
L’identité nationale a trouvé son centre, son moteur, son allégorie. Elle s’est solidifiée en une intervention chirurgicale. Nos oreilles se sont alors fracassées sur les problèmes de dos d’une vedette-accessoire pour soirée inoubliable présentée par Jean-Pierre Foucault.
De jolies chroniques dignes des articles pour mémés de Voici et consorts sont venues égayer nos informations. Ces dernières étaient bien tristes, bien mornes et si peu intéressantes, coincées entre le sommet de Copenhague au chevet de notre avenir et la menace des nouveaux essais iraniens de missiles assassins. Il fallait donc trouver un sujet sur lequel toute la planète France, puisse se jeter à corps perdu et porter un digne intérêt.
Depuis, les journaux télévisés ouvrent leurs éditions sur la couleur des fientes de « la » star du rock des bérets à tatouages, pour rassurer les fans transis d’effroi devant leurs ternes assiettes…
Johnny vivant, pyromane du célèbre « Allumer le feu », était déjà surexposé, mais cela ne suffisait pas, le Johnny coincé entre le fauteuil roulant et le Stade de France se devait d’obtenir une autre dimension.
Une dimension jusqu’au gavage.
Alors la grande manipulation, l’engraissage, le fourrage se sont actionnés, additionnés.
Alors Johnny selon certaines âmes sensibles et aveugles représenterait la France, noble pays aux mains du félon Besson dont le faciès devient cause d’indigestion. Ce Johnny serait en plus de l’icône populaire fabriquée et propulsée devant nos yeux révulsés, un digne ambassadeur de cette belle contrée aux mains de l’Eurovision UMP et sa chorégraphie digne des pires insultes.
Johnny serait donc un emblème et fort de cette stature, il mériterait ce tapage médiatique, ce matraquage indécent sur nos pauvres raisons mises à dure épreuve. Il faudrait s’inquiéter pour cette girouette si soucieuse et concernée par nos âmes, cette marionnette belge au nom d’artiste américanisé, dont les revenus sont sur un compte en Suisse, dernier recours devant le refus de sa demande d’exil monégasque…
Johnny Hallyday est devenu Marianne qui a la place du drapeau dans la main, a un coffre fort sous le bras.
Il fut décrété que l’on pense dans un élan patriotique, à ce triste bouffon, roi du chronomètre sur le Paris-Dakar, course dont les relents colonialistes nauséabonds suintent sur les pneus conquérants des blindés subventionnés par Total. Il fut exigé de plaindre et verser une larme, sur celui qui fait soigner son hernie discale en Californie, fait profiter son hernie fiscale aux helvètes, déblatère son hernie musicale dans nos esgourdes…
La manœuvre, ce feuilleton de Noël, assez pauvre pour ne pas empêcher nos portes monnaies de se jeter dans la gueule des festivités, a parfaitement fonctionné. Johnny Hallyday a fait plus parler de lui en l’espace de quelques jours que la famine au Soudan en quelques années… Et les gogos le plaignent… avec cet air attristé de leurs existences suspendues aux tracas de la star trader.
Un fraudeur du fisc et fier de l’être, dans le monde merveilleux de Sarkozy, est devenu l’effigie rock intergénérationnelle des opprimés de l’impôt, dont le degré de réflexion est aussi large que leur déclaration de revenus. Maigre.
Le débat sur l’identité nationale permet aux déclarations foireuses, aux sous-entendus les plus crasses, aux préjugés les plus vils, aux stéréotypes les plus crétins de venir gonfler la longue file d’élans racistes et parmi ceux-ci, le pire de tous, celui qui s’ignore. Celui qui s’est imprégné, qui s’est fondu dans les discours, les dialogues, les motifs, les comportements les plus anodins. Les médias volent au secours des auteurs incriminés les plus célèbres en qualifiant les déclarations douteuses en « dérapages »…
Loyaux et bons serviteurs.
Les communicants réagissent vite et demandent aux médias l’expiation. La manœuvre est habile de la part de nos élites montrées du doigt. Elle est sous couvert officiel d'une phrase malheureuse, "sortie de son contexte", une caresse généreuse et un appel aux voix de la bête immonde le Front National et son œil de verre.
Au rythme des conneries, il ne peut s’agir d’erreurs ou de paroles échappées par un manque de concentration. Nos élites sont bien trop entraînées et briffées à la présence constante des moyens de communication. Se retrouver sur You Tube ou consorts fait maintenant partie de la vie courante des personnes publiques.
Au même titre que les torchons pour décérébrés dont les éditoriaux sont guidés par les paparazzis et les « people » en manque de publicité, Internet est l’outil préféré des politiques pour se faire une clientèle, confirmer ou tenter un électorat. Le débat sur l’identité nationale a juste aidé à l’exorcisation de ces pensées cradingues, il a dégagé le terrain.
Et puis il est facile de feindre l’horreur d’entendre ces fameux « dérapages », et d'oublier un peu vite que Le Pen et « ses détails de l’histoire » ont connu leur apogée en une année présidentielle pas si lointaine…
Le débat sur l’identité nationale permet les plus beaux voyages. Le charter d’Afghans se glisse grâce au débat sur l’identité nationale comme un argument de plus. Besson et sa compagnie de voyages dont le slogan « un charter pour la guerre » remporte un franc succès.
Un charmant vol pour Kaboul a été organisé dans une insouciance guillerette, les plateaux repas préparés avec soin par Besson, l’arriviste de l'expulsion. Les flashes crépitent autour de l’auteur du scélérat convoi. Il sourit, se pose en justicier, en humaniste convaincu de sa mission de sauvegarde du territoire face à ces envahisseurs sans papiers, devenus défier la tranquillité des français et parmi eux, bien entendu, les fans de Johnny… Dont la peine pour « l'idole des jeunes » aux vertèbres tassées, ne peut être dérangée par l’espoir de survivre d’une poignée d’Afghans fuyant les massacres…
Le débat sur l’identité nationale permet le dosage de la vaseline sur la bûche de Noël.
De jolies chroniques dignes des articles pour mémés de Voici et consorts sont venues égayer nos informations. Ces dernières étaient bien tristes, bien mornes et si peu intéressantes, coincées entre le sommet de Copenhague au chevet de notre avenir et la menace des nouveaux essais iraniens de missiles assassins. Il fallait donc trouver un sujet sur lequel toute la planète France, puisse se jeter à corps perdu et porter un digne intérêt.
Depuis, les journaux télévisés ouvrent leurs éditions sur la couleur des fientes de « la » star du rock des bérets à tatouages, pour rassurer les fans transis d’effroi devant leurs ternes assiettes…
Johnny vivant, pyromane du célèbre « Allumer le feu », était déjà surexposé, mais cela ne suffisait pas, le Johnny coincé entre le fauteuil roulant et le Stade de France se devait d’obtenir une autre dimension.
Une dimension jusqu’au gavage.
Alors la grande manipulation, l’engraissage, le fourrage se sont actionnés, additionnés.
Alors Johnny selon certaines âmes sensibles et aveugles représenterait la France, noble pays aux mains du félon Besson dont le faciès devient cause d’indigestion. Ce Johnny serait en plus de l’icône populaire fabriquée et propulsée devant nos yeux révulsés, un digne ambassadeur de cette belle contrée aux mains de l’Eurovision UMP et sa chorégraphie digne des pires insultes.
Johnny serait donc un emblème et fort de cette stature, il mériterait ce tapage médiatique, ce matraquage indécent sur nos pauvres raisons mises à dure épreuve. Il faudrait s’inquiéter pour cette girouette si soucieuse et concernée par nos âmes, cette marionnette belge au nom d’artiste américanisé, dont les revenus sont sur un compte en Suisse, dernier recours devant le refus de sa demande d’exil monégasque…
Johnny Hallyday est devenu Marianne qui a la place du drapeau dans la main, a un coffre fort sous le bras.
Il fut décrété que l’on pense dans un élan patriotique, à ce triste bouffon, roi du chronomètre sur le Paris-Dakar, course dont les relents colonialistes nauséabonds suintent sur les pneus conquérants des blindés subventionnés par Total. Il fut exigé de plaindre et verser une larme, sur celui qui fait soigner son hernie discale en Californie, fait profiter son hernie fiscale aux helvètes, déblatère son hernie musicale dans nos esgourdes…
La manœuvre, ce feuilleton de Noël, assez pauvre pour ne pas empêcher nos portes monnaies de se jeter dans la gueule des festivités, a parfaitement fonctionné. Johnny Hallyday a fait plus parler de lui en l’espace de quelques jours que la famine au Soudan en quelques années… Et les gogos le plaignent… avec cet air attristé de leurs existences suspendues aux tracas de la star trader.
Un fraudeur du fisc et fier de l’être, dans le monde merveilleux de Sarkozy, est devenu l’effigie rock intergénérationnelle des opprimés de l’impôt, dont le degré de réflexion est aussi large que leur déclaration de revenus. Maigre.
Le débat sur l’identité nationale permet aux déclarations foireuses, aux sous-entendus les plus crasses, aux préjugés les plus vils, aux stéréotypes les plus crétins de venir gonfler la longue file d’élans racistes et parmi ceux-ci, le pire de tous, celui qui s’ignore. Celui qui s’est imprégné, qui s’est fondu dans les discours, les dialogues, les motifs, les comportements les plus anodins. Les médias volent au secours des auteurs incriminés les plus célèbres en qualifiant les déclarations douteuses en « dérapages »…
Loyaux et bons serviteurs.
Les communicants réagissent vite et demandent aux médias l’expiation. La manœuvre est habile de la part de nos élites montrées du doigt. Elle est sous couvert officiel d'une phrase malheureuse, "sortie de son contexte", une caresse généreuse et un appel aux voix de la bête immonde le Front National et son œil de verre.
Au rythme des conneries, il ne peut s’agir d’erreurs ou de paroles échappées par un manque de concentration. Nos élites sont bien trop entraînées et briffées à la présence constante des moyens de communication. Se retrouver sur You Tube ou consorts fait maintenant partie de la vie courante des personnes publiques.
Au même titre que les torchons pour décérébrés dont les éditoriaux sont guidés par les paparazzis et les « people » en manque de publicité, Internet est l’outil préféré des politiques pour se faire une clientèle, confirmer ou tenter un électorat. Le débat sur l’identité nationale a juste aidé à l’exorcisation de ces pensées cradingues, il a dégagé le terrain.
Et puis il est facile de feindre l’horreur d’entendre ces fameux « dérapages », et d'oublier un peu vite que Le Pen et « ses détails de l’histoire » ont connu leur apogée en une année présidentielle pas si lointaine…
Le débat sur l’identité nationale permet les plus beaux voyages. Le charter d’Afghans se glisse grâce au débat sur l’identité nationale comme un argument de plus. Besson et sa compagnie de voyages dont le slogan « un charter pour la guerre » remporte un franc succès.
Un charmant vol pour Kaboul a été organisé dans une insouciance guillerette, les plateaux repas préparés avec soin par Besson, l’arriviste de l'expulsion. Les flashes crépitent autour de l’auteur du scélérat convoi. Il sourit, se pose en justicier, en humaniste convaincu de sa mission de sauvegarde du territoire face à ces envahisseurs sans papiers, devenus défier la tranquillité des français et parmi eux, bien entendu, les fans de Johnny… Dont la peine pour « l'idole des jeunes » aux vertèbres tassées, ne peut être dérangée par l’espoir de survivre d’une poignée d’Afghans fuyant les massacres…
Le débat sur l’identité nationale permet le dosage de la vaseline sur la bûche de Noël.

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