La nouvelle année s'annonce belle et vertigineuse de connerie. Elle n'aura rien à envier à sa devancière. Ce mois de janvier regorge de richesses en la matière. Il amorce la grande cuvée. Il nous fait toucher du doigt le merveilleux millésime. Nos charmants décideurs, décideurs de tout poils, de toutes confessions, ont l'air de se donner le mot, pour se foutre encore un peu plus ouvertement, allègrement de nos pauvres dégaines. Souchon évoque dans une de ses chansons les foules sentimentales. Les larmes commencent à poindre aux coins des yeux. Larmes de colère.
Des larmes jusqu'à lors, contenues dans nos espérances forcenées.
Peuvent-elles ou cherchent-ils à les transformer en larmes de révolte ? L'imbécilité, le mépris peut amener à une mobilisation qui ne se contentera plus de sécher ses pleurs.
Pour l'instant, ils en profitent les margoulins.
Ils ont raison.
On ne dit rien.
On encaisse.
On morfle.
Jusqu'à quand...
Moi ma patience a déposé la date de péremption.
En ce moment, la palme revient haut la main, à une réclame télévisuelle, crasse parmi les crasses.
Je décris.
Des traders sont assis en cercle, façon secte en pleine réflexion, alcooliques anonymes en flagellation. Ils se confient, se jurent qu'ils ne se confondront plus, ô grand jamais, dans des placements financiers inconscients, dans des investissements grotesques. Qu'ils ne joueront plus comme des sales mômes avec nos comptes en banque, sur les marchés aveugles et corrompus des grandes places boursières. Et malgré ces belles promesses, un des leurs avoue sa faute, il a recommencé, incorrigible drogué à la spéculation. Il a encore agi de manière inconsidérée, rien à battre des pauvres cons d'ouvriers, d'employés, des smicards, des classes moyennes, de la paupérisation rampante... L'appel de l'argent, du profit, des slogans « travailler plus pour gagner plus » l'ont fait replonger dans la purée de ses angoisses chiffrées... Les autres le dévisagent, honteux, mais on devine bien que leur thérapie est une pause, qu'ils vont tous reprendre des forces, attendre que la tempête passe, et qu'ils vont tous se jeter dans les plus brefs délais à corps perdus, dans leur quête de fric à grosses louches, peu importe les moyens, les dégâts. On nous vend ça comme de la « publicité humoristique », inscrite dans l'air de temps, moderne. On en avale des couleuvres ! L'indigestion est longue à venir. L'agence de publicité, cette pute aux dents acérées, a eu la main lourde. Sur nos déboires, nos inquiétudes, nos angoisses, elle a assise son gros cul malsain, sur nos pauvres trognes, elle s'est bien marrée de nos existences. Nos infortunes ont inspiré le sourire aux carnassiers. Notre silence complice, notre immobilisme, notre trouille du lendemain les confortent dans leurs résidus, leurs insultes crachées à nos faciès. Eux ils ont bien ri et ont peut entendre encore leurs éclats de rire.
À ce sujet, notre petit PDR (Président de la République) les a bien fait marrer aussi. Il a dit aux vilains spéculateurs et banquiers de leur état, de ne pas prendre l'argent issu de leur transaction, parce que c'était pas beau de se goinfrer quand les autres tirent la langue et récupèrent les cartons de Noël pour se loger. Ils ont entendu, ne se sont pas esclaffés tout de suite, ils se sont retenus en pouffant dans leurs mains. Ils ont murmuré dans leurs portefeuilles de stock options, en chuchotant « quel déconneur ce Nico ! ». Pas longtemps, ils se sont empressés d'adresser une fin de non recevoir, à la tête de notre petit père des peuples, trop content de sa blague gauchiste. Nous, pensifs, une humiliation de plus, collés au fauteuil devant la télévision, comme un chewing-gum sous une godasse...
Le port de l'uniforme à l'école.
Xavier Darcos, un nom à consonance "Guerre des étoiles", a jeté un pavé dans la marre. Un pavé redondant, aux gros traits, qui à peine lancé, passionne la foule, la connasse : le retour de l'uniforme à l'école. À chaque crise que traverse l'éducation Nationale, par exemple ces derniers temps sont marqués par la réforme de lycée, les vœux chahutés de notre petit PDR arrogant au personnel enseignant, à chaque crise donc, ce faux débat sur la blouse réglementaire est jeté sur les bancs de l'école. Un bel écran de fumée, une enfilade de plus, une déviation honteuse, ce joujou est balancé sur le devant de la scène, pour occuper la masse et la mémoire à papa. Ce n'est pas finement orchestré, les fils de la marionnette sont grossiers, mais ce n'est pas grave, la recette marche toujours, et de belle manière.
L'imbécile regarde toujours le doigt qui montre la lune...
Les médias enchainent et s'acharnent à nous ressasser les vertus du déguisement écolier. La réflexion laisse sa place aux solutions passéistes, soubresauts devant la déchéance d'un monde révolu. Le piège était tout petit, minuscule, mais le monde avide de questions passe-temps, s'est engouffré tête la première.
Le papier-mouche est toujours efficace.
Darcos Vador n'a pas besoin de son épée laser.
Les voix s'étranglent de trémolos nostalgiques. La génération, les générations précédentes regrettent, et fustigent la jeunesse à coups de « de ce temps là ! De mon temps !... » Souvenirs à la limite du récit de l'orange en cadeau à Noël... La tristesse de l'ordre, des coups de règles sur le bout des doigts, les bonnets d'âne, le humiliations physiques... se muent en prunelles larmoyantes...
La cloche sonne.
Autre sujet.
Les banques et leurs tenanciers en étroite collaboration avec le pouvoir en place, après une campagne de publicité proche de l'incontinence, ont dans l'arène des intérêts bancaires, baissé leur pouce impérial sur le Livret A. Les classes populaires chialaient déjà sur leur pouvoir d'achat. Elles remercient tête basse, ce massacre, avec un persistant et profond mal au cul...
L'ancien taux était, à en croire les mines grises, un véritable motif de fêtes innombrables, de manifestations joyeuses, feux d'artifices, orgies indescriptibles, de ... 4%... Maintenant les troubadours sont rangés, les trompettes ne jouent plus, les gens se terrent et cachent leurs économies sous le matelas de grand-maman... le taux est de 2,5%... Et encore, avec une rallonge exceptionnelle de notre petit PDR à talonnettes de 0,5%...
Au suivant.
Le ministère des pauvres et crucifix, avec à sa direction, la nonne relookée Desperate Housewife, C. Boutin, au lieu de donner un toit aux SDF, propose de les compter... Après la tentative de baraquement obligatoire des exclus extrêmes, dans des centres pouilleux, crasseux, impudiques, violents, tout ça pour ne pas enlaidir les vitrines des soldes, la mère supérieure et ses chapelets vont s'exercer au recensement de la population des trottoirs. Ça ne mange pas de pain. Ça tombe bien, les dénombrés non plus.
Au suivant.
Je ne reviendrais pas sur le tapage médiatico-dramaturgique du Paris-Dakar en Argentine. Je demande juste pardon aux sud américains, on leur fourgue toutes nos ordures, les bivouacs pour les pots d'échappements des conquérants en 4X4, les chants braillards du populiste Pagny...vraiment pardon.
Heureusement, Gérard Holtz et le groupe Amauri ont rangé leurs Majorettes... (attention, appel à la cage à souvenirs, les voitures Majorettes de notre enfance...)
Le Vendée Globe, la course autour du monde en solitaire, suivi par satellite, GPS, téléphone portable, caméras, reportages, des nouvelles tous les jours des concurrents, matin, midi, soir... Le mot à retenir : solitaire...
Un petit dernier pour la route, pour couronner cette belle série de foutage de gueule : Koh Lanta.
Attention, les éminences grises de TF1, ont nommé ça : Le retour des héros. La définition du héros a quelque peu évolué, évolué au gré des flatulences de la télé réalité. Un héros, c'est un individu qui sur une île, sans nourriture, dans des conditions rudimentaires, primaires, doit écraser, affamer, affaiblir son prochain, en mangeant des vers gluants... Le tout pour gagner de l'argent, le but ultime, le nerf de la guerre, même s'il faut éliminer, faire crever l'autre. Avec cette petite joie de se voir féliciter par l'autre grande nouille de Denis Brogniard, philosophe guerrier, chef et gardien de l'homme-animal, pantin favori du zoo de TF1.

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