jeudi 10 décembre 2009

le "lip daube" ...



La jeunesse UMP ne savait plus quoi faire de ses journées ensoleillées. Les saucisses merguez ne suffisaient plus à son appétit. La pluie de ces dernières semaines ont dû paraitre bien longues et lancinantes pour ces jeunes guillerets, joviaux et autres folâtres.

Écrasés par le lourd ciel sans nuages des Landes, la jeunesse UMP (n’y a-t-il pas ici un contre sens… ?) au sourire extra blancheur a dû sévèrement faire tourner les serviettes et faire circuler le Perrier rondelle, lors de l’université d’été de leur parti patrie, en la apparemment "festive" ville de Seignosse.

Emportée par cette cuite monumentale qui a vu Xavier Bertrand finir torse dénudé, ravagé par un cidre sec trop frais, sifflotant les paupières mi-closes YMCA des Village People, la gironde et fine équipe des jouvenceaux sous suppositoire Sarkozy s’est éprise de réaliser un "lip dub". Cette technique consiste à mimer les paroles d’une chanson, connue et entrainante si possible, et contenant ô merveille un message.

Pour le message, ceux qui l’ont reçu sont ceux qui soudainement pendant et après le visionnage de ce clip grossier, ont ressenti une profonde douleur que nous qualifierons de rectale.

Passons au débriefing de cette farce putassière.

Alors évidemment ce "débrif " pour parler branché la main dans les cheveux l’air de réfléchir, ne s’appuie, malheureusement ou heureusement, que sur les extraits pêchés ici ou là sur la toile, nom métaphorique du terme terne d’Internet.

Un, deux, trois, vous pouvez commencer à taper la cadence avec vos doigts, et vous remémorer ce hit disgracieux et m’accompagner.

Premier plan, Rama Yade dont la moue cache mal le fait d’avoir été posée là, sur un banc de jeunes premiers dont l’acné n’est effacée qu’avec peine par un Biactol poussif. Les têtes d’anges qui l’accompagnent ont pourtant tous le look et la dégaine à papa…

Deuxième plan, Rachida Dati, juriste de luxe, plus proche du temps de son passage à la justice de Chanel et Dior que des conditions déplorables des centres pénitenciers… Elle annonce sans rougir, toutes dents dehors, qu’elle entend "la révolte qui gronde", tout en levant le bras gauche comme un "j’men balance jusqu’à l’épaule"… Ce passage, les juges, les avocats, le système judiciaire dans son ensemble ont dû apprécié, au souvenir de la surdité persistante de Madame face à leur demande de dialogue…

Troisième plan, Quasimodo ! On pense d’emblée à un remake de Notre Dame de Paris, la comédie musicale cause de suicide imparable chez les gargouilles. On craint d’apercevoir Fiori, on prépare le piège à loups… Non en fixant d’un peu plus près, on reconnait Raffarin, seul, petit vieillard au visage libidineux, prônant une nouvelle société. Rien à ajouter…

Quatrième plan, David Douillet est entouré d’une chorale estampillée eau précieuse. Visiblement les concepteurs du vidéoclip lui ont interdit de se joindre à la chorégraphie du groupe, de peur qu’il assomme un petit communiant.

Cinquième plan. Un des plus drôles sans doute. Fallait que ça tombe sur elle ce genre de connerie. Christine Lagarde. Son air de chien battu à côté d’un pré-pubère mafioso déguisé en Dick Tracy. Elle nous fait mal Christine. On sent bien que ce n’est pas son truc la gaudriole en rythme. Elle nous décoince une pseudo-danse, le manche à balai a l’air bien tendu. Ses deux petites mimines empotées ont l’air de demander du fric… Elle est si peu souple qu’on dirait une réclame pour une greffe des bras.

Sixième plan, Vautier et ses yeux ébahis, acculé au faciès crispé et qui ne comprend pas ce que font ces jouvencelles en débardeurs à se dandiner devant sa chevelure grisonnante…

Septième plan, Darcos avec son allure de Proviseur adjoint affirme avec espoir "nous saurons bien les transplanter". Parle t-il des membres de Lagarde ?...

Huitième plan, la provocation a un visage et une gestuelle : Frédéric Lefebvre et son joli cœur Peace and Love. C’est vrai qu’avec sa chevelure mi-longue et légèrement ondulée, il est certainement le plus hippie de sa clique de croque-morts.

Neuvième plan, la séquence comique… La séquence « Y-a-t-il un pilote dans l’avion ? ». Non, il est dans sa bagnole 4x4, il est non-voyant, il se nomme Gilbert Montagné et vient d’écraser les pompes de Jean Sarkozy le cadreur pour l’occasion…

Ensuite se croisent et se décroisent en une subtile mélodie Rachida Dati, encore elle, bloquée entre deux polos de teenagers cachetés "la droite en vacances", et Valérie Pécresse qui se déhanche en un mouvement personnel, tout de blanc vêtue, tel un Kamel Ouali sous drogue douce…

Darcos revient et dessine un gros rond dans l’air, censé représenter le monde, la Terre, notre planète bleue en attente de l’UMP, ces rêveurs traders, ces convertis à l’affairisme, à la tradition, à la ringardise, à la dangereuse confusion entre identité nationale et immigration… ce rond symbole est pourtant d’une toute autre nature, il n’est que le contour de la sphère anale, la nôtre, où ce film de propagande poujadiste se complaît en une évidente violence intellectuelle.

Les plans se poursuivent et nous stimulent une forte envie de dégobiller.

La séquence "cliché" arrive en vélo avec dessus la nommée pour l’écologie, lèvres en fleur, sur fond végétal vert.

La séquence "rien à battre" avec Devedjan qui se contrefout de ce pastiche-programme-politique, en s’appuyant sur un mur comme on attend une bière avant de retourner bosser.

La séquence "traître" avec le félon Besson, qui à peine la caméra braquée sur lui, glisse, le visage menaçant, style bandit en cavale, ses mains dans le dos de deux jeunes innocentes... On a envie de les avertir de se retourner... L’œil avertit note que parmi les deux innocentes, les initiateurs de ce diner dansant ont placé une femme de couleur noire. Manipulation qui ne se s’embarrasse pas de subtilité pour faire oublier les Afghans renvoyés dans leur pays en guerre. Message subliminal de tolérance...

Séquence "apothéose" avec l’entrée triomphante, sous une haie d’honneur de militants champêtres, de Nadine Morano et Xavier Bertrand tels Peter et Sloane version karaoké pour demeurés…

C’était le « lip daube » de l’UMP…

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