pas pour vendre du produit WC !
La télévision n'est pas en reste. France Télévision a beau être en plein marasme, elle diffuse quotidiennement les prétendus "exploits des acteurs", de cette expédition néo colonialiste.
Les journalistes en font des tonnes sur le "courage", le terrible engagement, la sportivité, l'humanité des concurrents...
Attention ! Émotion !Applaudissements ! Compassion à grosses louches, admiration généreuse ! Travelling ! Gros plans sur les participants éreintés, fatigués, le cul en compote, le dos douloureux, la face mal rasée, le slip qui pique, les yeux éprouvés... Le caméraman serre l'angle. Un compétiteur, ô le joli mot, pleure, assis comme un con sur le sol balayé par le vent, sa grosse bagnole, elle est toute cassée, chagrin au milieu de nulle part, une larme descend sur sa joue sale...
Stop !
Il faudrait que l'on se lamente sur leurs sorts de conquérants insipides, qu'on leur offre un petit mouchoir brodé, doux, confortable, pour leurs pifs crados abîmés et morveux...?
Il faudrait que l'on joue le jeu, que l'on se fasse leurrer, par ce film aux trémolos bidons ?
Il faudrait que l'on participe à cette tristesse imbécile ?
Alors que cet énergumène qui a brisé son jouet débile, qui s'écroule, effondré à cause d'une mécanique défaillante, a traversé, pollué des villages, des contrées où la population résiste dans un dénuement complet, se débat dans une purée d'emmerdes. Emmerdes vitales.
Le désert qu'il soit africain ou argentin, ses difficultés, ses pièges, ses mirages, qu'ils s'y perdent, qu'ils s'y énervent, qu'ils s'y engueulent, qu'ils s'y tripotent si ça leur chante, qu'ils y chialent à torrent, mais en silence, au moins en silence...
Pour ajouter au charme du tas d'ordures, le Dakar a des sponsors à la hauteur de son prestige.
Le premier d'entre eux : Total.
Comment peut-on résumer Total ?
Les marées noires, AZF, le Dakar, la Birmanie, les différentes affaires de corruption, Total persiste dans l'irrespect éloquent et royal, Total pullule dans un cocktail détonnant, composé de pollution industrielle autant que morale.
Total se fout de l'environnement, les plages souillées de pétrole sont une marque de fabrique, Total se fout de l'indemnisation des victimes, des espèces animales engluées dans sa mélasse...
Total, le Dakar, les sportifs du ridicule, un ensemble à éviter et pas par hasard.
Total, le Dakar, les sportifs du ridicule, un sombre mariage pour une belle saloperie.
Le Dakar s'est délocalisé en Amérique du Sud. Comme pour se payer une nouvelle virginité. Mais les vieilles catins traînent leur vécu.
Personne n'a oublié l'impact et l'histoire désastreuse de cette course de minables.
Le Dakar fut pendant des années, trop nombreuses, une compétition de guerriers armés d'un pot d'échappement entre les dents, défonçant à bord de leurs chars d'assaut, les chemins du Tiers monde. Des routes sur lesquelles, le Dakar a légalement écrasé des africains imprudents de se croire chez eux.
Tout ça pour arriver le premier, et secouer la bouteille de champagne sur un fond publicitaire, et faire la bise à Gérard Holtz !
Imaginez un instant, le phénomène inverse !
Une organisation africaine s'autoriserait à venir sur le continent européen, faire le Munich-Barcelone ! Des sénégalais, des togolais, des marocains, et j'en passe, viendraient faire les guignols, sur les routes de Bavière, de Lorraine, d'Auvergne, de Catalogne... Et de plus, par accidents stupides, ils repeindraient leurs carrosseries, écrans publicitaires roulants, de nos pauvres petites têtes blondes, insouciantes de s'amuser, aux bords du circuit improvisé par les flingués du volant !
Imaginez le scandale ! Les réactions déchaînées des médias, de l'opinion publique, la guerre à nos portes, les titres indignés de la presse... "Qu'est ce que c'est que ces nègres qui étalent leurs richesses vulgaires et écrasent nos enfants ?!"
Le Pen ferait le plein d'adeptes, pour moins que ça...
Les journaux fraîchement déposés sur le comptoir, me font des appels du pied. Difficile pour moi de résister à cette envie de lecture, à ce besoin de me tenir au courant de l'actualité. Mes yeux veulent dévorer les articles, mes oreilles veulent se délecter du bruissement des pages des quotidiens nationaux et régionaux, ouverts un à un.
Les nouvelles ne sont pas toujours bonnes, loin de là.
Une en particulier, et fort peu réjouissante me saute à la tête, heureuse de revendiquer sa crasse.
Le Paris-Dakar.
Le Paris-Dakar a remis ça. Sa caravane de givrés est repartie sur les routes.
Attention ! Chose particulière le Dakar s'habille, cette année, d'un exceptionnel ridicule : il se déroule en Amérique du Sud. Pourquoi ? La sécurité de cette course immonde serait en cause. Elle ne pourrait plus faire à sa guise, elle ne pourrait plus zigzaguer comme une crétine, sale môme dans un bac à sable trop grand, sur les paysages d'Afrique. Et oui, la misère en a eu marre de se faire exploser le visage par des pare chocs d'abrutis du chronomètre. Le Paris-Dakar et son gros cul colonialiste défilent donc dans les steppes d'Argentine.
Le Paris-Dakar, allez disons "le Dakar", pour être dans le vent, pour parler le langage Auto Plus, ne peut plus se contenter d'une cou-course, au milieu des crèves la dalle d'Afrique.
Le Dakar était ridicule, obscène, hideux, mais il a prolongé le plaisir sur les paysages andins.
Mais le ridicule ne dérange pas ce grand rallye, pour aventuriers estampillés "Y a bon Banania".
Souvenez-vous déjà, il y a quelques années, pour redorer son blason, cette compétition plaçait au commandement de ses troupes de simples d'esprit, Monsieur Johnny Hallyday, rocker pour bal du samedi soir. L'allure du tableau, la belle photo de famille !
Comme à chaque édition, cette "merveilleuse" épopée, est relayée avec force et conviction par la majorité des médias, corrompus qu'ils sont par la manne publicitaire. Qu'est ce qu'on ne ferait pas pour vendre du produit WC !
La télévision n'est pas en reste. France Télévision a beau être en plein marasme, elle diffuse quotidiennement les prétendus "exploits des acteurs", de cette expédition néo colonialiste.
Les journalistes en font des tonnes sur le "courage", le terrible engagement, la sportivité, l'humanité des concurrents...
Attention ! Émotion !Applaudissements ! Compassion à grosses louches, admiration généreuse ! Travelling ! Gros plans sur les participants éreintés, fatigués, le cul en compote, le dos douloureux, la face mal rasée, le slip qui pique, les yeux éprouvés... Le caméraman serre l'angle. Un compétiteur, ô le joli mot, pleure, assis comme un con sur le sol balayé par le vent, sa grosse bagnole, elle est toute cassée, chagrin au milieu de nulle part, une larme descend sur sa joue sale...
Stop !
Il faudrait que l'on se lamente sur leurs sorts de conquérants insipides, qu'on leur offre un petit mouchoir brodé, doux, confortable, pour leurs pifs crados abîmés et morveux...?
Il faudrait que l'on joue le jeu, que l'on se fasse leurrer, par ce film aux trémolos bidons ?
Il faudrait que l'on participe à cette tristesse imbécile ?
Alors que cet énergumène qui a brisé son jouet débile, qui s'écroule, effondré à cause d'une mécanique défaillante, a traversé, pollué des villages, des contrées où la population résiste dans un dénuement complet, se débat dans une purée d'emmerdes. Emmerdes vitales.
Le désert qu'il soit africain ou argentin, ses difficultés, ses pièges, ses mirages, qu'ils s'y perdent, qu'ils s'y énervent, qu'ils s'y engueulent, qu'ils s'y tripotent si ça leur chante, qu'ils y chialent à torrent, mais en silence, au moins en silence...
Pour ajouter au charme du tas d'ordures, le Dakar a des sponsors à la hauteur de son prestige.
Le premier d'entre eux : Total.
Comment peut-on résumer Total ?
Les marées noires, AZF, le Dakar, la Birmanie, les différentes affaires de corruption, Total persiste dans l'irrespect éloquent et royal, Total pullule dans un cocktail détonnant, composé de pollution industrielle autant que morale.
Total se fout de l'environnement, les plages souillées de pétrole sont une marque de fabrique, Total se fout de l'indemnisation des victimes, des espèces animales engluées dans sa mélasse...
Total, le Dakar, les sportifs du ridicule, un ensemble à éviter et pas par hasard.
Total, le Dakar, les sportifs du ridicule, un sombre mariage pour une belle saloperie.
Le Dakar s'est délocalisé en Amérique du Sud. Comme pour se payer une nouvelle virginité. Mais les vieilles catins traînent leur vécu.
Personne n'a oublié l'impact et l'histoire désastreuse de cette course de minables.
Le Dakar fut pendant des années, trop nombreuses, une compétition de guerriers armés d'un pot d'échappement entre les dents, défonçant à bord de leurs chars d'assaut, les chemins du Tiers monde. Des routes sur lesquelles, le Dakar a légalement écrasé des africains imprudents de se croire chez eux.
Tout ça pour arriver le premier, et secouer la bouteille de champagne sur un fond publicitaire, et faire la bise à Gérard Holtz !
Imaginez un instant, le phénomène inverse !
Une organisation africaine s'autoriserait à venir sur le continent européen, faire le Munich-Barcelone ! Des sénégalais, des togolais, des marocains, et j'en passe, viendraient faire les guignols, sur les routes de Bavière, de Lorraine, d'Auvergne, de Catalogne... Et de plus, par accidents stupides, ils repeindraient leurs carrosseries, écrans publicitaires roulants, de nos pauvres petites têtes blondes, insouciantes de s'amuser, aux bords du circuit improvisé par les flingués du volant !
Imaginez le scandale ! Les réactions déchaînées des médias, de l'opinion publique, la guerre à nos portes, les titres indignés de la presse... "Qu'est ce que c'est que ces nègres qui étalent leurs richesses vulgaires et écrasent nos enfants ?!"
Le Pen ferait le plein d'adeptes, pour moins que ça...

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