mercredi 19 août 2009

Happy end au pays du chat...


L’étudiante française prisonnière du régime iranien a été libérée.

Sous caution bien entendu.

Cette dernière tournerait autour des 200 000 euros.

Le mépris de justice se monnaye ainsi au pays du chat. Non pas l’animal, mais le chef spirituel des institutions iraniennes. Evidemment, il fallait la sortir des griffes de cette justice litière. Oui là aussi c’est celle du chat. Je ne te dis pas lequel, t’es assez grand.

Elle était accusée d’avoir participé aux manifestations remettant en cause l’élection du grand démocrate et sain d’esprit Ahmadinejad.

Effectivement elle y était et a envoyé les images du rassemblement contestataire en France, à ses amis. Oui elle a des amis.

La parano est un des points communs de tous les tyrans ou dictateurs que notre joyeux monde a accouché au fil des siècles. Alors les vassaux du paranoïaque ont bricolé un procès à la va vite, en criant, très fort au scandale, à l’intrusion d’espions français sur le territoire iranien. Clotilde Reiss, l’étudiante en question, fut désignée et accusée d’être une James Bond au service des renseignements français. S’en suivait une procédure judiciaire. En fait, une mascarade de jugement, puisque la jeune femme confessait sa faute sous la pression des autorités et leurs costumes de censeurs.

Les arbitres intermittents de la vertu ont joué leur rôle dans une parfaite composition. Ils ont dans une grande orchestration médiatique démontré, témoignage forcé à l’appui de Clotilde Reiss, que l’Iran était bien la cible des méchants services secrets occidentaux. Quel scoop…

Après ce triste théâtre, les geôliers de la justice gaudriole ont relâché la malheureuse, immédiatement partie se réfugier sous la protection diplomatique de l’ambassade française. Le pseudo palais de justice s’est alors fendu d’un éclat de rire comme rarement il avait connu. Un homme dans le fond de la salle a même regretté de ne pas l‘avoir fait sortir en Burqini, pour assurer la déconne jusqu’au bout…

Réjouissons-nous, la jeune femme va bientôt regagner ses pénates et retrouver son doudou. Les 200 000 euros de caution sont oubliés, le trésor public a juste prévenu que ça faisait cher les photos et les vidéos mal filmées.

Tout pourrait s’arrêter là, dans un joli feu d’artifices et ce happy end.

On peut même se donner de l’espoir en admettant que depuis 2007, c’est le premier geste positif du gouvernement Sarkozy envers le monde étudiant…

Mais non.

Pourquoi ?

Parce qu’on nous apprend que la Syrie et son chef lui-même auraient joué une fonction centrale dans la libération rapide de notre Marianne…

Bachar el-Assad, président-souverain-colonel-despote syrien, successeur de son père en s’assurant l’absence d’opposition, aurait usé de toute son influence, pour obtenir la libération de notre Clotilde nationale. Tel que les médias nous l’ont présenté, l’autocrate syrien apparait comme le bon pote qui passait dans le coin. Il a entendu du bruit dans les travées du tribunal. Ce samaritain n’a pu retenir son élan et s’est entiché de devenir l’avocat privilégié de cette malheureuse Clotilde-Cendrillon, abattue, larmes aux yeux. D’ailleurs, il ne pouvait voir que ça, ces gros yeux tuméfiés de pleurs, à cause de ce laid foulard, tenue obligatoire pour l’élément féminin, qui ornait le doux visage de l’effrontée vidéaste, à la solde des occidentaux. Elle n’est pas belle histoire… ?

Ben voyons…

Les 200 000 euros de caution sont la face visible de l’iceberg, ils prennent tout d’un coup l’allure d’argent de poche…

Bachar el-Assad n’a pas la tronche à être bénévole aux Restos du Cœur, ça se saurait… tu l’as déjà vu chanter du Goldman ? Moi non…

S’il a bougé son honorable fessier et fait jouer ses relations amicales et diplomatiques, c’est soit contre monnaie sonnante et trébuchante, soit contre une sympathique vente d’armes sous le manteau avec un taux de crédit proche de celui du livret d’épargne populaire, soit les deux avec un séjour à Paris aux frais de la République… Les médias laissent filer l’information, ne creusent pas plus loin, le Père Noël est en avance.

Les affres de la diplomatie se font de ces subtilités mercantiles, de ces petits arrangements entre amis, mais on reste heureux de l’essentiel, notre Clotilde va gambader dans quelques semaines dans les amphithéâtres universitaires, au lieu de croupir dans les prisons iraniennes que l’on soupçonne aussi douces que celles de France...

Et puis, pour se reposer notre valeureuse étudiante aura peut-être des vacances prolongées, si au moins trois étudiants montrent les signes avant-coureurs de la grippe A.

Happy end je vous dis, happy end…

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire