samedi 7 mars 2009

Club Merde,


La Guadeloupe, la Martinique, la Réunion ne sont pas des paradis terrestres. Ces îles ne sont pas soumises à un régime d'exception. La métropole fait semblant d'ouvrir les yeux. Elle ose timidement s'en rendre compte, longtemps aveuglée par son besoin d'exotisme, scandé par les dépliants Club Med.

Le panier de la ménagère de la France continentale souffre d'un régime obligatoire, prolongé par l'affairisme et l'égocentrisme du sarkozysme. Mais le sac à provisions et les emplettes de sa cousine d'Outre-mer n'ont rien à lui envier, dans la déconfiture mondiale des économistes traders. L'inflation gonfle les prix et vide les frigos.

Cinq fruits et légumes par jour qu'ils disent sans rire...

Les français métropolitains ne voulaient pas voir la réalité.

Ils feintaient de voir dans les territoires d'Outre-Mer que des îlots paradisiaques pour bermudas fluos ; des plages de sable blanc pour y poser leurs gros culs et leurs papiers gras ; des étendues de mer bleue azur, à perte d'horizon pour faire le bonheur de leur appareil photo numérique ; des cocotiers abondants, une végétation luxuriante, des cocktails et des danseuses à ceintures de fleurs, pour réjouir l'instinct primaire de conquérant des touristes à casquettes ; des étales de produits locaux pour s'essayer au marchandage chez les sauvages...

Les continentaux sont de grands enfants.

Ils aiment à croire aux rêves les plus invraisemblables.

Un peu comme toutes ces truffes, ces familles, qui sourient aux personnages dans les parcs d'attractions et qui ne veulent pas voir l'individu en sueur, en dessous, payé en peau de chagrin, essoufflé, abruti par ces semblables, habités par des envies de violence à force de s'exhiber devant les moues capricieuses des vagues de chiards, d'ados boutonneux, d'adultes sirupeux et dédaigneux. Des dominants en plein bonheur.

Bref, la grande soeur France voit sa famille lointaine protester dans l'escalier du développement économique et social. Les syndicats sont dans la rue et sont sacrement motivés. Les mouvements syndicaux de la métropole seraient inspirés de se montrer aussi convaincants... et ne plus nous offrir ses éternels défilés mous du slogan.

Les français de la souche originelle, Paris et ses provinces sont surpris de constater que leurs beaux jouets tropicaux ont la tronche d'un lendemain de cuite : pâteuse, la gueule de bois. Évidemment, cette belle photographie est loin des terres entourées d'océan myosotis, ne ressemblent en rien à la belle carte postale, vendue par les agences de voyages. Le français lambda a enfin les prunelles qui piquent, le tourisme a laissé tomber le décor. Derrière les enceintes des plages privées, les galeries marchandes sous soleil triomphant, le folklore « Y a bon Banania » a mauvaise haleine. La course à l'argent, la cause immobilière des hôtels surcotés et surprotégés, subventionnés par Coca Cola et consorts épris de la manne financière crapuleuse, ont jailli au 20H, au rythme des grèves enlevées et mobilisatrices du LKP, une sorte de CGT locale. La métropole a vu défiler son arrogance, sa suffisance dans les villes de Guadeloupe et autres coins du bout du monde, où flottent le drapeau tricolore. Le tourisme a montré sa figure de margoulin, ses jolis scénographies pour gogos en tongs, ses belles toiles trompeuses pour stressés grisâtres. Le tourisme à force de tirer sur la couleur locale, d'abuser de l'hospitalité sous payée des palmiers, a fini par lasser les habitants à temps plein de ces « chers » îles.

Bravo les amis, vous avez montré votre courage et la force de votre mobilisation. Les informations ont annoncé les accords décrochés et arrachés à force de lutte. Vous avez prouvé que vous n'étiez pas que des Frankie Vincent pour beaufs, ou des Compagnies Créoles pour bals du samedi soir.

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