
Le salon de l’agriculture a ouvert porte de Versailles. Les bovins, moutons, chèvres, animaux de basse-cour y sont choyés, brossés, présentés, nœuds papillons, cravates, coiffés raies sur le côté, exposés sous la chaleur publicitaire des luminaires prévus pour. Les visiteurs hument le crottin avec frénésie, ils se réjouissent de cette ferme géante à leurs pieds où la gentille agriculture y est exhibée comme jadis les expositions coloniales.
Toujours du bon côté des choses.
La campagne proclamée berceau de l’existence où la nature est reine. La campagne étiquetée « la vraie vie » se conjugue en bottes caoutchouc et casquettes à l’ancienne. Ça sent le terroir par tous les pores. Certains énergumènes de téléspectateurs avisés et vidés par la télévision et ses écrans de fumée sont persuadés d’être dans le studio d’enregistrement de « la partouze est dans la paille » ou « le bonheur est dans le pré ». Peu importe le nom. Par son exploration, ils comprennent mieux la solitude des paysans lorsqu’ils constatent que les greluches en talons aiguilles préfèrent tâter le pis de vaches plutôt que la pogne du propriétaire.
Les bidons de lait jetés sous les fenêtres des préfectures sont un lointain souvenir, ils ne sont plus que des images d’archives de l’INA. Le décor est soigneusement préparé, vendu, ankylosé par les grands groupes agricoles. Les pollutions des producteurs de cochons, en Bretagne et ailleurs, ne sont pas évoquées, ça ferait désordre. L’agriculture aveugle, intensive, massive et ses pesticides acides sont rangés sous le tapis au fond. Les cultures partiellement OGM sont classées dans le portefeuille de la rentabilité. Les esclavagistes des exploités agricoles aux doux noms de grandes surfaces ne sont plus montrés du doigt. Il ne s’agit pas d’effrayer les touristes en quête d’authenticité sous cellophane. Il faut sauvegarder cette hypocrisie source de tranquillité. D’ailleurs un stand de cocaïne attend les réfractaires à la joie des pâquerettes.
En tout cas, le salon est le point de convergence des personnalités politiques en quête de respectabilité jusque sous le derrière des poules pondeuses. Après un jeûne de trois jours, ils se succèdent nos élus ou presque, ils se suivent en un rythme dicté par leurs attachés de presse et leurs stratégies électorales. Ils viennent davantage caresser dans le sens du poil les fermiers que leurs bestioles dont ils n’en ont rien à cirer à part en gigot avec des frites. Ils chassent les voix de la France des champs. Ils naviguent à travers les étalages et ils bouffent en serrant des mains ; et ils se goinfrent en écrasant des paluches ; et ils boivent en pressant des pinces ; et ils se bâfrent jusqu’aux gencives en contractant des milliers de doigts ; et ils s'empiffrent jusqu’à la gorge en étranglant des mimines ; et ils picolent cul-sec en loupant les poignets… Ils sortent le ventre capitonné, farci, bondé au bord de l’étouffement, raz la gueule, la tête retournée par les vins de pays, la gnôle et liqueur pour la route… Ils montent dans leurs voitures en prenant garde de ne pas dégobiller sur les photographes. Ils se vautrent comme des baleines échouées sur un ban de sable, ils s’affalent sur le siège mou de leur berline, retiennent comme ils peuvent l’éructation gigantesque coincée derrière leurs amygdales, se touchent la bedaine et commandent recta un sondage chez les bouseux, sans oublier un SMECTA dans un verre d’eau en prévision d’une nuit digestive délicate…
Au salon de la connerie vocale, la Nouvelle Star a de nouveau ouvert ses esgourdes. Depuis la première année de « compétition »diffusion de ce radio déchets, pardon radio crochet, le scénario est connu d’avance : des jolies voix entendues mille fois ; des rebelles à l’allure Neuilly-les-cheveux-dans-les-yeux ; des gothiques maquillés comme Régine, avec la croix de Jésus à l’envers (cloué et à l’envers, dure le boulot de prophète !), en tout cas des jeunes sombres (ouh la la la la ! Frémissement chez la ménagère de moins de 50 ans !) ; des belles gueules à guitares sèches pour les ados prépubères dont les émois hormonaux se caractérisent en de cris stridents ; d’autres qui chantent du rock (ouh la la la la ! (bis)), parmi ceux-ci un trop "ouf "va faire une reprise de « L’école est finie » avec une barrette dans le nez et sera sacré original de l’année ; des lourdingues qui braillent du Lara Fabian encore plus mal que Lara Fabian ; sans oublier des humiliations par centaines de rêveurs, dignes des jeux du cirque par les caméras avides du massacre, du ridicule. C’est bon l’humiliation, ça rassure, ça défoule, ça apaise, ça évite de penser. Et enfin au bout de cette course ringarde, un vainqueur dont la durée artistique équivaut à celle d’une huître aux alentours de Noël, élu par un public conditionné et un jury avec tête de gondole : Lio… Oui, oui, Lio…
Le salon de la politique poubelle bat son plein sous le chapiteau crasseux des élections régionales. Le Languedoc-Roussillon est le théâtre d’une guerre où se mêlent antisémitisme, haine du harki, xénophobie d’égout d’un potentat en divorce avec son parti gêné aux entournures épineuses. La Région Île de France n’est pas en reste. Les alliés de Pécresse se sont rués sur un des adversaires de Miss RER au sourire niais. Leur cible ? Un opposant dont la couleur de peau est plus foncé que leur teint estampillé Hortefeux. Vautrés dans un racisme pullulant que ne renierait pas un borgne célèbre, ils se sont mépris en octroyant des condamnations en série à leur antagoniste. Manque de bol ou incompétence dans la calomnie, la personne fichée au commissariat n’était qu’un homonyme… Les vieilles ganaches pétainistes dont la dénonciation s’appuie sur la prétendue causalité immigration-délinquance ont encore pignon sur urne…
Au salon du mauvais goût, des patrons farceurs continuent leurs délicates mesures face à la crise dont pourtant la bourse ne souffre pas, en proposant des délocalisations dans l’Europe de l’est au tarif d’un salaire d’enfant chinois, à des hommes et des femmes dont le crédit Conforama revêt du jour au lendemain l’allure d’une corde au plafond…
Salons piège à cons !
Toujours du bon côté des choses.
La campagne proclamée berceau de l’existence où la nature est reine. La campagne étiquetée « la vraie vie » se conjugue en bottes caoutchouc et casquettes à l’ancienne. Ça sent le terroir par tous les pores. Certains énergumènes de téléspectateurs avisés et vidés par la télévision et ses écrans de fumée sont persuadés d’être dans le studio d’enregistrement de « la partouze est dans la paille » ou « le bonheur est dans le pré ». Peu importe le nom. Par son exploration, ils comprennent mieux la solitude des paysans lorsqu’ils constatent que les greluches en talons aiguilles préfèrent tâter le pis de vaches plutôt que la pogne du propriétaire.
Les bidons de lait jetés sous les fenêtres des préfectures sont un lointain souvenir, ils ne sont plus que des images d’archives de l’INA. Le décor est soigneusement préparé, vendu, ankylosé par les grands groupes agricoles. Les pollutions des producteurs de cochons, en Bretagne et ailleurs, ne sont pas évoquées, ça ferait désordre. L’agriculture aveugle, intensive, massive et ses pesticides acides sont rangés sous le tapis au fond. Les cultures partiellement OGM sont classées dans le portefeuille de la rentabilité. Les esclavagistes des exploités agricoles aux doux noms de grandes surfaces ne sont plus montrés du doigt. Il ne s’agit pas d’effrayer les touristes en quête d’authenticité sous cellophane. Il faut sauvegarder cette hypocrisie source de tranquillité. D’ailleurs un stand de cocaïne attend les réfractaires à la joie des pâquerettes.
En tout cas, le salon est le point de convergence des personnalités politiques en quête de respectabilité jusque sous le derrière des poules pondeuses. Après un jeûne de trois jours, ils se succèdent nos élus ou presque, ils se suivent en un rythme dicté par leurs attachés de presse et leurs stratégies électorales. Ils viennent davantage caresser dans le sens du poil les fermiers que leurs bestioles dont ils n’en ont rien à cirer à part en gigot avec des frites. Ils chassent les voix de la France des champs. Ils naviguent à travers les étalages et ils bouffent en serrant des mains ; et ils se goinfrent en écrasant des paluches ; et ils boivent en pressant des pinces ; et ils se bâfrent jusqu’aux gencives en contractant des milliers de doigts ; et ils s'empiffrent jusqu’à la gorge en étranglant des mimines ; et ils picolent cul-sec en loupant les poignets… Ils sortent le ventre capitonné, farci, bondé au bord de l’étouffement, raz la gueule, la tête retournée par les vins de pays, la gnôle et liqueur pour la route… Ils montent dans leurs voitures en prenant garde de ne pas dégobiller sur les photographes. Ils se vautrent comme des baleines échouées sur un ban de sable, ils s’affalent sur le siège mou de leur berline, retiennent comme ils peuvent l’éructation gigantesque coincée derrière leurs amygdales, se touchent la bedaine et commandent recta un sondage chez les bouseux, sans oublier un SMECTA dans un verre d’eau en prévision d’une nuit digestive délicate…
Au salon de la connerie vocale, la Nouvelle Star a de nouveau ouvert ses esgourdes. Depuis la première année de « compétition »diffusion de ce radio déchets, pardon radio crochet, le scénario est connu d’avance : des jolies voix entendues mille fois ; des rebelles à l’allure Neuilly-les-cheveux-dans-les-yeux ; des gothiques maquillés comme Régine, avec la croix de Jésus à l’envers (cloué et à l’envers, dure le boulot de prophète !), en tout cas des jeunes sombres (ouh la la la la ! Frémissement chez la ménagère de moins de 50 ans !) ; des belles gueules à guitares sèches pour les ados prépubères dont les émois hormonaux se caractérisent en de cris stridents ; d’autres qui chantent du rock (ouh la la la la ! (bis)), parmi ceux-ci un trop "ouf "va faire une reprise de « L’école est finie » avec une barrette dans le nez et sera sacré original de l’année ; des lourdingues qui braillent du Lara Fabian encore plus mal que Lara Fabian ; sans oublier des humiliations par centaines de rêveurs, dignes des jeux du cirque par les caméras avides du massacre, du ridicule. C’est bon l’humiliation, ça rassure, ça défoule, ça apaise, ça évite de penser. Et enfin au bout de cette course ringarde, un vainqueur dont la durée artistique équivaut à celle d’une huître aux alentours de Noël, élu par un public conditionné et un jury avec tête de gondole : Lio… Oui, oui, Lio…
Le salon de la politique poubelle bat son plein sous le chapiteau crasseux des élections régionales. Le Languedoc-Roussillon est le théâtre d’une guerre où se mêlent antisémitisme, haine du harki, xénophobie d’égout d’un potentat en divorce avec son parti gêné aux entournures épineuses. La Région Île de France n’est pas en reste. Les alliés de Pécresse se sont rués sur un des adversaires de Miss RER au sourire niais. Leur cible ? Un opposant dont la couleur de peau est plus foncé que leur teint estampillé Hortefeux. Vautrés dans un racisme pullulant que ne renierait pas un borgne célèbre, ils se sont mépris en octroyant des condamnations en série à leur antagoniste. Manque de bol ou incompétence dans la calomnie, la personne fichée au commissariat n’était qu’un homonyme… Les vieilles ganaches pétainistes dont la dénonciation s’appuie sur la prétendue causalité immigration-délinquance ont encore pignon sur urne…
Au salon du mauvais goût, des patrons farceurs continuent leurs délicates mesures face à la crise dont pourtant la bourse ne souffre pas, en proposant des délocalisations dans l’Europe de l’est au tarif d’un salaire d’enfant chinois, à des hommes et des femmes dont le crédit Conforama revêt du jour au lendemain l’allure d’une corde au plafond…
Salons piège à cons !

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